Un regard sur l’essence de la Wicca

Article par Artus, que je n’avais bizarrement encore jamais trouvé !

——————————————-

Lorsqu’on étudie la wicca traditionnelle avec un peu d’objectivité et quelques connaissances en occultisme, on se rend compte rapidement d’un certain nombre de choses.

  • Les rituels d’ouverture/fermeture sont inspirés de la golden dawn.
  • Les rituels d’initiations et la structure des degrés sont inspirés de la franc-maçonnerie et des clefs de Salomon.
  • La charge de la déesse est inspirée entre autres des écrits de Charles Leland et d’Aleister Crowley.
  • Etc …

Dans son livre « The meaning of witchcraft », Gerald Gardner, pourtant franc-maçon et d’une manière plus générale, disposant d’une bonne culture occulte, raconte sa prétendue initiation, au milieu de laquelle il affirme avoir pris conscience de découvrir quelque chose de nouveau pour lui qui constitue la preuve de la survivance de ce qu’il appelle « l’ancienne religion ». Bien entendu, cette histoire est totalement invraisemblable de la part du connaisseur qu’était Gardner. On peut également rajouter le fait que la wicca traditionnelle n’est pas une pratique spirituelle fonctionnelle, même pour son créateur. Je ne parle pas du fait de vivre ou non des expériences spirituelles, je parle d’arriver à quelque chose d’épanouissant sur le long terme. Il suffit de lire les anciennes lois que Gardner a écrites avec Bracelin à la fin de sa vie pour le constater. Une personne qui écrit de telles choses n’a visiblement pas trouvé le détachement qui découle de la pratique spirituelle.

Le mystère des divinités de la wicca

Il est également étrange, surtout dans le milieu occultiste de l’époque, de constater que les divinités centrales de la wicca ont toutes une origine « douteuse ». Aradia est une divinité fictive inventée par Leland à la fin du XIXe siècle. Cernunnos n’est probablement pas un dieu, en tous les cas, rien ne nous permet de dire qu’il en était un. S’il en était un, nous ne connaissons rien de lui, et pourquoi associer un dieu gaulois antique à une déesse italienne moderne ? Pour la génération « chaos magick », tout cela n’est peut-être pas très choquant, mais replacé dans le contexte de l’époque, cela le devient. D’autant que Gardner se passionnait pour les cultes antiques. Et enfin même si Arianrhod, nom secret de la déesse révélé au troisième degré, a une origine antique, ce que nous connaissons d’elle est du domaine de la fiction, issue de la littérature galloise médiévale tardive. La wicca fait sans cesse référence à une grande déesse mère, quitte à utiliser un nom du mabinogion, le nom secret de la déesse devrait être Dôn et non Arianrhod. De plus, la wicca contient de nombreuses allusions à Ishtar (l’histoire de la descente de la déesse, la déesse étoile, …), donc le nom secret de la déesse devrait être Ishtar. Mais pourquoi Ishtar et non une autre déesse ?

Le cœur de la wicca

Même si l’attitude de Gardner tend à démontrer qu’il n’était pas quelqu’un de très spirituel et que la wicca telle qu’on la connait reste une construction inachevée, je pense également que c’était quelqu’un d’intelligent, doté de très bonnes connaissances ésotériques. Cela est difficile à démontrer dans un bref article, mais il y a quelque chose d’incroyable dans la manière dont la wicca est construite. Au premier niveau de lecture, on croit à une vaste fumisterie, mais lorsqu’on observe un peu plus précisément les choses, on se rend compte que la wicca est organisée comme une transformation alchimique (nigredo, albedo, rubedo). En approfondissant l’étude de la wicca, on prend conscience que cette transformation, au-delà des symboles alchimiques, prend également en compte le cheminement du processus d’individualisation de la psychologie analytique de Jung (persona, ombre, anima/animus, lumière, cosmos). Cela devient véritablement bluffant lorsqu’on commence à s’intéresser à la kabbale et qu’on y trouve la plupart des réponses aux questions que l’on pouvait se poser.

  • Pourquoi la lune est-elle associée à la sorcellerie ?

Parce que dans la kabbale, yesod, qui représente, entre autres, notre capacité à manifester le monde matériel est associé à la lune

  • Pourquoi dans l’initiation, donnons-nous 40 coups de fouet ?

Parce que 40 symbolise la purification, l’introspection et la transformation (40 jours de déluge, 40 jours sur le mont Sinaï, 40 ans d’errance dans le désert, …)

  • Pourquoi lorsqu’on donne plus de 40 coups de fouet, il faut les donner par vingtaine ?

Parce que le chiffre 20 représente la soumission et l’humilité face à l’épreuve.

  • Pourquoi compte-t-on huit sentiers dans la pratique de la wicca, alors que l’encens est associé au vin, et que les rituels sont associés aux sorts, et qu’il aurait pu y avoir dix sentiers ?

Parce que le huit représente l’union du masculin et du féminin, l’élévation et l’alliance divine. La circoncision a traditionnellement lieu le huitième jour.

Je pourrais continuer longtemps ainsi, mais ce n’est pas vraiment le sujet de l’article. Je vais donc aller droit au but.

Le secret de Gerald Gardner

La question que l’on peut se poser est, au fond, que cherchait Gardner en créant la wicca ?

  • Pourquoi dans la légende de descente de la déesse, au second degré, lorsque celle-ci est fouettée par le dieu, ressent-elle l’amour alors qu’avant, elle ne l’aimait pas ? Cela n’a à priori aucun sens.

Pourtant, la réponse est simple, dans la montée des sephiroth selon le chemin traditionnel, il faut expérimenter gevourah avant chessed.

  • Qu’est ce que cela signifie lorsque le dieu dit que de cette seule façon il est possible d’atteindre la joie et la connaissance ?

Il fait allusion au pilier du milieu, tipheret étant associé à la joie, daat étant la connaissance.

  • Toujours dans la même histoire, à quoi fait allusion l’idée du cercle magique placé entre les mondes ?

Encore une fois c’est une référence à la non-sephirah daat.

Il existe dans le domaine de la kabbale, une théorie selon laquelle il faut apprendre de son vivant à explorer les royaumes spirituels pour être capable d’y subsister après sa mort, pour l’éternité. D’ailleurs dans la légende de la descente de la déesse, lorsqu’il est question de résurrection dans un nouveau corps, le mot corps est à prendre au sens spirituel (sinon le mot réincarnation aurait été employé). Même chose dans le serment du premier degré, il est question de vie future et non de réincarnation. Il est également question de résurrection dans le rituel du troisième degré. Comme pour beaucoup d’occultistes de son époque, daat et la vie éternelle étaient les obsessions de Gerald Gardner. Lorsqu’on a compris cela et que l’on relit le livre des ombres, on se rend compte qu’il y fait allusion en permanence. En créant la wicca, Gardner cherchait à accéder à daat en remplissant les quatre sephiroth environnantes. Le fouet et le baiser représentant gevourah et chessed, l’union du dieu et la déesse à travers le grand rite représentant chokhmah et binah.

La survivance de l’ancienne religion

Un fait amusant, selon Fred Lamond, Gerald Gardner n’a jamais mentionné la kabbale dans son enseignement oral et c’est Alex Sanders qui le premier a ajouté de la kabbale à la wicca (en réalité, de la magie cérémonielle d’inspiration kabbalistique). Pourtant toujours dans « The meaning of witchcraft » Gardner parle de kabbale et nous tend une perche en affirmant que selon lui les kabbalistes du moyen âge étaient des adorateurs secrets de la déesse. Effectivement, même si le fait de l’exprimer ainsi est un peu abusif, la kabbale est une discipline centrée sur l’union du masculin et du féminin. Il est fréquent que la kabbale ait recours à des figures anthropomorphiques, chokhmah étant associé à l’idée de père divin et binah à l’idée de mère divine (abba et imma en araméen). On peut également penser à Asherah et au cantique des cantiques.

Il est intéressant de remarquer que l’archéologie biblique actuelle a tendance à aller dans le sens de l’hypothèse de Gardner. En effet, selon toute vraisemblance, le judaïsme antique était un hénothéisme jusqu’à la destruction de temple de Salomon et il y a environ 2500 ans. Peut être qu’à travers le jeu de pistes qu’il a construit dans ses écrits, Gardner cherchait à nous dire que l’on peut trouver l’ancienne religion en filigrane dans les 30 siècles d’ésotérisme biblique.

 

Quelles perspectives pour la wicca ?

C’est bien joli d’affirmer que la wicca telle qu’elle est actuellement n’est pas fonctionnelle, mais comment faire pour la rendre viable ? Le spirituel repose sur le psychique. On ne peut donc pas développer une vie spirituelle stable sur un psychique qui n’est pas construit. Les émotions sont par nature plus fortes que la raison, et il faut développer sa raison pour rétablir l’équilibre. Dans la kabbale, les émotions sont associées à netsah et la raison à hod (pour faire simple), et pour équilibrer les deux, un kabbaliste pratique le questionnement talmudique pendant 25 ans avant de commencer à étudier la kabbale. Cela permet également de s’imprégner de la torah, le but final de la kabbale étant d’être capable de rentrer en contemplation en étudiant la torah dans le bon état de cœur, en captant la lumière qu’elle contient.

Vous pensez surement que ce que j’affirme au sujet de la raison ne vous concerne pas, que vous êtes resté assez longtemps à l’école pour apprendre à être cartésien, et qu’au contraire cela vous a rendu trop terre à terre et que c’est un handicap pour la vie spirituelle. Vous vous trompez doublement. On ne vous a pas appris à être cartésien, on vous à inculqué ce qu’il était socialement acceptable de croire ou de ne pas croire. Avez-vous seulement lu Descartes ? Savez-vous que les premières choses qu’il démontre avec sa méthode sont l’existence de l’âme et l’existence de Dieu ? Le rationalisme n’est pas synonyme de matérialisme. Il n’est pas non plus un frein au spirituel, au contraire il en est la fondation qui vous évitera de vivre dans le chaos. Dans une pratique religieuse véritable, il n’est pas question de croire, mais d’éprouver et le rationalisme est une chose essentielle. Cela permet d’aller au fond des choses et évite de se perdre.

Si pour équilibrer le niveau hod-netsah, il est surtout nécessaire de se concentrer sur la rigueur. Pour équilibrer le niveau gevourah-chessed, c’est l’aspect miséricordieux sur lequel il faut principalement se concentrer. Selon le modèle dessiné par Gardner, ce niveau est représenté par le fouet et le baiser. Ceci n’est pas totalement idiot, parce qu’en effet, la discipline vécue dans la joie, ce que l’on appelle communément l’ascétisme, est un bon moyen pour accéder à la contemplation. Mais ce n’est pas suffisant. Développer chessed, c’est apprendre à donner sans attentes, à aimer sans jugement chaque chose de la création, à percevoir la lumière contenue dans ce qu’il y a de plus sombre. Cette attitude n’était pas compatible avec les petites mesquineries de Gardner, ses histoires d’initiations, de secrets, et ses mensonges récurrents. Tout cela témoigne d’une volonté de tout garder et de tout contrôler, alors que pour cultiver chessed, il faut au contraire tout lâcher.

La langue hébraïque est l’une des rares langues dans laquelle les mots « homme » (ish) et « femme » (isha) dérivent d’une même racine (esh, le feu primordial). Et lorsqu’un homme et une femme associent leurs différences (le youd masculin et hé féminin), cela forme le mot Yah, qui est l’un des noms divins (comme dans « alléluia » qui signifie « rendez louange à Yah »). Dans un couple, c’est la femme qui apporte le chessed, pour la simple raison que l’instinct maternel est sa manifestation la plus ordinaire. Lorsqu’on étudie la wicca, cela semble évident que Gardner avait conscience de tout cela. Mais encore une fois, il ne s’y est pas pris de la bonne façon. Cette union du masculin et du féminin, la grâce peut nous la montrer dans les premiers mois d’un couple, mais ensuite il faut des années de construction quotidienne pour l’établir dans la stabilité. Si Gardner n’a pas su faire cela avec sa femme (s’il avait su, il n’aurait jamais créé la wicca telle que nous la connaissons), il ne pouvait pas le faire avec une grande prêtresse qu’il voyait deux fois par mois et qu’il changeait tous les deux ans. Il n’était pas dans une démarche de construction, mais de consommation, c’est-à-dire, même si cela n’était pas conscient, une démarche de destruction.

J’espère à travers cet article apporter un éclairage nouveau sur l’essence de la wicca. Parce que marcher aveuglément sur le chemin tracé par Gardner n’est surement pas la chose la plus intelligente que nous puissions faire.

Même pour les titres, faites preuve d’esprit critique

Un article qui m’a désolée, car je me dis que ça doit arriver peut-être plus souvent qu’on ne le pense (comme c’est arrivé à moi-même)… Moi qui croyait que c’était encore un peu « discret » comme phénomène… (pas la course aux titres, ça oui, mais l’abus)  Le voici :

Ah les grandes leçons de morales… Que ferions-nous sans ces gens bien-pensants qui nous disent sur les forums, les sites, les blogs et maintenant Facebook: « Fais pas ci! », « Fais pas ça! », « Ce n’est vraiment pas digne d’une païenne!!! » ou « Mais quelle honte!!!! ». Je me demande vraiment pourquoi je ne ferme pas ma grande gueule sur la pagansphère bourrée de messies en puissance.

– Suis-je bête! Pourquoi donner un avis différent alors que je ne suis qu’une païenne, sans la dénomination magique: PRÊTRESSE!! Il est évident que ce que je peux dire est forcément bête, irrespectueux de la Déesse!

– Suis-je bête! Je suis forcément une moins que rien par rapport aux Prêtresses! Je ne reçois pas de rêves prophétiques toutes les 2 nuits, ni de communications téléphoniques des Dieux à chaque minute que la Déesse
crée!

– Suis-je bête! Je n’ai pas fait de formation de prêtrise… je suis donc, forcément, une arriéré, jamais sortie de sa
cambrousse qui, par conséquent, a le QI d’une coquille d’huitre!!

Ah, vous, gens bien-pensants, que ferai-je sans vous!! Je ne me ferai pas envoyer chier dès que le clic sur « envoyer » pour que mon message d’inculte n’arrive à vos yeux quasi-divin!!

Bien évidemment, je généralise! Toutes les prêtresses païennes actuelles ne sont pas comme ça. Certaines sont intègrent et donnent de leur temps pour aider les autres à trouver leur voie, à être autonome dans leur pratique et leur foi. Mais malheureusement, ces païennes que j’aimerais rencontrer plus souvent sont, au mieux, noyées dans la masse, au pire, discréditées, rabaissées voire même insultées… et le plus souvent par des personnes qui ne feront jamais le 10ème de ce qu’elles font.

Il n’y a pas si longtemps, une fille se disait prêtresse, n’en avait que le titre. A croire que ce seul terme permettait d’être une personne exceptionnelle! Je lui avais confié les bouleversements que je connaissais dans ma vie spirituelle, je lui avais raconté des détails précis qui me troublaient et je me disais: « elle est prêtresse… elle doit en connaitre plus que moi, forcément » Et bien, j’ai eu le droit au sempiternel: « non, laisse tomber! C’est ton imagination! Tu es trop novice pour avoir des messages ». Je tiens tout de même que ce qui m’est arrivé s’est vu confirmé quelques mois plus tard…

Plus tard, quand j’ai relu ce qu’elle me disait de ses visions, de ses rêves pour me prouver que j’étais trop « jeune » pour comprendre; j’ai vu, qu’en effet, j’avais été trop jeune à ce moment-là, j’étais tellement émerveillée par cette personne prêtresse et si sûre d’elle, que je n’avais pas vu que ce qu’elle racontait était hallucinant d’absurdité!

Tous les soirs, elle avait des rêves prophétiques; Chaque jour, elle avait des signes divins; Sa dédication, elle l’avait faite devant tous les Dieux, de tous les panthéons d’Europe (celtes, romains, grecs, égyptiens,…) qui étaient venus la soutenir pendant sa visu (devait y en avoir du monde dans la chambre!!); Elle savait tout mieux que tout le monde; Elle n’hésitait jamais à rabaisser mes expériences mais n’acceptait aucune interrogation que je pouvais formuler sur ses  propres expériences… et tout ça en étant devenue prêtresse au bout d’un an après sa « révélation » du paganisme… Je veux bien que pour certain(e)s se soient rapide… mais un an!!

J’en ai connu une autre qui voulait devenir prêtresse de la Déesse… toujours pareil, elle jugeait, elle rabaissait, me balançait ses « conseils » à la figure comme paroles d’évangile. Je m’arrête là pour les exemples, puisqu’au final, c’est un schéma récurrent

Alors voilà où j’en suis… Je me demande si le titre de prêtresse à encore une quelconque valeur aujourd’hui. J’ai l’impression que ce n’est plus qu’un vulgaire mot balancé à tout va, à n’importe quelle occasion pour masquer un complexe d’infériorité.
Et puis, en écrivant ces lignes, je me rends compte que les personnes que je tiens pour prêtresses… ne se font pas appeler ainsi. Elles restent humbles. A ces personnes qui aident mais qui ne démontent pas, j’ai envie de vous dire une chose: « Par pitié, faites moi signe!! Revenez sur les forums pour remonter le niveau! » Parce que, franchement, à part 3 forums (et j’ai été inscrite sur quelques uns), c’est vraiment du n’importe quoi! Aucun respect pour l’avis d’autrui, ces demoiselles se prennent pour des reines parce qu’elles ont vaguement suivi une formation de prêtresse qu’elles n’ont soit pas finie parce qu’elles sont « bien plus avancées sur le chemin du paganisme que celle qui dispense la formation », soit qu’elles ont été bloquées avant même de pouvoir recevoir un quelconque formulaire d’inscription.

Alors, à vous les vraies prêtresses, n’écoutez pas pas ces personnes dont les crochets de l’arrogance distillent le venin d’une jalousie profonde comme un gouffre abyssal.

A celles qui veulent devenir prêtresse, je crois que la meilleure chose à faire est encore de s’écouter pour savoir ce qui est le mieux, d’effectuer chaque action en son âme et conscience. Après tout, ce n’est pas le but qui est important, c’est le chemin que l’on va parcourir qui importe avec les expériences parfois difficiles que l’on va vivre et qui vont nous faire grandir, les personnes que l’on va rencontrer et qui seront des tremplins pour passer par dessus les murs qui nous bloque.

En aucun cas, je ne critique les formations de prêtresses. Absolument pas! Ce que je critique, ce sont celles qui ont le complexe du messie et qui occultent les VRIAES prêtresses.

On peut croire ou pas, on peut tempérer, discuter… Mais la phrase du jour reste quand même : soyez toujours vigilants, y compris face aux « titres » des gens (prêtresses, chamans, médiums etc). Prenez-garde :

  • à de pas idéaliser la personne
  • à ne pas placer toutes vos attentes et tous vos espoirs sur la dite personne
  • à poursuivre vos propres réflexions, à ne pas tout croire sur parole

Ce qui comptent ce sont les paroles et les actes pour déterminer qui est qui/quoi. Aussi, vous n’êtes aucunement inférieurs parce que vous n’avez pas de formation ou titre. L’authenticité et la sincérité du cheminant priment. C’est l’implication qui fait le larron (lol).

Pourquoi je déteste M.Harner

(07/12 – Mise à jour en bas de l’article, des liens et extraits)

[Avertissement: je ne vais pas mâcher mes mots ici, le but est de mettre un coup de pieds dans ma fourmillère. Si parmi vous se trouvent des fans d’Harner et s’ils se sentent offensés, je vous recommanderais de prendre du recul sur mon article. Oubliez le un moment et revenez-y dans quelques mois. S’il vous choque toujours autant, le plus simple est de passer votre chemin]

03/11/11

Encore un titre choc ? Pas seulement !

Un raccourci facilement pour attirer l’oeil et qui en fera rire beaucoup. Je « déteste » sincèrement l’oeuvre de M. Harner, et non le personnage. Et « détester » est un mot fort loin d’être une simple charge émotionnelle par « goût ». C’est un sentiment profond de révolte basé sur des réflexions réelles. Je vais tenter d’expliquer pourquoi :  comme beaucoup d’autres « grands » auteurs contemporains, il bénéficie d’une super aura protectrice et de groupies. Tout le monde (généralisation on) pense que M. Harner est un génie et que son « oeuvre » est la source du chamanisme. Le voici bien inscrit sur la liste noire du site.

M. Harner n’est ni plus ni moins qu’un bon gros auteur New Age. (D’ailleurs au passage tout comme sa disciple Sandra Ingerman également touchée par le phénomène ‘aura & groupies’) Le seul avantage qu’on peut lui trouver c’est qu’il vulgarise le chamanisme et le rend accessible à tous. Néanmoins il vulgarise presque trop bien puisqu’il présente toutes les erreurs de la vulgarisation ! Des simplifications à l’extrême qui donnent des choses absurdes, qui suppriment certaines raisons d’être (!) des pratiques…. C’est un gros amalgame de tout, qui présente en plus des dangers. Couper une pratique de sa culture pourtant, tous les païens semblent trouver cela moyen habituellement, mais chez Harner tout le monde adore. Pourtant la majorité des gens ne sembleraient pas d’accord (chaote à part) pour honorer une divinité, disons Horus, dans un « contexte » celte (par exemple) : bah non, logiquement, si je m’intéresse à Horus et que je veux le célébrer, je vais me renseigner sur qui il est, et donc sa tradition d’origine (égyptienne antique). Ben Harner c’est ça. Toutes les techniques sont empruntées à des spiritualités déjà au point, mais coupées voire arrachées d’elles et remises à sa sauce. Et il évacue aussi tous les dangers de la pratique, alors que le chamanisme n’est pas pour rien ce qu’il y a de plus subtil et codifié. En plus d’être un vulgarisateur, pour moi il est à la limite du menteur et mystificateur : il fait croire que tout le monde peut pratiquer, et surtout, que tout le monde peut le faire sans danger. Ca n’est pas le cas. Maintenant que vous avez eu l’aperçu bêtises et mensonges, si je résumais pour justifier le « New Age »: prendre une pratique spirituelle et la ‘déspiritualiser’ => La couper de son essence la plus fine : la culture ; et aussi, en faire un outil de développement personnel (la définition première du New Age presque). Le chamanisme devient pure guérison, personnelle, comme si la spiritualité n’était que guérison, et que c’était une affaire de solitude. Le chamanisme est une question communautaire…

Certains l’expliquent bien mieux que moi donc je vous renverrai ici pour des explications bien plus concrètes et complètes que les miennes : ici et ici, une interview en deux parties. C’est très long donc je ne l’affiche pas directement ici, je vais juste mettre les points résumés.

1) He seeks to strip culture out of shamanism.
2) He cobbles together a good number of shamanic techniques from varying tribes.
3) Harner and many of his students treat shamanism (and equivalent terms/titles) as a universal birthright.
4) The techniques that Harner teaches, especially ones such as soul retrieval, healing, and the like, can be potentially dangerous for the uninitiated, untrained, or inexperienced.
5) Shamanism and similar roles as they are practiced, are about their community.
6) Without a map, how do you know where are you in the territory?
7) The world is dangerous, and the spirit world is no exception.
8) Interacting with the spirits, using a drum, and other accoutrements of many shamanic practices does not make you a shaman.
9) The Gods, Ancestors, spirits, etc., are not just thoughts in your head.
10) Once this path is entered, you do not leave it.
11) There is more to shamanism than just the peak spiritual experiences.
12) You cannot do this work without some form of compensation or help.
13) Being a shaman is a role of servitude.
14) The Gods and spirits will challenge you and shape your life.
15) You cannot put the Work down.
16) If the spirits and Gods accept you as a shaman, you are a shaman.

Et j’avais d’autres sources pour réfléchir sur Harner, donc j’essaierai de les retrouver.

MISE A JOUR 1 : 

Pour ceux qui trouvent que cela manquerait de nuance, un autre texte extrait d’une interview de Kenaz Filan :

As an aside, you mention Michael Harner. What is your opinion of his work? Certainly anyone doing spiritwork today can’t avoid his people and many of us have serious concerns with the attitudes and ‘training.’

 
I  must, with great reluctance, start by praising Michael Harner.  His 1980 Way of the Shaman introduced many people to Shamanism and helped popularize the idea that Shamanism might be a worthy pursuit. And his Foundation for Shamanic Studies has tried to set up some kind of training structure for Shamans, with workshops ranging from weekend intensives to Three-Year Advanced Training Programs. So I must give him credit for the work he has done to make his vision of shamanism a reality.

Ultimately it doesn’t matter whether or not we like or dislike Michael Harner.  His Core Shamanism is the new 800 pound gorilla in the room.  It owns « Shamanism » like Standard Oil owned petroleum or Microsoft once owned desktop computers. If we’re going to call ourselves shamans, or interact with others who do the same, we are going to have to engage with Michael Harner and his disciples.

That being said, there are deep metaphysical flaws in Core Shamanism. Harner wanted to create a « culture free » Shamanism which was not limited to any particular creed or spiritual practice. And I understand and respect that – but he did so by ripping out ALL the religious underpinnings of Shamanism.  He preserved a few motions and visualizations but with no cultural or spiritual context.

Many have screamed at Harner & Friends, rightly, for issues of cultural appropriation.  The spiritual practices of disempowered peoples are reduced to a few hallucinogenic herbs and a couple of CDs you can buy in a conveniently boxed package.  They focus on dances and rituals and words and things which indigenous shamans do but show little concern for what and why they worship. And yes, these are serious, valid accusations, but there’s another problem secular critics miss — these omissions can be very dangerous.

If you believe this is all a big Jungian psychodrama or assume the Universe exists solely for your benefit that really isn’t an issue. But suppose you take the shamans at their word.  Suppose those entertainingly exotic indigenous people were actually telling the truth when they said they were talking to their Gods and spirits. And suppose those horror stories about angry gods and spirits aren’t just old wives’ tales but historical reports?

Here, in my opinion, is where Harner’s system really falls apart. It provides trainees with some techniques that can put them in contact with the spirit world. But it provides next to nothing on shielding, banishing and other defensive techniques which are a huge part of most indigenous spirit-working traditions. And because there’s no belief in the Gods (or the God, for that matter), important tools like prayer and fasting are left out of the picture altogether. Simply put, it gives newbies tickets to the wilderness but provides few safeguards should they wander off their trail.

MISE A JOUR 2:

Ce qui est super c’est que plus je fouille et plus je trouve d’articles qui peuvent apporter de l’eau au moulin :

  • Un autre lien pour vous donner un avis complet sur le ‘core-shamanism’ de Harner, mais aussi vous faire réfléchir sur tous ses dérivés.
  • Un article de l’auteur de « Dusken Path » sur le concept de ‘Core Shamanism’
  • Et un de ses messages qui résume très bien l’ensemble :

Okay so from someone well-acquainted with the whole white-washing and blatant theft of Shamanism (specifically in the USA) the problem, at least here, is with the Center for Shamanic Studies. Founded by Michael Harner, douche at law, it basically tries to claim a) every Shamanism in the world is basically the same, b) Shamanism can be Separated from Cosmology, c) you can be « certified » in Shamanism via a course in their institute.

A) Shamanism the world over differs extremely. For just one example, check out Shamanism: Archaic Techniques of Ecstasy. Best academic book on the subject, by Mircea Eliade.

B) Shamanism the world over was NEVER separated from cosmology. (Cosmology meaning the local belief/land/spirits of Place.) For instance, even though I follow some Inuit Gods who tapped me on the shoulder in my Shamanic practice, it wouldn’t make any sense for me to be practicing Inuit Shamanism in the Northeastern United States, because the area, weather patterns, Spirits and liminal spaces are completely different. And my idea of the soul/practices/Shamanic duties are entirely different from, say, a Shamanic practitioner in South America. Totally different animals. So the idea that it’s ‘all the same’ is both douchey and racist while being ignorant as anything.

C) I don’t know where to begin with this, since in closed/tribal cultures, the theme was to either let the Spirits choose somebody from the area (often at a young age and after a period of training by an experienced Shaman) to be their go-between. You either had the blessing of Spirit, or you didn’t. And they had no problem kicking you out if the Spirits said so. So the idea of « Anybody can do it! Just get this certificate! » is positively insane, and dangerous. I am scared for these people the same way Darkamber is scared for the white lighty astral travelers. The Shamanic realms are not friendly places. I would not go there without training from the Spirits directly.

In short, I agree it’s terrifying within Shamanism alone how many people think they’re doing Shamanism. And as an astral traveler too, it’s scary to me the theme of positive spirits and white lighting everything, because as you said, it opens the doors for Mimics. I get Mimics every now and then trying to be my very own main guide. We have an identity-proval process just in case. You need to be made aware of shit like that or you’re asking for « open-door »/ »broke open head » problems. There are plenty of things willing to feed on defenseless stupid humans on the other planes.

Vendredi Merci 27/05/2011

Bon, et bien même si je ne sais pas si je pourrais le faire tout le temps, il était temps que j’y revienne…..

  • Seasaidh pour me rappeler à l’existence de cette démarche, ou du moins plutôt pour me faire y revenir.
  • La chance d’avoir un homme attentionné et toujours prêt à m’aider, pour le couple c’est vraiment deux personnes qui travaillent ensemble.
  • La joie d’avoir pris l’initiative de reprendre un travail runique intense, et une infinie gratitude aux runes pour me livrer des expériences si fortes, par le rêve, le dialogue, et le dessin.
  • Merci à Isis pour avoir ouvert une section très intime sur le forum de l’Ecole du Lotus.
  • Merci à Skadi d’avoir posté des témoignages si époustouflants avec les Dieux, et de m’avoir rappelé que je devais me repencher sur le travail (livres) de Kaldera
  • Merci à Raven Kaldera de m’avoir répondu si vite !
  • Merci à Leikkona de m’avoir partagé ses recherches, et l’adresse d’un forum très prometteur.
  • La joie d’étudier et de méditer les couleurs, de renouer toujours un peu plus avec le dessin.
  • Merci à Delphine d’être qui elle est.
  • Merci à Sophie de m’avoir rappelé à Ganesh.

… voilà en gros, ça rattrapera les semaines de m*****, les vilaines personnes, et les grosses déceptions.