La notion d’appel

Je remercie Péma pour avoir jeté un pavé dans la mare, et contre toute attente, je me suis sentie « piquée » pour écrire un petit morceau ici. Je vous conseille de lire d’abord son article, surtout que je vais en dériver pour exprimer d’autres idées qui me sont venues en lisant le sien.

En fait la question d’un appel spirituel est particulièrement dense. Il y a plein de petites idées ici et là qu’il faudrait défricher, et je vais balancer ici des pistes, quitte à ce que ça soit très schématique. Mais en gros, c’est un mythe : le terme est inadéquat, et les conceptions qu’on s’en fait aussi.

Il y a de nombreux types d’Appel, et pas qu’un seul :

  • Si vous êtes une personne spirituelle, que vous cherchez à développer une relation à une transcendance, à la nature, au sacré…. Vous pouvez considérer que c’est déjà un appel. Vous êtes déjà « éveillés ». Pas au sens « vous êtes la frange supérieure de l’humanité qui va nous guider vers la prochaine ère » (connerie New Age en vue), mais tout simplement au sens plein et matériel : vous vous êtes réveillés à votre propre sensibilité. Vous sentez des choses immatérielles, ou vous sentez une attirance pour d’autres questions, d’autres paradigmes.
  • Il y a bien des gens qui sont choisis par des entités (dieux, esprits), qui ont une marque particulière sur leur chemin et leur vie. Oui, ça fait d’eux des êtres « à part », mais ça n’est qu’une catégorie de plus, de la même façon qu’ils seront blancs, noirs, grands, petits… Et ça n’est pas soudain comme un éclair, un matin on passe d’un athéisme pur à une croyance en Dieu, ou devenir en une seconde un dévot de la Déesse alors qu’on était chrétien…
  • Il n’y a pas que des gens élus. Nous sommes tous là, et nous pouvons tous faire nos choix. Sari soulèvent un point très important : l’action. Il faut travailler, et de la même façon que les élus ne se sont pas révélés en un jour, ils étaient probablement déjà engagé sur une voie, les autres aussi, tout le monde cherche. Cherchez ce qui vous fait vibrer, et suivez le. J’aime sa notion « d’appel du coeur ». Comme une passion profonde.
  • D’ailleurs il y en a forcément d’autres, des catégories, des définitions.

Personne n’a donc besoin d’être Appelé d’une façon spéciale pour être et vivre. Nous le sommes tous en fait, chacun à notre façon. On peut penser que certains auront une foi et des alliés plus « puissants » (je dirais plutôt plus efficaces) parce qu’ils ont été appelés au sens le plus commun (celui du centre, l’élection). Mais ça n’empêchera personne d’autre de marcher dans une voie si elle lui plaît et si les divinités répondent.

Il est important de noter aussi que tout le monde ne sait pas lire les signes, tout le monde n’entend pas les dieux… Comment faire alors ? Et bien on revient au problème de la définition : vous saisissez un appel plutôt que de le recevoir. Vous pouvez choisir, et avancer de façon volontaire. Le problème vient pour moi de confusions et de préjugés sur la tension réceptivité, passivité / action.

  • D’une part, tout le monde doit faire son boulot, la spiritualité n’est pas être assis sur un rocher et attendre. Même dans les formes les plus épurées de spiritualité qui n’impliquent pas de divinités etc… il y a une recherche. Intellectuelle, émotionnelle, etc. Il s’agit de se connaître (« connais-toi toi-même », et oui!), de trouver ce qui résonne en nous, ce qui nous correspond, et donc de chercher des voies. Ce qui ne correspond pas on le retire, ce qui nous correspond on le garde.
  • D’autre part, dans le paganisme, il y a un culte de la réceptivité et des facultés extra-sensorielles… mais ça veut dire quoi, ceux qui n’en ont pas sont condamnés à ne jamais pouvoir rien faire ? Ben non, ils font ce que bon leur chante ! ^^ Si on ne ressent pas les Dieux, ça ne pose pas de souci. Aux dernières nouvelles, à moins d’être amputé ça n’empêche personne de rendre un culte, de dresser un autel, de faire des offrandes, si c’est ce qu’il souhaite et ce qui lui parle. Ni à quelqu’un de se dire que si le chamanisme résonne avec lui, il va aller fouiller dans cette direction. Et s’il n’a pas entendu l’esprit du loup lui dire… Ben, on s’en fiche !

J’aime la conclusion de Péma aussi, qui rejoint quelques idées soulevées sur un autre blog, et un gros débat actuel sur la sphère anglophone : tout ça manque franchement de liberté et d’assurance. Chercher à faire comme autrui, pourquoi faire ? Chercher à être légitime… pourquoi faire, pour qui ? Soyez vous, et seulement pour vous.

EDIT : pour les courageux qui veulent explorer la question encore un peu plus avant, un autre point de vue sur la question qui me rejoint totalement.

Les Dieux ne sont pas parfaits ?

Une excellente réflexion qui je l’espère n’est pas trop compliquée à comprendre pour les gens qui n’ont pas un anglais fluide.

 

« The gods are not perfect.  Let me say it again.  The gods are not perfect, nor should they be expected to be.  When I try to explain this concept to others, a lot of the time it seems they just can’t think past their Western programming in regards to deity.  All gods are expected to fit the same mold as “you know who”, and if they don’t… well then they must not be gods, right?  Wrong.

All of the gods whom I’ve had the pleasure of knowing have been absolute individuals, down to the core.  That by itself should be enough to explain why they aren’t perfect.  Really, it should be.  It’s not like we humans don’t have massive experience dealing with each other, and all our individual imperfections.  Why is it so hard to believe that we and the gods may be more alike than different?

Maybe it’s because the gods aren’t made of the same stuff as us. At least, not obviously. All matter and energy are made up of the same elements, having been recycled throughout time and space, so really, I don’t think we’re that different, at all. Especially when you get down to the spirit of things.

Let us examine the soul, a while. Gods find our human souls immensly attractive, generally speaking. I believe there to be a type of magnetism at work here, drawing our gods toward those of us whose souls match their divine energy and powers. And in turn, we are drawn to those gods.

Well, what happens when two strikingly disimilar gods share strikingly similar tastes? Conflict! Yes! They may very well show you just how imperfect they really are, through petty squabbles and jealous meddling. Isn’t that nice?

Not a single one of us humans can claim to have never lost their temper over some pointless minutia, or because we just couldn’t be bothered to share our treasures with one another. The gods are not so different. Sometimes they get along, sometimes they don’t. Sometimes they like sharing, oftentimes not. We are their treasures, after all.

Which brings me to the next issue. If the gods aren’t perfect, what makes them worthy of our attention, let alone our love and devotion?

So many people have asked that question after hearing that I worship imperfect deities. My answer is always the same. An individual, any individual, need not be perfect to be loved. They need not be perfect to receive attention. And they need not be perfect to experience devotion. Who would say otherwise of another human? Why should the gods expect any less than the curtesy we extend to ourselves?

I love my god. He’s not perfect (though you could never tell by looking at him), and I don’t care. It never mattered to me anyway. All that did (and still does) matter, is that he loved me even more than I could ever dream. :)« 

Quelques rappels éthiques

Voici un article qui m’a beaucoup plu. Il rappelle les points essentiels pour avoir une démarche occulte/spirituelle saine, les pièges à éviter. Je poste les premiers paragraphes, rendez vous chez l’auteur pour le lire en entier.

——————–

0. New ideas are always “stupid.” The Fool

I think it was Einstein who said that new ideas are always ridiculed and resisted before being assimilated and eventually accepted as truths (until new truths are revealed). What today is your Unsubstantiated Personal Gnosis (UPG) may tomorrow be painfully obvious. This holds true both subjectively and objectively.

I. Eschew limitations. The Magician

Limitations exist only in our minds. Is it all in your head? Maybe you should give a little more thought to what isn’t in your head. Can you experience anything from anywhere else? Okay then.

II. Do not underestimate self-initiated work. The High Priestess

“The map is not the territory; the menu is not the meal.1” Eventually, you have to stop reading and regurgitating what you’ve read. Have the courage to strike out into unfamiliar territory. If you don’t, you’ll be spinning your wheels forever. “The Tao that can be spoken is not the true Tao.2” The true mysteries are ineffable, and must be experienced.

III. Share your ideas. The Empress

People love to hear your process, and how you arrived at a conclusion or a manifestation. Don’t just trumpet the results — tell them how you got there.

IV. Mundane problems should have mundane solutions. The Emperor

If you need a new job or a better relationship, don’t expect magick to fix it (though it can help). You have to be willing to take action to change your life, not just “will” the solution to fall into your lap. Similarly, before ascribing a supernatural cause to anything, be sure you’ve exhausted the possible mundane reasons why it occurred. Apply Occam’s Razor. And record everything.

 

Appartenir à la terre

Une perspective intéressante sur notre place dans la chaîne, qui me semble tout de même un peu répandue parmi les « païens », mais finalement elle manque d’être discutée et approfondie. Ou alors les gens en parlent encore trop peu. Voici un fragment de citation que je trouve particulièrement marquant. Le premier paragraphe parle de l’immédiateté de notre religion finalement, l’évidence de l’ancrage pour éviter les clichés, les fantasmes distants, et aller dans l’expérience. Le second paragraphe évoque plus la perspective de vie que cela peut apporter.

« I think the idea of belonging to the land also leads us to relationship with much more immediate manifestations of deity rather than big, distant concepts. We’re more likely to take an animist approach, seeing spirit in all things, to look for the spirits and deities of our places, and to honour deities connected to the land we know. The sacredness of our land and the spirit of it is present to us, however we choose to understand it, and this immediacy feeds into a sense of direct involvement. God is not distant and inaccessible. The gods, the spirits, the divine is here, present, now. It can speak to us with the voices of wind and stream, from the roots of trees and the soil itself. We can glimpse it in the running hare or the soaring bird. These too belong to the land and are part of the same magical relationship that builds reality from one moment to the next.

If we belong first and foremost to the land, then we do not belong to our human communities above all else. We are not the property of the state, or owned by our employers. This affects how we perceive ourselves and our human relationships. We are not owned by the job, or by the demands of human expectations. We belong instead to the land, and consciousness of that allows us not to be ruled so easily by misguided cultural norms, or social pressures. We are also less inclined to see the land itself or anything that lives upon it as property to be owned by humans. We belong to it, it does not belong to us. »

Pour lire l’article entier.

 

Le problème du nom, païen, pas païen

Un texte très court et accessible je pense, à lire absolument pour réfléchir sur le problème du nom « païen ». Disons qu’il résume parfaitement la polémique, en étant simple et profond à la fois. Je le copie ici donc coup :

« You know why there is such conflict over the Pagan label?
It’s because it’s unnatural and was imposed on us
by a people with very different notions
of what constitutes being religious.
Look at traditional cultures the world over
– they don’t name what they do
because they don’t need to.
It’s just what they do,
what their people have always done,
how they interact with the gods and spirits
of the place they call home.
And when they travel to new lands,
they honor the powers that reside there.
And when there are differences with their neighbors
these usually come down to how the rites are carried out
and what the poets and priests call things.
These are not matters for war;
truth is not fenced in, needing our protection
– she pours her blessings in different measure to different people
with no one utterly neglected.
(Though, naturally, the largest portion was given to our people;
so says every people.)
Now we know ourselves as Pagans,
a label which separates
us from them
with endless squabbles over who belongs
in or out.
And those who have gone beyond Pagan
do the same with Kemetic, Heathen,
Hellene and all the others
– even though none of our ancestors would have any idea
what we were on about with these terms
or why it mattered in the least.
I’m not opposed to innovations when necessary,
but who needs any of this?
I love all that is divine
and give back in gratitude for what has been shared with me.
I mark the passage of the seasons
and celebrate my land and all it contains.
I remember what came before
and strive to leave things better than I found them.
This is my religion:
it needs no name nor anyone to weed out the false from the true
– it does that on its own.
For a man is his deeds,
and what lingers after
– not what he chooses to call himself. »

De mon cher Sannion. Il rejoint exactement ce qui m’avait fasciné chez les animistes et chez les celtes quand j’avais fait des recherches… on ne nomme pas. C’est tellement évident, naturel, ancré, on n’a pas de concept pour parler de ce qu’on fait, pour désigner.

Wicca verte vs sorcellerie verte

Article original d’Angelina.

************

The Garden of the Gods
Urgently moving beneath our feet is the embodiment of life itself; in all its various cycles and stages of evolution and destruction.  The beauty that emerges from the depths of our world is not always obvious like the towering tree or the beautiful lilly, and it is not necessarily a pestilence, as dandelion and hedge morning glory are often believed to be.  The green world is more than the plants and trees, the low shrubs and creeping vines.   It is more than river water, fungi, ocean spray, yellow dune grass or soft emerald moss.  It is the entire function of the world, of nature.  It is the sacred balance between the sun, our atmosphere, the rotation of our planet, the position of our moon, the ocean pulled by the moon, the seasons controlled by the tilt of our planet as she warms her broad, round face against the light of the sun.  The world as the system of nature we are dependent on is mistress of functions,  cycles, rhythms, random order and evolution of life.  In this way, she is EVERYTHING that matters in the end for our species of animal, and all others she has spent the last few billion years working at.
To the typical animist; emanating and pulsing within all living things is some kind of life, a soul, a spirit, anam, flame, spark- something alive in its own mysterious way.  To many pagans and perhaps traceable through the reasoning of anthropology, the cultural entities we’ve called on through history may have began their existence as embodiments of nature, given their humanity by mankind.  Agricultural deities, seasonal deities and gods of natural functions are a part of every old mythology, and I personally believe this speaks to our deepest animal roots.   Nature and how she works is divine.  The green path is not merely an interest in pretty flowers or a talent for working the garden- it is a spiritual understanding and reverence for all the aspects of nature that we draw our lives from.   Stone, sea, herb and tree- it is the foundation for life as we know it, and in this way, green witches are stewards of the land.
The Undefined 
The definition of green witchcraft in the eyes of the wider pagan world seems to be the object of some confusion.   I can’t speak for all green witches, but I do know there are some definitions out there that don’t do this green path justice or outright confuse it with new-age or contemporary movements like neo-wicca and wicca.  Despite what you may read in popular literature sold at major book-chains, green witchcraft is not necessarily the « path of faery and faery magic », nor is it some sort of blend of ceremonial/high magic and wicca.

While I think Moura is an excellent author and I’ve appreciated her books in introducing me to some interesting ideas, I would classify her literature as green wicca, not green witchcraft.  The reason for this is simple: there are no set laws, rules, regulations or dogma in green witchcraft- which is not a specific religion as much as a practice, and for some of us, a lifestyle.  Her books reflect a level of wiccan liturgy that is not universal or widely used in greencraft.  For example, green witches in general do not automatically adhere to duotheism, which Moura broadly assigns to GW.  Though it may refer to her tradition, it doesn’t quite apply to all traditions of greencraft.

The Green Tradition of Witchcraft sees the aspects of the Divine All as separate and united as Goddess, God and Both.- Ann Moura, Grimoire for the Green Witch, p.5

Arin Murphy Hiscock, author of The Way of the Green Witch is another popular author I appreciate, and I think she has a more realistic view of non-wiccan greencraft than many popular GW authors:

A green witch usually works alone, interacting primarily with the natural world. Historically, a green witch lived apart, using the energies of plants and trees around her to heal others.  Those who needed her services traveled to see her. These days, a green witch is more likely to be living in the middle of a city or in the suburbs, and her garden is likely to be small.  Arin Murphy HiscockThe Way of the Green Witch, p.1

The arbitrary « wiccaning » of greencraft is probably due to a poor understanding of witchcraft itself or an unfortunate amount of non-acceptance of non-wiccan witchcraft which makes it hard to market literature geared towards the broader world of practice.   One thing I am certain of in my own research and my own practice is that green witchcraft is not comparable to wicca, it does not come from the same sources,  it does not include laws, rules or spiritual beliefs unique to wicca and is definitely not ruled by the same religious cosmology. The path is more abstract than that.

 The Rules of Conduct
1. Be careful what you do
2. Be careful who you trust
3. Do not use the Power to hurt another, for what is sent comes back
4. Never use the Power against someone who has the Power, for you draw front he same well.
5. To raise the Power you must feel it in your heart and know it in your mind.
[Words repeated through my maternal line since 1890] 
– Ann Moura, Grimoire for the Green Witch, p.8

Respectfully, I don’t think these statements are representative of green witchcraft- which has no particular moral compass.  Spiritual morals in the craft of any kind is up to the individual or their tradition.  And if the above statements were meant to apply solely to her line of tradition, I don’t believe it’s accurate to attach these neo-wiccanesque beliefs to green witchcraft itself.

Simply put, green witchcraft cannot be defined in a religious context or compared to other traditions: it is energy work or « magic », devotion and spiritual stewardship that revolves entirely around nature, the phenomenon that effect our planet (the moon, sun), the cycles of our seasons and the medicine (both spiritual and physical) that comes from plants.

The green witch does not have a passive interest in « magical herbalism »; they have an intense focus on the lore of the trees, the animal story tellers in the wild, the sacred uses of minerals and waters, and the spiritual medicine of baleful herbs. They typically also have a desire to seek healing from plants in the garden and in the wild, and devote to the rhythmic movement of ever-changing life.  The seasonal markers; solstices and equinoxes would hold more value to a green witch than the cultural festivals of the Wheel of the Year, though through circumstance and personal interest, some of us, myself included, do incorporate a wheel of the year in our own individual way (my wheel has many spokes).  This is something in GW that I fell in love with, your freedom to choose the way we practice this natural energy without restraint, laws or made up dogma.  In whatever way the earth’s heartbeat speaks to you, that is the way to go.

Folkloric Witchcraft and the Forest Doorway

In my path, green witchcraft is a folkloric tradition of witchcraft- combining our primordial relationship to the green growing world with supernatural or « magical » practices that usually reflect a devotion to the spirit world through the doorway of nature; shapeshifting, crossing/traveling, walking the land, spirit flight, spirit-aided healing, cursing, etc.  The door to the otherworld lies along the Ghost Roads, which cross each other in sacred lines along the land.  It is a place of power that is utilized by green witches who are keeping-the-weald, performing a devotion to a piece of land, sacred grove or natural spring.  The otherworld mirrors our own, and we are a pale reflection of that otherworldy beauty.  I believe the otherworld, a place we are so intrinsically drawn to, is the pure truth of things which illuminates our own world.  We are reflecting the light like the moon to the sun, and oh how beautiful the otherworld must be if our own lush land is so exquisite.

For the Fae-world is the fire, and our world the pale luminescent halo of the fire

The Fae-world contains the pureness of things, the reality of things, the perpetual pure fountain that is matrix to things, and everything that spontaneously leaps from the unseen into the seen is only a passing simulacrum, a ghost, a fraction of its source. -Robin Artisson, The Ressurection of the Meadow, p.82

Through nature, some of us find a swifter and more spiritual root to the inner darkness, the illumination of the soul and the otherworld.  Folklore and faery tales from around the world encompass tales of how the otherworld may be reached through travel in the forest, or getting lost in the woods: be it Goldilocks, Gretel or the Golden Key, each found their way to something magical.  The mystical relationship between the other-worlds and ours has not disappeared.

Forging a special relationship with some piece of land or aspect of the garden is important to me and other GW’s I know.  It can be called protecting the grove, meadow-watching, guardianship, tree-tending or, for me, keeping-the-weald.  Every forest has a heart, or sacred wells of energy that may want or even need protection from the every-day person who lacks any respect for the forest… and that’s a lot of people.  A green witch may have some special plot in the woods or special tree in the garden that they clean, feed offerings, till, tend, prune- any number of caring.  This isn’t done in expectation of receiving some power in return, it’s done to protect the beauty of that place and revel in its bounty.  This draws from our roots in worship of sacred groves:

Amongst the Celts the oak-worship of the Druids is familiar to every one, and their old word for sanctuary seems to be identical in origin and meaning with the Latin nemus, a grove or woodland glades which still survives in the name of Nemi.  Sacred groves were common among the ancient germans and tree worship is hardly extinct amongst their descendants at the present day. -Sir James George Frazer, The Golden Bough

Tree and grove worship takes place in the history and myths of many cultures; from India to West Africa, from the coastal people of the Northwest to the indigenous people of Japan.  It’s easy to see why we value trees, meadows and sacred springs even today.  They are wells of life, wells of knowledge, the spiritual fountains of the land.

The native peoples of European lands knew the sacred had manifested most profoundly among them as the tree-beings, their benefactors, and therefore a great magic was associated with them and paramount importance given to their well-being.– Rosa Romani, Poppy Palin, Rae Beth, Green Spirituality: Magic in the Midst of Life, p.12

Part of being a green witch is becoming as skilled in wildcrafting as you’d like and being familiar with the land you live on.  Wildcrafting for medicinal herbs, edibles, and materials for magical practice will always be more powerful than purchasing ingredients through a middle-man because it forces you to take responsibility for your actions and to face the plant you are crafting from, or killing, face-to-face.  There is a lot of honor in facing your prey.  Americans and most first-worlders are so far removed from the gory reality of death or the end of life in general that the idea of going out and facing our prey is incredibly repellant on any level.  I don’t share this view the way I did as a teenager.  Now, I craft my own supplies or buy from other witches who collect/obtain their herbs respectfully.

There is something primally satisfying about eating something you grew in your own garden or dug from the wild.  There’s something deeply captivating about drying and brewing your own teas, boiling herbs in animal fats for your own salve, grinding powders from flowers you collected with permission from the earth.  It takes skill, time, and education to be able to masterfully wildcraft, and it’s an ongoing process.  I am still working on it myself.

Inner Roots and the Spirit Roads

The Green Path in witchcraft is not something I believe you can learn only from books; it’s experiential, requiring trial and error, practice and patience.  I don’t believe that it is wholly good or wholly bad- I believe it is reflective of nature- neutral and incapable of choosing one extreme above the other.  Nature functions as destroyer and creator, a cycle of life that is not evil because a hurricane destroys a city, or good because sun warms our crops, it is simply pure in its balance of endings and beginnings- life and death.  Experiencing greencraft means a lot of things; studying plants and plant lore, learning to wildcraft,  knowing your environment and the animals there, applying the beauty of herbs to your rituals, communicating with the flora and fauna, offering some sort of service or sacrifice back to the earth, being a part of nature rather than living apart from nature.
We all have our own interests and skills on the Virid Road, in the Green Woman’s Garden. Some of us bridge the green garden with the kitchen (kitchen witchcraft) and bind these compatible practices into a factory of creation.  Some of us see the personal garden as a microcosm of the great garden and seek to make it as whole as we can.  Some specialize in physical healing, others in spiritual hexing.  Some of us master divination through plants and their spiritual guidance.  Some traditions of greencraft follow the road of the pharmakeia, others follow the seasons and the tides of magic of the wheel.  Some are more spiritual and intuitive in their knowledge gathering, while others start with medical science and work with the biological functions of a plant before seeking the spirit. Green witchcraft, in essence, describes the collective nature-venerating practices that modern witches feel drawn to- from the wisdom of the ancients to the concerns of the future.  There is no « one » green path, there is only the ideology of connection to the divine and spirits through our progenitor; earth.
Though green witchcraft is a magical practice, it can manifest itself as a religious practice and a private tradition.  A green witch may be a polytheist, or an atheist, a worshiper of nature spirits (which for some involve the fey and the dead), or worship cultural deities who represent functions in nature.  Shamanism, particularly plant shamanism is often utilized (with care and respect), because who better understands animism and the spiritual calling to plants than the shamans of Siberia, the curanderas of Central America, the ayahuascero of South America and various other spirit-workers and soothsayers in the indigenous world?  Shamans (in the common non-cultural use of the term) are those in some tribal cultures who understood the spirituality of the herbal world, not just the magic. They are not witches, though witches have always combined their indigenous/shamanic practices with their own necromancy and energy work.  The shaman is a mediator between spirits, and plant spirits are among the most revered for their abundant healing and harming abilities.
The spirits have a special place in any animistic faith, and green witches are by nature, animists.  The spirits of the world who were once living and those who have never shared the fleshy form are still a part of our world, and many of us believe that they move with us as we pass between worlds.  Faith in the spirits has a unique place in earth-worship, because we are tying the seen and the unseen together by worshiping the invisible through the visible realm.  I honor the spirit of the tree by feeding honey to it’s branches, milk and wine to its roots.  I honor my ancestors through nature by walking along crossroads and leaving gifts for the beloved dead there. Through the doorway of the land, we pass into the otherworld and back again, never forgetting to serve both worlds through nature.
Mentioned, with thanks:
  • Green Spirituality: Magic in the Midst of Life By Rosa Romani, Poppy Palin, Rae Beth
  • Green Witchcraft: Folk Magic, Fairy Lore & Herb Craft by Ann Moura
  • Grimoire for the Green Witch by Ann Moura
  • The Golden Bough By Sir James George Frazer
  • The Resurrection of the Meadow by Robin Artisson
  • The Way of the Green Witch by Arin Murphy Hiscock
Beginning reads for green path walkers:
  • Earth, Air, Fire & Water by Scott Cunningham
  • Whispers from the Woods: The Lore and Magic of Trees by Sandra Kynes
  • Mastering Herbalism: A Practical Guide by Paul Huson
  • Wildflower Folklore by Laura C. Martin
  • Medicinal Herbal by Penelope Ody
  • Garden Flower Folklore (Insiders Guide: Off the Beaten Path) by Laura C. Martin
  • The Folklore of Trees and Shrubs by Laura C. Martin
  • Folklore and Symbolism of Flowers, Plants and Trees (Dover Pictorial Archives) by Ernst Lehner
  • Earth Magic: A Wisewoman’s Guide to Herbal, Astrological, and Other Folk Wisdom by Claire Nahmad
  • Wildcrafting: Harvesting the wilds for a living : brush-picking, fruit-tramping, worm-grunting, and other nomadic livelihoods by Jack McQuarrie
  • Identifying and Harvesting Edible and Medicinal Plants in Wild (and Not So Wild) Places by Steve Brill and Evelyn Dean
  • Plant Spirit Healing: A Guide to Working with Plant Consciousness by Pam Montgomery
  • Plant Spirit Shamanism: Traditional Techniques for Healing the Soul by Ross Heaven
Books related to the bridge between nature and spirit world:
  • Witchcraft Medicine: Healing Arts, Shamanic Practices, and Forbidden Plants by Claudia Müller-Ebeling, Christian Rätsch and Wolf-Dieter Storl Ph.D.
  • Nature Spirits & Elemental Beings: Working with the Intelligence in Nature by Marko Pogacnik
Articles:

6e sens, voyance, besoin de rationnalité

Voici une excellente interview de Maud Kristen, désormais célèbre voyante française qui œuvre pour démystifier et faire reconnaître la voyance. Je trouve cette interview très synthétique et dense ! Elle aborde les points majeurs sur la nature de la voyance, le besoin de recul, et les problèmes éthiques. Redescendons sur terre, car la voyance n’est que la voyance…

 

(Lien original)

Avons-nous nous tous accès à des perceptions dites extrasensorielles ?
Dans notre culture, la télépathie, la clairvoyance et la précognition ne sont pas supposées exister en tant que telles. Aussi, nous avons produit des dispositifs intellectuels destinés à réduire efficacement les capacités psychiques non conventionnelles à ce qu’elles ne sont pas : une comédie, des coïncidences, de simples effets de sens, des symptômes de pathologie psychiatrique, etc. Pourtant, chacun de nous en est capable, de manière latente. Des cultures favorisent l’emploi de ces capacités, et d’autres le stérilisent, ce qui est le cas de la nôtre. Aussi, la plupart des individus sont absolument convaincus de ne pas posséder ces capacités.

Comment comprenez-vous que de nombreuses personnes pensent que la voyance est une forme de surinterprétation, d’illusion ?
Je le prends comme les chercheurs en sciences humaines le prennent, c’est-à-dire comme un discours de déni, articulé par des motivations qui sont liées à la peur, liées à l’anxiété, des motivations de préservation identitaire, et pas du tout des propos scientifiques. Il convient d’envisager la voyance pour ce qu’elle est : une ressource étonnante qui permet, depuis la préhistoire et sur tous les continents, de faire de meilleurs choix, et que notre culture a préféré occulter pour des raisons essentiellement politiques et philosophiques. Il faut se défaire de cette croyance qui veut que nous soyons limités à nos sens physiques connus. On accède à ces capacités comme à notre mémoire. Et la mémoire c’est quoi ? Si je vous dis : « Stéphane, rappelez-vous de votre dernier Noël », vous allez avoir des souvenirs, des odeurs, des images ; vous allez aussi avoir des impressions. Certaines seront subjectives : « C’était bien, ce n’était pas bien » ; certaines seront objectives : « On était dix. » Or, quand on reconstruit une information extrasensorielle, ça se passe exactement comme la mémoire : des informations vous viennent par tous vos sens et vous les reconstituez. Il faut se détourner de la certitude d’impuissance acquise dans laquelle nos sociétés nous mettent, en travaillant avec ce que tout le monde possède, c’est-à-dire la mémoire. Tout le monde accepte de se dire : je peux me rappeler mes souvenirs d’enfance, je peux me rappeler mon premier amour. Mais ce que l’on accepte difficilement – il faut presque s’y prendre par la ruse pour que cela se produise – c’est de se dire que l’on peut aussi avoir la mémoire de n’importe quelle histoire qui s’est passée autrefois, qui appartient à quelqu’un d’autre, ou qui se passera dans le futur et qui ne nous appartient pas.

Comment juger de la pertinence de son sixième sens ? Si, par exemple, j’essaye de faire un petit exercice pour « voir » ce que fait ma femme à l’instant où nous parlons, comment savoir si je suis en train d’imaginer ou si je la perçois vraiment ?
Vous soulevez quelque chose d’intéressant. D’abord, travailler sur votre femme n’est pas une bonne idée pour un premier exercice, parce que vous avez des sentiments pour votre femme. Or, plus vous êtes encombré par les émotions, moins vous « voyez ». Je me rappelle toujours ce maître spirituel en Inde qui entraîne (désolée pour le terme « entraîne » ça fait patinage artistique, mais il le dit comme ça) les oracles de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, et qui disait : « L’état naturel de la conscience, c’est la voyance ; si on ne voit pas, c’est qu’on est pollué par le désir et par la peur ». Et c’est exactement ça !

Qu’est-ce que vous conseilleriez de faire aux gens qui se découvrent ce genre de capacités ?
De prendre l’habitude de tout noter et de tout vérifier. Quand ils se disent : « Je crois avoir fait un rêve prémonitoire », le noter ; quand ils ont l’impression d’être en train de prévoir un événement, l’écrire ; et toujours comparer ce qu’ils ont imaginé ou vu et ce qui finit véritablement par se produire. Cette confrontation est très importante, d’abord parce que vous avez des gens qui, confrontés à l’émergence de leurs capacités, commencent par penser qu’ils sont fous, ou vivent dans une très grande crainte de la pathologie. Ensuite vous avez ceux qui pensent – et c’est souvent beaucoup plus grave encore – qu’ils sont des élus, c’est-à-dire qu’ils surinterprètent dans le religieux. Il arrive que des gens, parce qu’ils font un rêve prémonitoire, s’imaginent détenteurs d’un pouvoir absolument incroyable, ou avoir une mission. Et là, de fous qu’ils n’étaient pas, fous ils deviennent… sur un mode pas forcément très sympathique.

Comment faut-il écouter sa petite voix intérieure alors ?
Il « faut » écouter sa petite voix intérieure. Sauf que chaque fois que l’on parle « d’écouter sa petite voix intérieure » en Occident, on parle du désir. Or, la voyance ce n’est pas de la pensée, ni de la déduction, ni des représentations qui seraient inspirées par nos désirs et nos craintes. Dans ma vie et dans mon travail, j’ai rencontré des centaines de femmes dont la « petite voix intérieure » disait que le monsieur dont elles étaient amoureuses allaient les épouser ; le problème, c’est qu’il était parfois marié avec une autre ! Je crois que dans un premier temps il convient d’éviter d’accorder trop d’importance à ce que nous imaginons être notre voix intérieure lorsqu’elle nous donne des informations qui renforcent considérablement nos peurs ou nos désirs. J’ai vu énormément de gens qui étaient par exemple persuadés qu’ils allaient mourir. Or, dès qu’il y a une très grande crainte ou un très grand désir, il faut être extrêmement prudent par rapport à ce type de ressenti. Imaginer que des gens que nous aimons vont avoir un grave accident de voiture, imaginer une vie commune avec un tiers dont on est tombé follement amoureux, c’est là-dessus que notre « intuition » dérape. Je dirais qu’au départ, moins vous êtes affecté, plus ce que vous voyez va être potentiellement avéré. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas arriver à obtenir des informations de clairvoyance sur ce qui nous fait peur ou sur ce que nous désirons – mais cela demande des années de pratique.

En fait, tout votre travail tend à sortir ces perceptions du magique ?
Oui, et également à réaffirmer l’importance que ces perceptions ont, c’est-à-dire qu’on a affaire à une capacité d’information nouvelle, une capacité d’information qui est juste, et largement aussi juste que les capacités d’information sensorielles dites classiques. Maintenant, ce n’est pas parce qu’elles existent qu’elles ont tous les droits. Je suis notamment toujours effarée lorsqu’une personne ressent ou « voit » quelque chose sur une autre personne, de constater avec quelle gourmandise elle se précipite pour aller raconter au « bénéficiaire » ce qu’elle a perçu le concernant – alors qu’il n’a rien demandé !

Ça n’est pas parce qu’on ressent des choses sur quelqu’un qu’il faut les lui dire ?
Non, certainement pas ! Il faut un cadre. Dans toutes les cultures qui ont intégré la divination, elle a lieu dans un cadre qui est extrêmement rigoureux. C’est parce que notre culture est dans le déni de ces capacités qu’il n’existe chez nous aucun cadre, ce qui a pour conséquence que quand elles émergent, c’est bien souvent avec leur lot de catastrophes.

Quelle genre de catastrophes ?
Tout ce que nous avons dit durant cet entretien : l’impossibilité pour ceux qui les vivent de les intégrer, le fait d’y accorder trop peu d’importance ou au contraire beaucoup trop, l’impossibilité de les utiliser d’une manière éthique, c’est-à-dire sans que ça devienne une nuisance, ou un outil de pouvoir sur l’autre, ou encore un sujet de culpabilité comme lorsque l’on fait un rêve prémonitoire portant sur un accident d’avion par exemple. Evidemment que non, la personne qui a fait ce rêve n’est pas responsable ! Chaque seconde, des milliers d’êtres humains sont torturés dans des geôles, des enfants meurent de faim. Vous ne le voyez pas, parce qu’il n’y a pas de caméra vidéo dans les chambres de torture. Simplement, parce qu’on est dans l’extrasensoriel, on se croit dans la mission. Quand bien même je vais rêver d’un avion qui s’écrase, il va y avoir 300 personnes qui meurent, et c’est absolument tragique et terrible pour leurs familles – mais il y a combien d’êtres humains aujourd’hui qui sont emprisonnés dans des conditions absolument abominables ? Combien d’enfants vendus dans les maisons closes ? Est-ce que ces gens se mobilisent sur ces questions ? Il faut revenir à des choses simples, du bon sens – ce n’est pas parce qu’une perception est extrasensorielle qu’elle est importante. Si je vais sur le site d’Amnesty International, je vais trouver des choses très importantes, beaucoup plus importantes que mes perceptions extrasensorielles.