Oberourien ar speredoù : travailler avec les Esprits

Parce que l’été fut intense et que nous sommes en forme ! Même si vous n’adhérez pas à tout, précipitez-vous sur cet article franc qui parle de la pratique avec les Esprits. Je suis toujours sidérée du courage qu’il faut pour écrire ce genre d’articles qui nous manque dans le milieu français (en imaginant que je ne suis pas la seule qui est intéressée par des lectures sur ce sujet). Moi-même je n’arrive plus à vous écrire grand chose d’autre que des sujets sur les cartes (et plus rien du tout depuis peu), mais je me reconnais bien là.

L e    C a i r n

Les Spirit Workers du XXIe en mode commando. Ah bon, ce n’est pas ça ? Les Spirit Workers du XXIe en mode commando. Ah bon, ce n’est pas ça ?

Ces dernières années, le fait de travailler avec les Esprits est devenu, sinon plus populaire, du moins nettement plus flagrant et exprimé, alors que c’était auparavant une pratique beaucoup plus silencieuse, et qui ne possédait pas nécessairement d’étiquette spécifique pour la qualifier. Avec l’influence grandissante d’un certain nombre de blogs anglo-saxons, le terme de « spirit-working » (travail avec les Esprits) est devenu courant, y compris dans le monde francophone.
Un soir d’août, pendant une sympathique discussion en bonne compagnie, pour rire, nous avons cherché une alternative à la dénomination anglaise de « spirit-worker » (parce que merde à l’hégémonie des ricains), et comme deux d’entre nous parlaient breton, les termes ont été cherchés dans cette langue. Littéralement, « oberourien ar speredoù » désignent les « ouvriers des Esprits ». Dans La légende de la Mort, Anatole Le Braz mentionne que l’Ankou est…

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Leurs murmures

Je me permets de rebloger cet excellent article qui évoque le rapport direct avec les Esprits (ça peut s’appliquer aussi aux Dieux). Ca permet d’agrandir le champ des possibles dans la série du MEME polythéiste et animiste sur la présence des Dieux et Esprits dans notre vie.

L e    C a i r n

River Spirit by Dan Jones

Ce sont leurs murmures qui viennent à moi, dans les situations les plus diverses.

Cette voix qui répète en boucle que je dois être à 15h à la mairie pour déposer un dossier. Et moi qui ait la flemme. Son énervement, palpable, tangible. L’heure qui tourne en boucle. Je renonce à comprendre, je me précipite. Arrivée à la mairie, à l’heure dite, on me dit que ce n’est que sur rendez-vous. Avant d’ajouter avec un sourire que j’ai beaucoup de chance, parce que justement la personne de 15h a annulé, et que je peux prendre sa place

C’est souvent.

Dans les situations sociales, où Ils prennent le relais de mon skill social quasi nul. Me demandant de me taire « NON, TA GUEULE, PAS CA ». Ou me soufflant des réponses.
Je ne sais jamais quoi faire de toutes façons, alors souvent, je les écoute.

C’est une…

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Quelques mots sur les réserves indiennes au Québec

Un article que je voulais réserver au départ pour mon forum sur les pratiques chamanique, et puis finalement il y aura peut-être quelques intéressés ici.

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Pas évidents de trier toutes mes pensées sur la question. Ce voyage au Québec a confirmé mes craintes : beaucoup d’attrape-nigauds et d’irrespect. Voici mon expérience tout à fait personnelle :

1°) En fait il faut ABSOLUMENT EVITER les grandes villes. Donc si vous allez à Québec, à moins de trouver un témoignage sûr, éviter toutes les réserves alentour. L’exemple de choix : la grande réserve bien fléchée de Wendake, n’y allez surtout pas ! J’ai failli vomir (au sens propre) en arrivant…. vite, vite, partons d’ici ! La réserve en-elle même ressemble à une banlieue US très riche ! Le centre historique a été reconstitué dans un très mauvais goût américain, exactement comme le soit-disant « site culturel / traditionnel huron » : on se croirait au parc Astérix. Sérieusement c’est véridique. Vous entrez dans un film holywoodien pour les couleurs, les costumes, les musiques etc. On vous fait l’animation, ça pue le mensonge et l’argent. La boutique pour touristes est gigantesque, et c’est ça qui m’a le plus écoeuré : des vieux partout, des français beaucoup… qui repartent avec 3, 4, 5 (!) sacs, gorgés à ras-bord ! Nan mais où est l’émerveillement, la sincérité, le reste ? Juste des souvenirs à la con, en prendre le plus possible… sans parler des arnaques sur les prix (malgré la boutique détaxée!) On vous vend des trucs HYPER chers bien qu’artisanaux… on vous vend aussi des choses qu’on trouve en fait dans toutes les boutiques de touristes des villes… un énorme choc, un état des faits que j’imaginais mais que j’espérais faux.

2°) Une réserve finalement c’est quoi ? Ben contrairement à l’image qu’on a en Europe de tout ça, une réserve ça n’est pas un parc avec une clôture… une réserve c’est un territoire, et les 2 où j’ai vu (quoique Wendake soit hyper kitsch et repérable), c’est simplement une banlieue, et dans une ville vous ne faites pas du tout la différence. Vous ne savez pas que vous êtes en territoire indien. Pas toujours administré par les Indiens eux-mêmes… le grand effort commun pour y arriver.

3°) Où aller alors ? Je pense qu’il faudrait regarder sur google si on trouve des témoignages sérieux. En tout cas soyons clairs : si vous passez rapidement au Québec, vous n’aurez pas le temps de voir une réserve. C’est gigantesque, il faut aller loin en voiture. Et donc, il faut aller dans les zones plus éloignées, moins touristiques pour avoir de l’authentique.

Ex : le cas magnifique que j’ai observé : le Lac St Jean (Pekuakami dans la langue), territoire indien, ville de Mashteuiatsh. http://www.mashteuiatsh.ca/communaute.php
Il y a tout simplement un modeste musée au bout d’un quai…. sauf qu’en fait ce musée est génial. Il présente beaucoup d’objets, de photos, de schémas, une excellente vidéo de « reconstitution » (plusieurs personnes contemporaines qui vont montre une journée sur la neige avec les gestes ancestraux), des tableaux, des frises… en fait c’est très complet et didactique. Je ne m’étais jamais vraiment rendue compte de la proximité avec la nature, du côté essentiel, du savoir faire, avant de voir tous ces objets en fourrure, en os, en poils, en bouleau, … incroyable. Tout devient réel, concret sous nos yeux. Il y a aussi une chouette histoire de la communauté innu, et c’est tout à fait contemporain : on nous présente leur combat pour l’indépendance, on nous présente les transmissions qui perdurent, l’art des jeunes indiens… Il y avait de la vie si vous voulez. La souplesse du temps, une entrée dans la modernité, avec persistance de la langue et des traditions. Une culture non pas reconstituée, non pas hollywood, une culture vivante, qui s’est transmise ! Ca résonnait d’intensité et de vrai. J’étais en contact avec quelque chose.

http://www.museeilnu.ca

4°) C’est aussi grâce à ce musée que j’ai commencé à comprendre la richesse de ces spiritualités et cultures ! Ca n’a pas de sens de tout rassembler sous « chamanisme amérindien »… Chaque ethnie = un terroir, une langue, une culture, une spiritualité, des mythes… Grâce aux témoignages de certains indiens qui expliquaient qu’ils se demandaient si les autres tribus possédaient x ou y geste/tradition, je me suis rendue compte que chacun était vraiment une structure close, auto-suffisante. Aussi ils ne se nomment pas chaman, ils ont d’autres mots dans leur langue.

Nota : j’ai d’ailleurs enfin compris le problème de notre envie moderne d’appartenir à ces vieilles traditions. Il faut vivre et naître dans cette culture et cette langue, sur le territoire, pour que ça ait un sens. Si on veut devenir x ou y, il faut partir, se rendre sur le territoire, y vivre et intégrer une communauté. Tout part de la terre et de la culture…

Ex perso : c’est ce contact avec le peuple indien innu – montagnais (d’ailleurs très étendu, j’ai rencontré seulement les indiens centrés au Lac St Jean) qui a réveillé quelque chose, en terme de compréhension et d’intégration. C’est comme si j’étais entrée dans un autre pays, et que je voyais bien sa spécificité. Après je pense qu’il y a eu une profondeur en plus… car cette visite clôturait une semaine de voyage (mini road trip) qui remontait depuis Québec, la côte, et le Fjord, un peu comme certains indiens… et toute la région du Fjord et du Lac, en voiture, c’était une immensité et une puissante très particulières. Donc en arrivant au musée, j’ai trouvé ces peuples qui habitent si bien cette terre. C’aurait été une autre ethnie, une autre terre, ça ne m’aurait sûrement pas parlé, mais là c’était la terre que j’avais visité et foulé pendant une semaine. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire.

Quelques ressources persos sur le peuple innu, j’aimerais beaucoup explorer la question :
http://www.native-languages.org/montagnais.htm
http://www.native-languages.org/innu.htm
http://www.bigorrin.org/innu_kids.htm
http://www.native-languages.org/innu-legends.htm
http://www.native-languages.org/montagnais.htm
http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus_pi4%5bfile%5d=publications/pubb133/b133ch6.html
http://www.innu-aimun.ca/modules.php?name=stories
http://www.native-languages.org/religion.htm
http://www.multiculturalcanada.ca/Encyclopedia/A-Z/a4/2

http://groups.yahoo.com/group/Babel/message/14189
http://esoterictexts02.tripod.com/InnuMythos.htm
http://books.google.ca/books?id=Zbp-tPLW00kC&pg=PA460&lpg=PA460&dq=Mishtapeuat&source=bl&ots=18teGpZQbO&sig=aoHISRpHkdxVwYtk5TYtSizD58Y&hl=en&sa=X&ei=NW1zUOvUCeTy0gG_sYCoDw&ved=0CEQQ6AEwBA#v=onepage&q=Mishtapeuat&f=false
http://www.nametauinnu.ca/fr/culture/spiritualite/tshakapesh

Être connecté

Un petit texte trouvé chez Dver :

“If one day I see a small bird and recognize it, a thin thread will form between me and that bird. If I just see it but don’t really recognize it, there is no thin thread. If I go out tomorrow and see and really recognize that same individual small bird again, the thread will thicken and strengthen just a little. Every time I see and recognize that bird, the thread strengthens. Eventually it will grow into a string, then a cord, and finally a rope. This is what it means to be a Bushman. We make ropes with all aspects of the creation in this way.”

(unnamed San Bushman, as quoted in What the Robin Knows: How Birds Reveal the Secrets of the Natural World by Jon Young)

Idées reçues sur la chamanisme I

Voici en vrac quelques idées fausses sur le chamanisme :

  • Tout le monde peut devenir chaman : faux. Tout ne monde peut en théorie pratiquer le chamanisme, même si ça n’est recommandé (tout le monde n’est pas fait pour le voyage), mais tout le monde n’est pas chaman.
  • Tout le monde doit avoir et trouver son animal totem : faux. Depuis quand on dit aux gens ce qu’ils doivent faire ? Tout dépend de la tradition et des croyances de la personne. Si vous n’avez aucune connaissance et pratique chamanique, pourquoi vous cherchez un animal totem ? Ne seriez-vous pas plus proche des anges ou d’autres entités ? Avez-vous forcément besoin d’un totem qui n’est pas comme un gardien ? Les divinités ne suffisent-elles pas ?
  • Avoir un totem fait de soi un chaman : faux. C’est juste un esprit allié et guide très particulier.
  • Avoir des croyances animistes fait de soit un chaman : encore faux. Il y a une différence fondamentale entre croire et faire. Croire en les esprits ne changera rien à qui vous êtes. Et même si vous avez des pratiques animistes, si vous priez les esprits, ça ne suffit pas.
  • Quelqu’un qui pratique le chamanisme s’appelle un chaman : faux. C’est un cheminant, un « praticien chamaniste »,  quelqu’un qui travaille avec les esprits… en français on n’a pas de terme vraiment adéquat, mais ça ne sera jamais un chaman. Pour vous donner une idée : un chaman est comme un prêtre (ou un druide), c’est une fonction ‘sacerdotale’, un rôle à jouer dans une communauté religieuse. La différence étant que dans le chamanisme on ne peut pas choisir d’embrasser la fonction, ce sont les esprits qui choisissent.
  • Le chamanisme est une ‘religion’ de guérison : faux! Cette idée particulièrement répandue est une bonne vieille routine New Age qui fait de toute spiritualité un outil de développement individuel et de guérison. C’est une idée très fausse sur le religion et la spiritualité en soi, et ça l’est encore plus pour le chamanisme. Le chamanisme est bien plus que cela, il s’agit réellement de traiter avec les esprits, remplir des missions très précises ‘sur terre’, d’être un intermédiaire entre le monde commun et les autres mondes (des esprits)… le chaman peut guérir, et doit le faire à certains moments, ça fait partie de sa fonction. Mais ça n’est absolument l’essentiel, ni même le cœur de son travail.

La suite plus tard.

Guide Pratique du Chamanisme

My mistake ! Ca traînait dans mes fichiers mais j’avais complètement oublier de la poster…

  • Broché: 144 pages
  • Editeur : Véga (1 septembre 2003)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2858293570
  • ISBN-13: 978-2858293575
  • Prix : 19 euros (amazon)

Présentation de l’éditeur : Le Chamanisme est une tradition multi-millénaire. Il offre des moyens simples et efficaces de se connecter avec la magie de la terre. Il nous apprend à utiliser l’énergie naturelle du Cercle de Vie pour y puiser celle dont nous avons besoin. Illustré de magnifiques dessins chamaniques, cet ouvrage est un véritable guide sacré qui nous permettra de réaliser notre potentiel naturel et accéder à notre force intérieure. Restaurer son équilibre naturel et se connecter avec la Toile de Vie. Observer les rituels traditionnels fondés sur les traditions Peaux-Rouges, et autres sources chamaniques. Utiliser la Roue Médecine, établir une relation avec les esprits alliés et les animaux totems Accomplir des rituels, des exercices, des célébrations, des oracles

Sommaire:

Introduction
CHAPITRE PREMIER: La merveilleuse Toile de Vie
CHAPITRE DEUX: Les Elements
CHAPITRE TROIS: Le monde du Chaman
CHAPITRE QUATRE: Santé de l’Ame
CHAPITRE CINQ: Amour et Relations
CHAPITRE SIX: Espaces et Vies Domestiques
CHAPITRE SEPT: Espaces et Vies Extérieures
CHAPITRE HUIT: Célébrer le Vie
Index
Remerciement

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, je crois que malgré tout ce qu’on en dit, je le trouve… excellent. Ecrit par un praticien respectueux, avec une vraie philosophie de vie, une langue claire, un survol vraiment complet du chamanisme pratique. Contrairement à ce que certains croiraient, ça n’est pas New Age, cela présente une vraie pratique équilibrée du chamanisme ! (à tendance amérindienne) Il s’agit bien d’un guide pratique pas à pas et non d’un historique. Il est assez modeste de contenu, et pourtant avec son format et sa clarté il contient toutes les informations principales, toutes les bases, à la fois d’exercices et d’informations. Cela vous mettra donc tout à fait sur la voie. Par exemple, Le rituel de la Chambre des Pierres est très bien décrit et impressionnant. Je connaissais déjà, mais j’ai pu y retrouver quelque chose « en plus », parce qu’il n’y a pas que le côté technique mais aussi le côté symbolique (les croyances).  En fait, ce livre est une sorte de concentré de l’esprit chamanique, que j’ai apprécié de sentir suinter. Il y en a pour tous les niveaux, une sorte de progression et de bonnes classifications pour les débutants (excellente structure). En plus le tout est magnifiquement illustré par l’auteur ! Le papier est de bonne qualité, épais et glacé, les images bien imprimées, et le format s’y prête, donc on en profite vraiment. Les illustrations sont parfaitement adaptées au contenu, bien mises en page… Les dessins sont « simples », mais colorés, joyeux, et puissants par leur symbolique, j’ai été très touchée. On prend connaissance petit à petit des différentes domaines : le minéral, le végétal, l’animal, le spirituel, … Des petites pratiques simples sont données pour se relier à la Terre, faire des transferts d’énergies, créer des outils, des kits de fumigation, … De la théorie et de la pratique ! Si vous êtes novices, c’est pour vous, et même si vous ne vous intéressez que de loin, c’est intéressant : ceux qui ont déjà beaucoup de connaissances et d’expériences pourront tout de même apprécier d’y revenir. Peut-être qu’il vous faut mieux l’emprunter, si je prix vous rebute, je ne sais pas. Il est vrai que le prix est « élevé », mais par rapport à d’autres livres plein de bêtises… au même prix, je préfère de loin celui-ci. Aussi il faut quand même regarder la facture : beau papier glacé, belles illustrations en couleur, belle mise en page, contenu satisfaisant, et grand format même si le livre est fin.
=> Le seul bémol, j’avais trouvé des dires comme quoi la traduction comporte des fautes ou des erreurs… Ça ne se sent pas forcément, et je n’ai pas eu la possibilité de comparer (j’ai vendu mon exemplaire français). Au pire, étant donné le niveau de langue (simple), il vaut mieux se diriger vers l’exemplaire original ! Moins cher d’ailleurs, car y a pas le coût de la traduction ; et puis plus parlant au niveau du langage de l’auteur.

Voici le lien vers une autre critique, et des images : http://asherah.canalblog.com/archives/2007/12/01/7084736.html

La Magie Animale II, nature et des statuts des animaux rencontrés

=> De la nature et des statuts des animaux rencontrés en magie animale

 

 

Magie animale, une multiplicité de concepts

Comme évoqué dans l’introduction, la partie la plus connue de la magie animale est celle qui concerne le travail avec les animaux totems. Cependant, si les totems sont nos alliés principaux et nous accompagne la majeure partie du temps, cela ne représente qu’une petite partie du travail très complet qu’est la ‘magie animale’ (expression empruntée à Lyra, pour désigner le travail chamanique et sorcier avec les animaux). En effet, on a vu qu’il s’agit de pouvoir travailler avec n’importe quel animal et d’apprendre de lui, or au niveau des « noms », des repères, il existe aussi de multiples « catégories » ou « étiquettes » comme celle de  « totem » : les familiers, les guides, les alliés, … En réalité je pense que vous avez déjà croisé tous ces termes, mais vous n’y avez pas forcément fait attention, et vous ne les avez pas reliés à la magie animale. Pour vous tenter de vous dresser un tableau plus clair, je vais ici donner quelques définitions, ou plutôt une certaine vision de ces types d’animaux. Mais il faut que vous soyez conscients que ça n’est pas une vérité absolue : cela change en réalité presque selon chaque praticien, ses croyances etc. Et il est d’ailleurs généralement très difficile de mettre en mots le lien qui nous unie à tel ou tel type d’animal. C’est quelque chose de très profond qui se ressent, parfois difficilement d’ailleurs, et qui est donc d’autant plus complexe à expliquer.

Petit lexique

Familier : j’espère que certains lecteurs parmi vous commenteront ce point, car il ne me correspond pas. C’est un exemple parfois de spécificité des praticiens, personnellement, je ne crois pas en les familiers (du moins, il faudrait que je refasse des recherches pour le confirmer).

Allié : Il y a plusieurs types d’alliés. Soit il est choisi, soit il est désigné. Il arrive que le praticien ait besoin d’aide pour effectuer une certaine tâche, et qu’il parte à la recherche d’un animal de pouvoir, et il peut décider de choisir un animal (mais encore faut-il que celui-ci accepte ;)). Sinon la plupart du temps, il se montre de lui-même, arrive à un moment clé de votre cheminement. Son but est de remplir une certaine « mission », vous aider, vous guider dans un domaine précis (ex : entrer en contact avec d’autres animaux), qui ne correspond pas à votre animal totem. Il vous accompagne sur une durée plus ou moins longue, parfois ou même souvent toute la vie, aux côtés de votre totem. C’est un animal avec lequel vous avez de vraies affinités. Nota : on l’appelle aussi auxiliaire ou animal de pouvoir (j’aime plutôt réserver le dernier pour le totem par exemple).

Guide : contrairement à l’animal allié, le guide ne peut être choisi. C’est un esprit qui décide de vous venir en aide dans votre cheminement. Souvent sa fonction est très précise, comme par exemple pour dépasser une peur ou un blocage, d’où son nom de « guide ». Aussi, contrairement à l’allié, quand il a rempli sa mission il se retire. Ce n’est pas le même type de mission, c’est plus souvent un apprentissage à délivrer, une étape à faire passer (alors que l’allié se propose comme auxiliaire dans un travail récurrent).

Messager : l’animal messager est encore plus furtif que le guide. Il apparaît soudainement et très brièvement pour délivrer un message, comme son nom l’indique. Il n’est pas là pour vous aider à le décoder et à le mettre en pratique, juste à vous donner l’information. Elle peut venir d’une ou plusieurs divinités, ou des Esprits.

Pour moi ce sont les 4 principaux, et le 5e le plus important mérite d’être abordé à part : le totem.

Le poids des animaux totems

Je rédige ici des explications à part pour les totems, car effectivement c’est le point le plus connu et le plus profond en ‘magie animale’. Mais je le fais aussi parce que je pense qu’on ne soupçonne peut-être pas assez la profondeur du lien, et je vais essayer de détailler un peu.

Et je vais tenter de dresser un portrait rapide mais plus « complet » si possible.

On prend cela souvent à la légère, parce que cela fait « bien » d’avoir un animal totem et que tout le monde est censé en avoir un. Il y a clairement eu un très grand effet de mode, car dès mon arrivée dans le milieu je voyais fleurir partout des soi-disant méthodes pour trouver son animal (et ce du premier coup comme par magie) alors même qu’on ne connaissait rien à la tradition ou au principe. J’ai toujours été étonné de voir les gens courir dans cette voie comme si c’était particulièrement nécessaire etc. Une sorte d’instinct grégaire. Personnellement, j’ai donc attendu un bon bout de temps avant de lire les méthodes sérieusement et de songer à me lancer. Et justement, je n’ai jamais eu de résultat au départ. Aujourd’hui je me dis vraiment : heureusement. Car je trouve que cela aurait ôté toute la « magie » du phénomène : d’avoir simplement fini par suivre le mouvement, d’avoir eu un résultat alors que je n’avais pas une réelle connaissance des coutumes et des implications, avoir un animal totem sans savoir ce que cela représente réellement… ça n’aurait pas été mérité, ça aurait manqué de respect quelque part. Probablement en plus que je n’étais pas prête.

Tout le monde a un animal totem je pense, mais le trouver se mérite, et apprendre à faire sa connaissance encore plus. Il y a une grosse différence entre en avoir un, et travailler avec lui.

Mais rentrons dans le vif du sujet.

De façon la plus classique, un totem est censé être un animal que l’on « obtient » à la naissance. Par contre, oubliez par contre les tables de correspondance tel mois, tel animal, c’est une grande aberration New Age. Le processus est bien trop complexe et unique pour qu’on puisse déterminer ainsi. Votre animal totem personnel et unique se trouve par un long processus « initiatique ». Telle que j’imagine la chose, le totem est un animal qui se désigne, et/ou qui est désigné par les Esprits au moment de votre naissance, pour vous accompagner toute votre vie. Cet animal sera souvent ambigu : à la fois vous-mêmes entièrement, en fusion, et une partie de vous-même comme une extension, un membre, même si le plus souvent vous aurez plus de facilité à vous adresser à lui en le considérant comme une entité bien distincte.

Il est censé vraiment vous correspondre : il est vos forces, vos faiblesses, votre caractère… Vous pouvez vous y identifier pour tout ce qui ressemble, mais aussi tout ce que vous n’êtes pas : soit parce que vous ne reconnaissez simplement pas, soit parce que lui est entier alors que vous vous avez encore des choses à apprendre. Il a aussi ce rôle d’équilibre, est vous est complémentaire. Au départ il y aura toujours des facettes qui ne sont pas, mais elles sont appelées à devenir vous. Et justement, pour toutes ces raisons, il ne sera jamais comme un autre animal. Par exemple, même si vous aimez les chats, que vous vivez avec les chats, ils ne seront pas forcément ce que vous êtes au plus profond de vous-même, et donc ils ne seront pas votre totem. A côté de ce que vous aimez, même très fort, il y aura toujours ce qui parle à votre âme, ce qui vous fait vibrer. L’animal totem doit se présenter, avec le temps, par l’étude, comme une évidence, comme quelque chose qui est logique et qui ne peut pas être autrement. C’est votre âme qui vibre, c’est au fond de vous un sentiment très intime et très profond de reconnaissance. Une relation étroite, intime donc, qui ne ressemble à rien d’autre.

A côté de la question de l’identité, l’animal totem sera aussi l’esprit qui ne vous quitte jamais, qui vous accompagne dans les grandes étapes de votre vie et votre spiritualité. C’est un guide perpétuel, qui ne délivre pas qu’un seul type d’enseignement mais qui vise à la connaissance et à l’élévation globale de votre être. Il sera là pour tout : vous soutenir, vous apprendre, vous guider… Les amérindiens ont cette belle expression si difficile à traduire en français : le totem est une partie de votre « médecine ». C’est-à-dire qu’il correspond à une partie de votre mission fondamentale, de votre magie. Et c’est là que commence l’étude la plus délicate de votre animal. Il faut aller à sa rencontre pour chercher à quoi il correspond, afin de progresser dans la connaissance de vous-même. Si le mot médecine ne vous parle pas, voici des exemples : si vous tombez sur un animal comme le dauphin, la baleine, ou un oiseau chanteur (merle, mésange), vous aurez bien des choses à explorer avec le son, le chant, la communication.

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