Quelques mots sur les réserves indiennes au Québec

Un article que je voulais réserver au départ pour mon forum sur les pratiques chamanique, et puis finalement il y aura peut-être quelques intéressés ici.

*****

Pas évidents de trier toutes mes pensées sur la question. Ce voyage au Québec a confirmé mes craintes : beaucoup d’attrape-nigauds et d’irrespect. Voici mon expérience tout à fait personnelle :

1°) En fait il faut ABSOLUMENT EVITER les grandes villes. Donc si vous allez à Québec, à moins de trouver un témoignage sûr, éviter toutes les réserves alentour. L’exemple de choix : la grande réserve bien fléchée de Wendake, n’y allez surtout pas ! J’ai failli vomir (au sens propre) en arrivant…. vite, vite, partons d’ici ! La réserve en-elle même ressemble à une banlieue US très riche ! Le centre historique a été reconstitué dans un très mauvais goût américain, exactement comme le soit-disant « site culturel / traditionnel huron » : on se croirait au parc Astérix. Sérieusement c’est véridique. Vous entrez dans un film holywoodien pour les couleurs, les costumes, les musiques etc. On vous fait l’animation, ça pue le mensonge et l’argent. La boutique pour touristes est gigantesque, et c’est ça qui m’a le plus écoeuré : des vieux partout, des français beaucoup… qui repartent avec 3, 4, 5 (!) sacs, gorgés à ras-bord ! Nan mais où est l’émerveillement, la sincérité, le reste ? Juste des souvenirs à la con, en prendre le plus possible… sans parler des arnaques sur les prix (malgré la boutique détaxée!) On vous vend des trucs HYPER chers bien qu’artisanaux… on vous vend aussi des choses qu’on trouve en fait dans toutes les boutiques de touristes des villes… un énorme choc, un état des faits que j’imaginais mais que j’espérais faux.

2°) Une réserve finalement c’est quoi ? Ben contrairement à l’image qu’on a en Europe de tout ça, une réserve ça n’est pas un parc avec une clôture… une réserve c’est un territoire, et les 2 où j’ai vu (quoique Wendake soit hyper kitsch et repérable), c’est simplement une banlieue, et dans une ville vous ne faites pas du tout la différence. Vous ne savez pas que vous êtes en territoire indien. Pas toujours administré par les Indiens eux-mêmes… le grand effort commun pour y arriver.

3°) Où aller alors ? Je pense qu’il faudrait regarder sur google si on trouve des témoignages sérieux. En tout cas soyons clairs : si vous passez rapidement au Québec, vous n’aurez pas le temps de voir une réserve. C’est gigantesque, il faut aller loin en voiture. Et donc, il faut aller dans les zones plus éloignées, moins touristiques pour avoir de l’authentique.

Ex : le cas magnifique que j’ai observé : le Lac St Jean (Pekuakami dans la langue), territoire indien, ville de Mashteuiatsh. http://www.mashteuiatsh.ca/communaute.php
Il y a tout simplement un modeste musée au bout d’un quai…. sauf qu’en fait ce musée est génial. Il présente beaucoup d’objets, de photos, de schémas, une excellente vidéo de « reconstitution » (plusieurs personnes contemporaines qui vont montre une journée sur la neige avec les gestes ancestraux), des tableaux, des frises… en fait c’est très complet et didactique. Je ne m’étais jamais vraiment rendue compte de la proximité avec la nature, du côté essentiel, du savoir faire, avant de voir tous ces objets en fourrure, en os, en poils, en bouleau, … incroyable. Tout devient réel, concret sous nos yeux. Il y a aussi une chouette histoire de la communauté innu, et c’est tout à fait contemporain : on nous présente leur combat pour l’indépendance, on nous présente les transmissions qui perdurent, l’art des jeunes indiens… Il y avait de la vie si vous voulez. La souplesse du temps, une entrée dans la modernité, avec persistance de la langue et des traditions. Une culture non pas reconstituée, non pas hollywood, une culture vivante, qui s’est transmise ! Ca résonnait d’intensité et de vrai. J’étais en contact avec quelque chose.

http://www.museeilnu.ca

4°) C’est aussi grâce à ce musée que j’ai commencé à comprendre la richesse de ces spiritualités et cultures ! Ca n’a pas de sens de tout rassembler sous « chamanisme amérindien »… Chaque ethnie = un terroir, une langue, une culture, une spiritualité, des mythes… Grâce aux témoignages de certains indiens qui expliquaient qu’ils se demandaient si les autres tribus possédaient x ou y geste/tradition, je me suis rendue compte que chacun était vraiment une structure close, auto-suffisante. Aussi ils ne se nomment pas chaman, ils ont d’autres mots dans leur langue.

Nota : j’ai d’ailleurs enfin compris le problème de notre envie moderne d’appartenir à ces vieilles traditions. Il faut vivre et naître dans cette culture et cette langue, sur le territoire, pour que ça ait un sens. Si on veut devenir x ou y, il faut partir, se rendre sur le territoire, y vivre et intégrer une communauté. Tout part de la terre et de la culture…

Ex perso : c’est ce contact avec le peuple indien innu – montagnais (d’ailleurs très étendu, j’ai rencontré seulement les indiens centrés au Lac St Jean) qui a réveillé quelque chose, en terme de compréhension et d’intégration. C’est comme si j’étais entrée dans un autre pays, et que je voyais bien sa spécificité. Après je pense qu’il y a eu une profondeur en plus… car cette visite clôturait une semaine de voyage (mini road trip) qui remontait depuis Québec, la côte, et le Fjord, un peu comme certains indiens… et toute la région du Fjord et du Lac, en voiture, c’était une immensité et une puissante très particulières. Donc en arrivant au musée, j’ai trouvé ces peuples qui habitent si bien cette terre. C’aurait été une autre ethnie, une autre terre, ça ne m’aurait sûrement pas parlé, mais là c’était la terre que j’avais visité et foulé pendant une semaine. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire.

Quelques ressources persos sur le peuple innu, j’aimerais beaucoup explorer la question :
http://www.native-languages.org/montagnais.htm
http://www.native-languages.org/innu.htm
http://www.bigorrin.org/innu_kids.htm
http://www.native-languages.org/innu-legends.htm
http://www.native-languages.org/montagnais.htm
http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus_pi4%5bfile%5d=publications/pubb133/b133ch6.html
http://www.innu-aimun.ca/modules.php?name=stories
http://www.native-languages.org/religion.htm
http://www.multiculturalcanada.ca/Encyclopedia/A-Z/a4/2

http://groups.yahoo.com/group/Babel/message/14189
http://esoterictexts02.tripod.com/InnuMythos.htm
http://books.google.ca/books?id=Zbp-tPLW00kC&pg=PA460&lpg=PA460&dq=Mishtapeuat&source=bl&ots=18teGpZQbO&sig=aoHISRpHkdxVwYtk5TYtSizD58Y&hl=en&sa=X&ei=NW1zUOvUCeTy0gG_sYCoDw&ved=0CEQQ6AEwBA#v=onepage&q=Mishtapeuat&f=false
http://www.nametauinnu.ca/fr/culture/spiritualite/tshakapesh

Être connecté

Un petit texte trouvé chez Dver :

“If one day I see a small bird and recognize it, a thin thread will form between me and that bird. If I just see it but don’t really recognize it, there is no thin thread. If I go out tomorrow and see and really recognize that same individual small bird again, the thread will thicken and strengthen just a little. Every time I see and recognize that bird, the thread strengthens. Eventually it will grow into a string, then a cord, and finally a rope. This is what it means to be a Bushman. We make ropes with all aspects of the creation in this way.”

(unnamed San Bushman, as quoted in What the Robin Knows: How Birds Reveal the Secrets of the Natural World by Jon Young)

Idées reçues sur la chamanisme I

Voici en vrac quelques idées fausses sur le chamanisme :

  • Tout le monde peut devenir chaman : faux. Tout ne monde peut en théorie pratiquer le chamanisme, même si ça n’est recommandé (tout le monde n’est pas fait pour le voyage), mais tout le monde n’est pas chaman.
  • Tout le monde doit avoir et trouver son animal totem : faux. Depuis quand on dit aux gens ce qu’ils doivent faire ? Tout dépend de la tradition et des croyances de la personne. Si vous n’avez aucune connaissance et pratique chamanique, pourquoi vous cherchez un animal totem ? Ne seriez-vous pas plus proche des anges ou d’autres entités ? Avez-vous forcément besoin d’un totem qui n’est pas comme un gardien ? Les divinités ne suffisent-elles pas ?
  • Avoir un totem fait de soi un chaman : faux. C’est juste un esprit allié et guide très particulier.
  • Avoir des croyances animistes fait de soit un chaman : encore faux. Il y a une différence fondamentale entre croire et faire. Croire en les esprits ne changera rien à qui vous êtes. Et même si vous avez des pratiques animistes, si vous priez les esprits, ça ne suffit pas.
  • Quelqu’un qui pratique le chamanisme s’appelle un chaman : faux. C’est un cheminant, un « praticien chamaniste »,  quelqu’un qui travaille avec les esprits… en français on n’a pas de terme vraiment adéquat, mais ça ne sera jamais un chaman. Pour vous donner une idée : un chaman est comme un prêtre (ou un druide), c’est une fonction ‘sacerdotale’, un rôle à jouer dans une communauté religieuse. La différence étant que dans le chamanisme on ne peut pas choisir d’embrasser la fonction, ce sont les esprits qui choisissent.
  • Le chamanisme est une ‘religion’ de guérison : faux! Cette idée particulièrement répandue est une bonne vieille routine New Age qui fait de toute spiritualité un outil de développement individuel et de guérison. C’est une idée très fausse sur le religion et la spiritualité en soi, et ça l’est encore plus pour le chamanisme. Le chamanisme est bien plus que cela, il s’agit réellement de traiter avec les esprits, remplir des missions très précises ‘sur terre’, d’être un intermédiaire entre le monde commun et les autres mondes (des esprits)… le chaman peut guérir, et doit le faire à certains moments, ça fait partie de sa fonction. Mais ça n’est absolument l’essentiel, ni même le cœur de son travail.

La suite plus tard.

Guide Pratique du Chamanisme

My mistake ! Ca traînait dans mes fichiers mais j’avais complètement oublier de la poster…

  • Broché: 144 pages
  • Editeur : Véga (1 septembre 2003)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2858293570
  • ISBN-13: 978-2858293575
  • Prix : 19 euros (amazon)

Présentation de l’éditeur : Le Chamanisme est une tradition multi-millénaire. Il offre des moyens simples et efficaces de se connecter avec la magie de la terre. Il nous apprend à utiliser l’énergie naturelle du Cercle de Vie pour y puiser celle dont nous avons besoin. Illustré de magnifiques dessins chamaniques, cet ouvrage est un véritable guide sacré qui nous permettra de réaliser notre potentiel naturel et accéder à notre force intérieure. Restaurer son équilibre naturel et se connecter avec la Toile de Vie. Observer les rituels traditionnels fondés sur les traditions Peaux-Rouges, et autres sources chamaniques. Utiliser la Roue Médecine, établir une relation avec les esprits alliés et les animaux totems Accomplir des rituels, des exercices, des célébrations, des oracles

Sommaire:

Introduction
CHAPITRE PREMIER: La merveilleuse Toile de Vie
CHAPITRE DEUX: Les Elements
CHAPITRE TROIS: Le monde du Chaman
CHAPITRE QUATRE: Santé de l’Ame
CHAPITRE CINQ: Amour et Relations
CHAPITRE SIX: Espaces et Vies Domestiques
CHAPITRE SEPT: Espaces et Vies Extérieures
CHAPITRE HUIT: Célébrer le Vie
Index
Remerciement

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, je crois que malgré tout ce qu’on en dit, je le trouve… excellent. Ecrit par un praticien respectueux, avec une vraie philosophie de vie, une langue claire, un survol vraiment complet du chamanisme pratique. Contrairement à ce que certains croiraient, ça n’est pas New Age, cela présente une vraie pratique équilibrée du chamanisme ! (à tendance amérindienne) Il s’agit bien d’un guide pratique pas à pas et non d’un historique. Il est assez modeste de contenu, et pourtant avec son format et sa clarté il contient toutes les informations principales, toutes les bases, à la fois d’exercices et d’informations. Cela vous mettra donc tout à fait sur la voie. Par exemple, Le rituel de la Chambre des Pierres est très bien décrit et impressionnant. Je connaissais déjà, mais j’ai pu y retrouver quelque chose « en plus », parce qu’il n’y a pas que le côté technique mais aussi le côté symbolique (les croyances).  En fait, ce livre est une sorte de concentré de l’esprit chamanique, que j’ai apprécié de sentir suinter. Il y en a pour tous les niveaux, une sorte de progression et de bonnes classifications pour les débutants (excellente structure). En plus le tout est magnifiquement illustré par l’auteur ! Le papier est de bonne qualité, épais et glacé, les images bien imprimées, et le format s’y prête, donc on en profite vraiment. Les illustrations sont parfaitement adaptées au contenu, bien mises en page… Les dessins sont « simples », mais colorés, joyeux, et puissants par leur symbolique, j’ai été très touchée. On prend connaissance petit à petit des différentes domaines : le minéral, le végétal, l’animal, le spirituel, … Des petites pratiques simples sont données pour se relier à la Terre, faire des transferts d’énergies, créer des outils, des kits de fumigation, … De la théorie et de la pratique ! Si vous êtes novices, c’est pour vous, et même si vous ne vous intéressez que de loin, c’est intéressant : ceux qui ont déjà beaucoup de connaissances et d’expériences pourront tout de même apprécier d’y revenir. Peut-être qu’il vous faut mieux l’emprunter, si je prix vous rebute, je ne sais pas. Il est vrai que le prix est « élevé », mais par rapport à d’autres livres plein de bêtises… au même prix, je préfère de loin celui-ci. Aussi il faut quand même regarder la facture : beau papier glacé, belles illustrations en couleur, belle mise en page, contenu satisfaisant, et grand format même si le livre est fin.
=> Le seul bémol, j’avais trouvé des dires comme quoi la traduction comporte des fautes ou des erreurs… Ça ne se sent pas forcément, et je n’ai pas eu la possibilité de comparer (j’ai vendu mon exemplaire français). Au pire, étant donné le niveau de langue (simple), il vaut mieux se diriger vers l’exemplaire original ! Moins cher d’ailleurs, car y a pas le coût de la traduction ; et puis plus parlant au niveau du langage de l’auteur.

Voici le lien vers une autre critique, et des images : http://asherah.canalblog.com/archives/2007/12/01/7084736.html

La Magie Animale II, nature et des statuts des animaux rencontrés

=> De la nature et des statuts des animaux rencontrés en magie animale

 

 

Magie animale, une multiplicité de concepts

Comme évoqué dans l’introduction, la partie la plus connue de la magie animale est celle qui concerne le travail avec les animaux totems. Cependant, si les totems sont nos alliés principaux et nous accompagne la majeure partie du temps, cela ne représente qu’une petite partie du travail très complet qu’est la ‘magie animale’ (expression empruntée à Lyra, pour désigner le travail chamanique et sorcier avec les animaux). En effet, on a vu qu’il s’agit de pouvoir travailler avec n’importe quel animal et d’apprendre de lui, or au niveau des « noms », des repères, il existe aussi de multiples « catégories » ou « étiquettes » comme celle de  « totem » : les familiers, les guides, les alliés, … En réalité je pense que vous avez déjà croisé tous ces termes, mais vous n’y avez pas forcément fait attention, et vous ne les avez pas reliés à la magie animale. Pour vous tenter de vous dresser un tableau plus clair, je vais ici donner quelques définitions, ou plutôt une certaine vision de ces types d’animaux. Mais il faut que vous soyez conscients que ça n’est pas une vérité absolue : cela change en réalité presque selon chaque praticien, ses croyances etc. Et il est d’ailleurs généralement très difficile de mettre en mots le lien qui nous unie à tel ou tel type d’animal. C’est quelque chose de très profond qui se ressent, parfois difficilement d’ailleurs, et qui est donc d’autant plus complexe à expliquer.

Petit lexique

Familier : j’espère que certains lecteurs parmi vous commenteront ce point, car il ne me correspond pas. C’est un exemple parfois de spécificité des praticiens, personnellement, je ne crois pas en les familiers (du moins, il faudrait que je refasse des recherches pour le confirmer).

Allié : Il y a plusieurs types d’alliés. Soit il est choisi, soit il est désigné. Il arrive que le praticien ait besoin d’aide pour effectuer une certaine tâche, et qu’il parte à la recherche d’un animal de pouvoir, et il peut décider de choisir un animal (mais encore faut-il que celui-ci accepte ;)). Sinon la plupart du temps, il se montre de lui-même, arrive à un moment clé de votre cheminement. Son but est de remplir une certaine « mission », vous aider, vous guider dans un domaine précis (ex : entrer en contact avec d’autres animaux), qui ne correspond pas à votre animal totem. Il vous accompagne sur une durée plus ou moins longue, parfois ou même souvent toute la vie, aux côtés de votre totem. C’est un animal avec lequel vous avez de vraies affinités. Nota : on l’appelle aussi auxiliaire ou animal de pouvoir (j’aime plutôt réserver le dernier pour le totem par exemple).

Guide : contrairement à l’animal allié, le guide ne peut être choisi. C’est un esprit qui décide de vous venir en aide dans votre cheminement. Souvent sa fonction est très précise, comme par exemple pour dépasser une peur ou un blocage, d’où son nom de « guide ». Aussi, contrairement à l’allié, quand il a rempli sa mission il se retire. Ce n’est pas le même type de mission, c’est plus souvent un apprentissage à délivrer, une étape à faire passer (alors que l’allié se propose comme auxiliaire dans un travail récurrent).

Messager : l’animal messager est encore plus furtif que le guide. Il apparaît soudainement et très brièvement pour délivrer un message, comme son nom l’indique. Il n’est pas là pour vous aider à le décoder et à le mettre en pratique, juste à vous donner l’information. Elle peut venir d’une ou plusieurs divinités, ou des Esprits.

Pour moi ce sont les 4 principaux, et le 5e le plus important mérite d’être abordé à part : le totem.

Le poids des animaux totems

Je rédige ici des explications à part pour les totems, car effectivement c’est le point le plus connu et le plus profond en ‘magie animale’. Mais je le fais aussi parce que je pense qu’on ne soupçonne peut-être pas assez la profondeur du lien, et je vais essayer de détailler un peu.

Et je vais tenter de dresser un portrait rapide mais plus « complet » si possible.

On prend cela souvent à la légère, parce que cela fait « bien » d’avoir un animal totem et que tout le monde est censé en avoir un. Il y a clairement eu un très grand effet de mode, car dès mon arrivée dans le milieu je voyais fleurir partout des soi-disant méthodes pour trouver son animal (et ce du premier coup comme par magie) alors même qu’on ne connaissait rien à la tradition ou au principe. J’ai toujours été étonné de voir les gens courir dans cette voie comme si c’était particulièrement nécessaire etc. Une sorte d’instinct grégaire. Personnellement, j’ai donc attendu un bon bout de temps avant de lire les méthodes sérieusement et de songer à me lancer. Et justement, je n’ai jamais eu de résultat au départ. Aujourd’hui je me dis vraiment : heureusement. Car je trouve que cela aurait ôté toute la « magie » du phénomène : d’avoir simplement fini par suivre le mouvement, d’avoir eu un résultat alors que je n’avais pas une réelle connaissance des coutumes et des implications, avoir un animal totem sans savoir ce que cela représente réellement… ça n’aurait pas été mérité, ça aurait manqué de respect quelque part. Probablement en plus que je n’étais pas prête.

Tout le monde a un animal totem je pense, mais le trouver se mérite, et apprendre à faire sa connaissance encore plus. Il y a une grosse différence entre en avoir un, et travailler avec lui.

Mais rentrons dans le vif du sujet.

De façon la plus classique, un totem est censé être un animal que l’on « obtient » à la naissance. Par contre, oubliez par contre les tables de correspondance tel mois, tel animal, c’est une grande aberration New Age. Le processus est bien trop complexe et unique pour qu’on puisse déterminer ainsi. Votre animal totem personnel et unique se trouve par un long processus « initiatique ». Telle que j’imagine la chose, le totem est un animal qui se désigne, et/ou qui est désigné par les Esprits au moment de votre naissance, pour vous accompagner toute votre vie. Cet animal sera souvent ambigu : à la fois vous-mêmes entièrement, en fusion, et une partie de vous-même comme une extension, un membre, même si le plus souvent vous aurez plus de facilité à vous adresser à lui en le considérant comme une entité bien distincte.

Il est censé vraiment vous correspondre : il est vos forces, vos faiblesses, votre caractère… Vous pouvez vous y identifier pour tout ce qui ressemble, mais aussi tout ce que vous n’êtes pas : soit parce que vous ne reconnaissez simplement pas, soit parce que lui est entier alors que vous vous avez encore des choses à apprendre. Il a aussi ce rôle d’équilibre, est vous est complémentaire. Au départ il y aura toujours des facettes qui ne sont pas, mais elles sont appelées à devenir vous. Et justement, pour toutes ces raisons, il ne sera jamais comme un autre animal. Par exemple, même si vous aimez les chats, que vous vivez avec les chats, ils ne seront pas forcément ce que vous êtes au plus profond de vous-même, et donc ils ne seront pas votre totem. A côté de ce que vous aimez, même très fort, il y aura toujours ce qui parle à votre âme, ce qui vous fait vibrer. L’animal totem doit se présenter, avec le temps, par l’étude, comme une évidence, comme quelque chose qui est logique et qui ne peut pas être autrement. C’est votre âme qui vibre, c’est au fond de vous un sentiment très intime et très profond de reconnaissance. Une relation étroite, intime donc, qui ne ressemble à rien d’autre.

A côté de la question de l’identité, l’animal totem sera aussi l’esprit qui ne vous quitte jamais, qui vous accompagne dans les grandes étapes de votre vie et votre spiritualité. C’est un guide perpétuel, qui ne délivre pas qu’un seul type d’enseignement mais qui vise à la connaissance et à l’élévation globale de votre être. Il sera là pour tout : vous soutenir, vous apprendre, vous guider… Les amérindiens ont cette belle expression si difficile à traduire en français : le totem est une partie de votre « médecine ». C’est-à-dire qu’il correspond à une partie de votre mission fondamentale, de votre magie. Et c’est là que commence l’étude la plus délicate de votre animal. Il faut aller à sa rencontre pour chercher à quoi il correspond, afin de progresser dans la connaissance de vous-même. Si le mot médecine ne vous parle pas, voici des exemples : si vous tombez sur un animal comme le dauphin, la baleine, ou un oiseau chanteur (merle, mésange), vous aurez bien des choses à explorer avec le son, le chant, la communication.

.

Les Dieux et les Esprits ont toujours raison

[Sujet posté en traduction puisque je l’avais écrit en anglais pour mes locuteurs étrangers, et l’ai donc traduit et adapté. Maintenant je le classifie également dans une partie plus représentative.]

… Simplement nous n’interprétons pas correctement.

Voilà une phrase très contestable, mais à dessin en réalité, comme souvent maintenant vous l’aurez compris pour faire réfléchir. Les Esprits et les Dieux nous dupent parfois, on le sait, soit pour être taquins (ou méchants), soit pour nous tester. Maintenant, la plupart du temps quand ils nous envoient une vision ou un message, je pense que c’est toujours « la vérité ».

En tout cas pour ma part, je crois que cela a été le cas depuis le début. J’ai alors repensé à une expérience que j’avais eu six mois auparavant et que j’avais oublié [note: moment d’écriture de l’article, Fev 2011] : un shapeshifting avec la fourmi que j’avais cru sans importance, ou pas spécialement un message avec une signification précise, envoyé par les Esprits avec un but. Pourtant cela c’est révélé à un moment particulièrement crucial : lors de mon retrait de l’Internet et de la ville (comme grande ville et comme paysage urbain) pendant mes vacances, le séjour annuel pendant lequel je disparais dans la nature et la contemplation. Je réfléchissais pendant cet été de mon année passée et de mes errances au sujet des Dieux (prêtrise) et de mon chemin spirituel. C’était une après-midi passée au soleil dans le jardin, pieds nues je crois dans le sable, et je me demandait si j’avais la force et le culot d’embrasser les fonctions spirituelles auxquelles j’aspirais (et qui m’étaient désignées), quand en un instant j’ai fait ce « shifting » très court mais incroyablement intense : je me suis retrouvée dans la « peau » d’une fourmi. J’étais alors minuscule, et l’entreprise envisagée me semblait alors bien trop énorme, et je me suis sentie ridicule, décalée, et comme si mon égo avait pris le pas sur moi. A ce moment là j’ai alors décidé de prendre ce signe comme suit : le besoin de travailler dans l’ombre comme une petite fourmi qu’on ne remarque pas, d’apprendre l’humilité et d’être loin des projecteurs.

Mais au mois suivant, en Août, en discutant avec Sannion, je lui ai parlé de cette expérience et il m’a confié une autre perspective, qui a été confirmé plusieurs fois il y a un mois :

« La fourmi est en effet une petite et humble créature – mais ce n’est pas ce qui se remarque le plus à leur propos, ou du moins pas pour les anciens. La fourmi dévoue sa vie entière, son être entier, à son travail/charge. Elle n’a aucune intérêt, aucun liens sociaux en dehors du travail qu’elle effectue. Elle est continuellement entrain de faire des stocks de nourriture, de construire des tunnels, etc. pendant que les autres insectes jouent. Peut-être que cette vision indique que c’est la même chose que la voie de la prêtrise que tu devrais poursuivre, une voie de service et de dévouement. »

Alors finalement, avec les signes, je me dis que ça ne devait pas être une expérience au hasard, qu’il y avait réellement un test et un message des Esprits et des Dieux (abandonner ou continuer?) et que je l’ai mal interprétée sur le moment. Et alors ? Et bien comme je doutais ils sont revenus avec précipitation pour me montrer directement ce que j’aurais dû voir, cette fois-ci sans ambiguïté. Mon « camarade » Sannion avait raison depuis le début : la fourmi est une métaphore du labeur, de mon chemin spirituel à venir. Une vie très difficile de complet service et dévouement, qui se construit sans cesse, avec des responsabilités, parce qu’ils ont choisi cela pour moi, et que j’ai les capacités.

La magie animale I – pratique

[Publié pour Altar 2009]

NB : tous ces exercices peuvent être pratiqués avec vos totems et guides mais pas seulement ! L’avantage est qu’il permet d’apprendre à connaître n’importe quel animal. Vous cherchez à trouver une force combative ? Aller à la rencontre d’un animal qui comporte cette caractéristique par les exercices qui suivent. Vous aimeriez en apprendre plus sur un animal ? Lancez-vous.

1°)
Voici d’abord un premier exercice très simple pour y procéder en douceur. Il est à la portée de tous car la visualisation est un exercice de base de toute pratique magique. Si vous n’y êtes pas encore assez familier, sachez que c’est nécessaire. Mais pas de panique, il s’agit simplement de s’entraîner ! Il faut multiplier les exercices, et ce dans le temps afin de vraiment maîtriser les bases. Si vous avez besoin d’aide, le forum comprend des sections réservées à la méditation et à la visualisation, vous pouvez aller y chercher des informations et demander de l’aide.

La première phase consiste à observer et vous imprégner de tout ce que vous voyez. Pour cela, vous avez deux choix : soit aller dans la nature près de chez vous, dans un parc, dans votre jardin; soit prendre une photographie dans un livre, sur internet (etc.). Il est évident que si c’est un animal rare, ou d’une autre région, il faudra obligatoirement passer par le deuxième choix ; à moins que vous ayez la possibilité d’aller dans un zoo. Vous allez pouvoir regarder l’animal, sa forme, sa taille, son environnement, sa démarche et ainsi de suite. La deuxième phase consiste à revenir chez vous, à vous mettre dans un lieu propice à la méditation (ne pas être dérangé pour rester concentré), que cela soit en extérieur ou à l’intérieur. Installez-vous confortablement, afin d’être à une température idéale ni trop chaude ni trop froide, fermez les yeux, et concentrez-vous d’abord sur votre respiration. Cela vous aidera à évacuer vos petites pensées qui troublent la concentration. Ensuite, vous allez mobiliser petit à petit tout ce que vous avez pu voir sur l’animal en question auparavant. Les gens expérimentés vont tout mobiliser d’un coup puis affiner ; les autres vont devoir procéder petit à petit. D’abord la forme globale, puis les couleurs, les yeux, la « bouche » …. Tout ce qui le constitue. Après cette phase immobile, essayez de le visualiser tandis qu’il bouge : inclinant la tête, se grattant avec une patte, ouvrant la « bouche » pour manger, rugir, chanter… Les petits sons qu’il produit, son attitude, ce qu’il mange, son environnement, éventuellement avec d’autres membres de son espèce. Il faut que vous ayez devant vous un tableau vivant, comme si vous étiez dans la nature caché près de lui et que vous l’observiez. Cela peut paraître anodin, mais si vous réussissez à obtenir ce résultat, et mieux, à le prolonger, vous serez envahi par des sensations « réelles » et profondes. Vous réussirez alors à tirer des enseignements de ces « rencontres ». C’est rare qu’immédiatement après on puisse prendre un carnet et noter toutes sortes de choses (j’entends des enseignements clés) même si cela arrive. Il faut plutôt se dire que cette rencontre, si elle est forte, va vous imprégner plusieurs jours durant (comme une vraie méditation), et que vous penserez petit à petit à des détails qui vous ont échappé, vous ferez des liens…

Je suis partisane du « tout écrire », alors que vous pensiez renouveler l’expérience ou non, je vous conseille de tout noter une fois la visualisation terminée, le plus en détails possible. Cela permettra de fixer les images que vous avez vues, de mieux vous plonger dans la vision, et de pouvoir revenir dessus plus tard sans la déception d’avoir « oublié ». Éventuellement, ces notes vous permettront également de trouver la « faille » : ce qui vous a échappé pendant la visualisation et les jours suivants. De même, si vous renouvelez l’expérience, vous aurez un très bon élément de comparaison : qu’est-ce qui s’est intensifié ? qu’est-ce qui a changé ? Vous pouvez réserver un carnet spécial pour cette utilisation.

2°) Je vais vous donner ici une piste pour une deuxième type d’exercice, largement plus « consistant ». Il s’agit d’un voyage méditatif pour aller à la rencontre de l’animal. Cet exercice a été vu et revu des milliers de fois, dans les livres, sur internet, un peu partout. Je n’ai donc aucunement la prétention d’innover. Je voudrais simplement vous rappeler une possibilité. Nota : cet exercice peut servir à rencontrer un animal de notre choix, mais aussi permettre de « trouver » son animal totem, ou un guide (il est généralement décrit pour ce dernier but).

Le voyage méditatif est à mi chemin entre la méditation et la visualisation, dans un état de semi sommeil dans l’idéal. Prenez la position qui vous convient, assis ou allongé, dans une pièce tranquille où vous ne serez pas dérangé. Si vous avez plus de facilité à lâcher prise et vous détendre quand il y a de la musique, mettez-en, avec un volume plutôt doux, et si possible de la musique sans parole pour ne pas « accrocher » votre conscience. Mais comme toujours, cela dépend uniquement de vous ! Si vous préférez écouter la musique très fort pour vous en imprégner, faites, tant que cela ne dérange pas les voisins, ou que ça ne risque pas de faire débouler dans la pièce quelqu’un qui habite avec vous. De même, si vous la dernière chanson de votre groupe préféré vous fait planer, pourquoi pas… A vous de voir. Vous êtes donc dans votre position, à l’aise, avec de la musique (ou non). Programmez votre esprit, ancrez-y cette pensée : je resterai toujours à demi éveillé, et quand je reviendrai je me souviendrai de chaque détail. Répétez-la mentalement autant de fois que souhaité, oralement si cela vous convient mieux. Ensuite relâchez-vous, détendez-vous, et respirez très profondément. Laissez-vous aller.

Une fois que vous serez bien calme, que votre esprit sera dans cet état intermédiaire, visualisez-vous au bord d’un sentier. Vous êtes immobiles quand vous en prenez conscience, puis vous vous mettez à marcher, le suivez sur plusieurs mètres. Vous arrivez ensuite à un puits assez large. Approchez-vous, vous apercevez alors deux bouts de cordes qui en dépassent. Placez-vous tout contre, et regardez dans le puits : les bouts de cordes sont en réalité les extrémités d’une échelle qui se trouvent dans le puits. Vous allez vous asseoir sur le bord du puits et y descendre, par l’échelle. Vous n’avez pas peur, vous êtes calme. L’ascension peut prendre du temps, mais cela est normal. A mesure que vous descendez, la lumière se raréfie, mais ne disparaît jamais totalement, de sorte que vous voyez toujours l’échelle légèrement au-dessus et en-dessous de vous. Après un long moment, une lumière pâle grandit sous pieds : vous arrivez. Vous descendez les dernières étapes de l’échelle de corde et vous retrouvez sur un sol de terre. Retournez-vous pour voir où vous êtes : l’échelle débouche non pas d’un puits, mais d’un immense arbre de ce côté, dont le tronc est ouvert et creux au niveau de sa base. Derrière-vous se dresse alors un monde identique au nôtre semble-il. Seulement, la lumière est différente, comme filtrée, tamisée, et peut-être d’une « couleur », d’une intensité différente. Vous êtes au milieu d’une grande étendue d’herbe, et vous pouvez alors recommencer à marcher, sur un autre sentier qui part du grand arbre pour se diriger vers une forêt à proximité. Lorsque vous entrez dans la forêt, soyez bien attentif aux bruits alentours : l’Esprit du Lieu pourrait vous envoyer un signe. Le chemin est tantôt droit, tantôt sinueux, regardez les arbres, entendez le vent s’il y en a, les plantes… Peut-être que l’animal sortira du sous-bois pour venir à votre rencontre. S’il ne vient pas, ça ne fait rien, il vous attend plus loin. Vous traversez calmement la forêt, vous êtes ouvert à cette rencontre. Lorsque le chemin sort de la forêt, vous voyez devant vous une grande colline. Avancez alors dans l’herbe pour la gravir. Pas trop vite, toujours avec calme. Vous regardez la forêt derrière vous de temps à autre pour prendre conscience de votre progression vers le sommet ; quand vous regardez vers le haut, vous scrutez la pente en plissant les yeux sous l’effet de cette lumière peu commune ; vous y êtes presque. Le terrain redevient bientôt plat, vous faites encore quelques pas et vous y êtes. La colline a une surface légèrement plane, et vous vous avancez pour voir de l’autre côté. A nouveau une grande pente d’herbe verte. Vous regardez au pied, et vous apercevez une tâche. Vous plissez les yeux mais ne pouvez pas voir encore de quoi il s’agit. C’est votre animal, sentez-le dans votre être. Vous ne le distinguez pas encore, mais c’est lui, il vous attend. Descendez alors doucement la pente pour aller à lieu. Au fur et à mesure, vous commencez à cerner sa taille, sa forme, sa couleur… C’est lui, vous pouvez l’identifier. Une fois au pied de la colline, la rencontre vous appartient à tous les deux. Peut-être qu’il parlera, produira un son, vous laissera le toucher… Profitez de cet instant privilégié. Peut-être qu’il choisira le moment de son départ, peut-être qu’en vous-même vous sentirez que le moment est venu. Ne cherchez pas à prolonger la rencontre : désormais, vous connaissez le chemin, vous pourrez revenir. Faites alors le chemin inverse : remonter la colline, puis redescendez de l’autre côté ; suivez le chemin à l’entrée de la forêt et retraversez là ; suivez toujours le chemin jusqu’au grand arbre au milieu de la prairie ; une fois à l’échelle respirez calmement, puis entamez l’ascension ; soyez patient pour retourner à la surface ; une fois sorti, marquez une pause sur le puits, et ensuite suivez le chemin du retour….
Vous revenez à vous lentement. Écoutez et sentez-votre respiration. Prenez conscience de votre cœur qui bat, de votre corps. Attendez un moment que votre conscience soit pleine pour ouvrir les yeux. De même, attendez un instant avant de bouger. Soyez reconnaissant de cette rencontre. Prenez le temps d’aller vous aérer, ou faites un ancrage. Puis vous pouvez noter toute l’expérience.

Ce voyage est modifiable à l’infini. Si vous avez peur du vide, et que le principe de l’échelle vous gêne, la corde peut-être remplacée par un escalier qui descend : il suffit d’élargir le puits pour y installer un escalier qui ne soit pas trop étroit. De même si vous êtes légèrement claustrophobe, élargissez l’escalier jusqu’à vous sentir à l’aise, de sorte que la descente ne soit pas oppressante. Si vous n’aimez pas le puits, vous pouvez également le remplacer par un arbre : imaginez le très grand, le tronc s’ouvre quand vous vous approchez pour laisser voir une ouverture et une échelle de corde (ou un escalier). Si vous n’aimez pas l’idée de la descente, vous pouvez d’ailleurs monter vers un monde supérieur. Vous pouvez de même changer à loisir le décor. Tout est selon votre goût.

3°) Ici, un exercice probablement difficile pour aller plus loin : une métamorphose.

Cette expérience peut être appelée « shapeshifting », bien que pour moi elle s’en détache légèrement. C’est le même principe, sauf que le shapeshifting se produit de façon plus « inattendue », plus forte. Pourquoi ? Car ces entraînements volontaires, surtout si vous débutez, ne produiront pas le changement de forme sur le plan astral. C’est à force d’entraînement que l’on peut provoquer un vrai shapeshifting par ce biais (d’autant plus en état de veille). Celui-ci est réellement bouleversant, et se produit lors d’une transe, qui peut être légère comme très forte. Il doit être profondément marquant : c’est le signe du changement de forme sur l’autre plan, nous gardons des traces de cette transformation après l’expérience, nous sommes perturbés. Ici nous allons donc nous entraîner plus simplement à la métamorphose « virtuelle », et peut-être qu’avec de l’entraînement vous pourrez expérimenter le shapeshifting. Attention, cet exercice n’est pas à prendre à la légère, justement parce qu’il peut entraîner un réel changement de forme (astral). L’expérience n’est pas à prolonger dans le temps, et il ne faut pas s’acharner non plus : cela demande beaucoup d’énergie, il faut y aller doucement, à son rythme, pour ne pas s’épuiser ou entraîner des lésions plus profondes.

Mettez-vous dans un endroit confortable, toujours. Allongé ou assis, avec un cousin ou sans, une couverture sur vous ou non… Il faut que vous soyez bien. Choisissez si vous préférez ouvrir les yeux ou les laisser fermés. Pour ma part, j’y parviens mieux les yeux fermés, mais c’est personnel. Sentez ce que VOUS aimez le mieux. Comme pour toute méditation ou visualisation, je vous conseille de pratiquer la respiration pour commencer, en inspirant et expirant lentement, en vous focalisant sur le souffle. On ne pense plus à rien d’autres que le souffle…. C’est d’autant plus crucial ici, que vous devez progressivement sentir une modification de ce souffle. Lorsque vous êtes calme, détendu, « à vide », pensez à l’animal que vous avez choisi. Visualisez-le d’abord si ça vous aide. Sentez alors le changement de l’air autant de vous, sur votre peau (écaillée ? plumée ?), et dans votre système respiratoire modifié. Sentez votre épine dorsale (si vous en avez une). Ecoutez votre battement de cœur, votre respiration. Vous devenez cet animal, vous ne faites qu’un avec lui. Vous l’avez vu être, bouger, se nourrir, et désormais, vous allez faire de même. Si vous êtes un oiseau, dépliez lentement vos ailes l’une après l’autre, regardez vous, grattez-vous, battez les doucement, et essayez de décoller légèrement du sol. Si vous êtes un félin, sentez vos griffes sortir et se rétracter, puis vos coussinets sur le sol tandis que vous marchez. Sentez-vous votre queue qui prolonge votre colonne vertébrale ? Essayez de la bouger selon votre volonté. Si vous êtes un animal marin, sentez l’eau qui glisse sur votre corps tandis que vous nagez, doucement, rapidement ; regardez vers la surface les reflets de lumière sur l’eau. Et ainsi de suite. Concentrez-vous sur la façon dont vous sentez, dont vous percevez les sons, la chaleur ou le froid, … Essayez de chanter, de rugir, de miauler… Tout ce qui vous fait appréhender ce corps et ses perceptions. Les possibilités sont multiples. Vous pouvez égaler vous confronter à un autre membre de votre espèce. Généralement, on ressent à un moment donné un « point clé » de l’expérience, une sorte de paroxysme, où l’on ne réfléchit plus à ce que l’on va faire, mais où l’on « vit » simplement dans ce corps. C’est souvent à ce moment là que l’enseignement clé se produit, mais on ne peut pas dresser de généralité. Ne vous inquiétez pas si juste après l’expérience se termine brusquement, car au départ il est difficile de prolonger l’expérience, et le paroxysme en marque la fin.

Une fois cet exercice terminé, je vous conseillerai de procéder à un ancrage pour rendre l’énergie que vous avez emprunté, et revenir à vous, à votre énergie. Personnellement, j’aime beaucoup dans ces cas là aller marcher dans la nature tout simplement, pour sentir à nouveau avec mon corps, renouer avec lui.