[Projet Phagos] 9 – Firefly, Book & River

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Dans le genre les séries inspirées, qui ont l’air clichées parce qu’elles surfent sur des lieux communs, mais qui soudain vous ouvrent le bide. Un épisode mythique où le personnage poignant de River s’attaque à lire la Bible, qu’elle découpe et réécrit… au grand choc du pasteur qui se met à lui expliquer gentiment que non, ça ne marche pas comme ça. Une phrase lourde de sens à méditer, nuancer, contredire, sur la religion.

Book : River, you don’t fix the Bible. 
River : It’s broken. It doesn’t make sense. 
Book : It’s not about making sense. It’s about believing in something, and letting that belief be real enough to change your life. It’s about faith. You don’t fix faith, River. It fixes you. 

 

Pour ceux qui ne lisent pas ou pas très bien l’anglais :

(Le Pasteur) River, on ne répare pas la Bible.
(River) Elle est « cassée » (note: dans le sens, sa logique est cassée). Ca n’a aucun sens.
(Le Pasteur) Il ne s’agit pas de faire sens. Il s’agit de croire en quelque chose, de laisser cette croyance être suffisamment réelle pour changer notre vie. Il s’agit de foi. On ne répare pas la foi River. C’est elle qui nous répare. 

Note : il y a un jeu de mot en anglais sur le verbe « fix », qui signifie à la fois réparer mécaniquement et soigner / guérir.

[Projet Phagos] 8 – « I know on the other side… I’ll find you »

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Juste parce.

Version japonaise transcrite

« Itsumo Nando Demo »

Yondeiru Mune no Dokoka Okude
Itsumo Kokoro Odoru Yume wo Mitai

Kanashimi wa Kazoekirenai kedo
Sono Mukou de Kitto Anata ni Aeru

Kurikaesu Ayamachi no Sonotabi Hito wa
Tada Aoi Sora no Aosa wo Shiru
Hateshinaku Michi wa Tsuzuite Mieru keredo
Kono Ryoute wa Hikari wo Dakeru

Sayonara no Toki no Shizukana Mune
Zero ni Naru Karada ga Mimi wo Sumaseru

Ikiteiru Fushigi Sinde Iku Fusigi
Hana mo Kaze mo Machi mo Minna Onaji

Yondeiru Mune no Dokoka Oku de
Itsumo Nando demo Yume wo Egakou

Kanashimi no Kazu wo Iitsukusu yori
Onaji Kuchibiru de Sotto Utaou

Tojiteiku Omoide no Sono Naka ni Itsumo
Wasure takunai Sasayaki wo Kiku
Konagona ni Kudakareta Kagami no Ue nimo
Atarashii Keshiki ga Utsusareru

Hajimari no Asa Shizuka na Mado
Zero ni Naru Karada Mitasarete Yuke

Umi no Kanata niwa Mou Sagasanai
Kagayaku Mono wa Itsumo Koko ni
Watashi no Naka ni Mitsukerareta Kara

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Traduction française

« Always with Me »

Somewhere, a voice calls, in the depths of my heart
May I always be dreaming, the dreams that move my heart

So many tears of sadness, uncountable through and through
I know on the other side of them I’ll find you

Everytime we fall down to the ground we look up to the blue sky above
We wake to it’s blueness, as for the first time

Though the road is long and lonely and the end far away, out of sight
I can with these two arms embrace the light

As I bid farewell my heart stops, in tenderness I feel
My silent empty body begins to listen to what is real

The wonder of living, the wonder of dying
The wind, town, and flowers, we all dance one unity

Somewhere a voice calls in the depths of my heart
keep dreaming your dreams, don’t ever let them part

Why speak of all your sadness or of life’s painfull woes
Instead let the same lips sing a gentle song for you

The whispering voice, we never want to forget,
in each passing memory always there to guide you

When a miror has been broken, shattered pieces scattered on the ground
Glimpses of new life, reflected all around

Window of beginning, stillness, new light of the dawn
Let my silent, empty body be filled and reborn

No need to search outside, nor sail across the sea
Cause here shining inside me, it’s right here inside me

I’ve found a brightness, it’s always with me

(Les deux textes ayant été trouvés ici)

[Projet Phagos] 7 – Réclamer la vie

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Posséder sa propre vie, être animé et tiré par elle. Savoir ce qui nous pousse, ce qui nous nourrit :

« On peut brûler la bibliothèque d’Alexandrie. Au-dessus et en dehors des papyrus, il y a des forces : on nous enlèvera pour quelque temps la faculté de retrouver ces forces, on ne supprimera pas leur énergie. Et il est bon que de trop grandes facilités disparaissent et que des formes tombent en oubli, et la culture sans espace ni temps et que détient notre capacité nerveuse reparaîtra avec une énergie accrue.

Et il est juste que de temps en temps des cataclysmes se produisent qui nous incitent à en revenir à la nature, c’est-à-dire à retrouver la vie. Le vieux totémisme des bêtes, des pierres, des objets chargés de foudre, des costumes bestialement imprégnés, tout ce qui sert en un mot à capter, à diriger, et à dériver des forces, est pour nous une chose morte, dont nous ne savons plus tirer qu’un profit artistique et statique, un profit de jouisseur et non un profit d’acteur.

Si notre vie manque de soufre, c’est-à-dire d’une constante magie, c’est qu’il nous plait de regarder nos actes et de nous perdre en considérations sur les formes rêvées de nos actes, au lieu d’être poussés par eux.
Et cette faculté est humaine exclusivement. Je dirai même que c’est une infection de l’humain qui nous gâte des idées qui auraient dû demeurer divines ; car loin de croire le surnaturel, le divin inventé par l’homme je pense que c’est l’intervention millénaire de l’homme qui a fini par nous corrompre le divin.
Toutes nos idées sur la vie sont à reprendre à une époque où rien n’adhère plus à la vie. Et cette pénible scission est cause que les choses se vengent, et la poésie qui n’est plus en nous et que nous ne parvenons plus à retrouver dans les choses ressort, tout à coup, par le mauvais coté des choses ; et jamais on n’aura vu tant de crimes, dont la bizarrerie gratuite ne s’explique que par notre impuissance à posséder la vie.
Si le théâtre est fait pour permettre à nos refoulements de prendre vie, une sorte d’atroce poésie s’exprime par des actes bizarres où mes altérations du fait de vivre démontrent que l’intensité de la vie est intacte, et qu’il suffirait de la mieux diriger.
Mais si fort que nous réclamions la magie, nous avons peur au fond d’une vie qui se développerait tout entière sous le signe de la vraie magie. »

– Antonin Artaud, Le Théâtre et son double