Meme polythéiste, question 1

Pour rappel : voici la liste des questions créée par Galina Krasskova, et mon index pour le MEME. Et notre première piste de réflexion :

« What wealth have the divinities brought into your life? »

Autrement dit,
quelle richesse/abondance ont apporté les Dieux dans votre vie ?

Pour répondre à ce genre de question, la première difficulté (pour moi tout est difficile lol, de me creuser les méninges sur un tel sujet, aussi vaste, aussi personnel, c’est délicat) c’est de définir le terme « wealth ». S’agit-il d’une richesse uniquement matérielle, ou bien est-ce que cela va au-delà ? C’est tout la complexité de Feoh… Je vais avoir du mal à structurer mon post, ça sera plutôt un enchaînement d’idées qui me sont venues à partir d’exemples, et pas proprement chaque versant de la définition.

[Nota : cet article, même s’il n’est pas très fouillé, englobe des problématiques particulièrement vastes. Je mets donc ici une série de mots clés, vu que le titre et même la question posée ne sont pas assez explicites :

donner-recevoir, don, offrande, travail sur soi, travail sombre, rapport à l’argent, rapport à la consommation, accepter sa valeur, savoir dire non, avoir la foi, lâcher prise,  …  

Attention pavé ! (Et je suis navrée, mais c’était tellement ardu que je ne me suis pas relue du coup)]

La  chose qui m’apparaît en premier à l’esprit quand je réfléchis à cette question, c’est le cycle du donner-recevoir, que l’on appelle parfois entre « nordisants » le cycle de gebo. C’est quelque chose que j’ai toujours eu du mal à faire, pour des raisons tellement nombreuses que ça serait ardu de l’expliquer ici. C’est familial, puis personnel, le développement au cours de mon enfance : comment donner de la valeur à une chose, qu’elle soit chiffrée ou non, l’importance qu’on lui donne ; quelle valeur s’accorder-t-on à soi-même, et donc comment mesure-t-on le temps et l’énergie qu’on donne aux autres ; pourquoi toujours donner, se mettre en dernière position, et ne jamais recevoir  ; etc. C’est un domaine bien vaste, qui comprend à la fois un travail que j’ai fait sur moi-même, pour savoir dire non, pour savoir ne pas encourager certaines personnes à devenir dépendantes de moi quand ça va mal, savoir dire non pour les tirages, accepter de passer en semi-professionnel dans ce milieu, reconnaître que c’est un art que je pratique et qu’il vaut quelque chose, apprécier la beauté du monde, les créations artisanes et encourager les gens qui souhaitent en faire leur métier. Acheter des tableaux, des originaux, des bijoux, des huiles magiques, acheter un service magique, etc. Il s’agit à la fois d’encourager ces gens, de leur montrer la valeur de leur travail, de reconnaître aussi la valeur professionnel de ces gens qui ont dévoué leur vie à leur art, et qui font ça beaucoup mieux que moi, etc. Accepter de donner plus parce  qu’il y a une grande valeur dans ces créations. Accepter de recevoir des remerciements aussi, et surtout, un gros travail sur l’acceptation des compliments qu’on me fait, de ce que certaines personnes veulent me donner en échange de mes services, ou pour montrer leur satisfaction… Donner-recevoir, être dans un cycle juste d’équilibre, c’est quelque chose qui était extrêmement difficile pour moi, que je n’arrivais vraiment pas à concevoir et qui m’angoissait. La présence des Dieux (et les Esprits), le travail régulier avec eux, je te donne quelque chose si tu me fais une offrande, je te donne quelque chose si tu arrives à avoir juste confiance et à laisser faire, tout cela progressivement a réussi à m’aider à me transformer. Cela m’a donné des exemples concrets, j’ai appris sur moi-même et j’ai pu dépasser certaines incompréhensions et certains blocages. Et rien que sur ce cycle, que je relie à l’abondance, il y aurait beaucoup plus à dire. C’est le fait d’avoir une place dans le flux, et d’entretenir ce flux en continue, en laissant circuler la matière, la richesse, l’énergie, pour qu’elle puisse ensuite revenir.

Or justement, cela est aussi vrai sur le plan matériel. Ca serait assez fastidieux d’expliquer en quoi les Esprits et les Dieux à un certain moment ont envahi tous les domaines de notre vie pratiquement, et donc en quoi ils jouent sur le quotidien, y compris des choses très triviales. Mais cette histoire de donner-recevoir, je l’expérimente aussi dans mon travail, qui comporte une part d’aléatoire. Je suis temporairement un professeur à domicile, qui navigue justement sur un flux de demandes ou d’absence de demandes. Je suis soumise à énormément d’aléas : les vacances, les maladies, les jours fériés… si bien que je n’ai jamais un revenu fixe, et que chaque session peut être déplacée ou annulée. C’est quelque chose de réellement « fluide » et organique, qui se ressent presque physiquement. J’apprends à naviguer avec l’imprévu, quelque chose qui m’aurait été insupportable avant, mais qui est très formateur. Et les Dieux se sont emparés de ce cadre comme d’un terrain d’apprentissage.

Chaque nouvelle configuration est l’occasion d’une nouvelle expérimentation : vas-tu accepter cette nouvelle proposition qui te demande de te réadapter et de ne pas dormir sur tes lauriers ? Vas-tu accepter de refuser telle famille pour te faire respecter car ils se sont mal comportés avec toi ? As-tu assez confiance pour la refuser, et attendre qu’une autre arrive ? Et quand j’écoute, quand je suis les pistes, j’obtiens quelque chose au bout. C’est ce système de lâcher prise, ce saut dans le vide sans parachute, qui montre la confiance que j’ai, et qui finit par me faire rebondir. Tiens, ma supérieure m’appelle pour me proposer 2 nouveaux cours alors qu’on est en pleine période creuse / de crise. Tiens, j’ai une ancienne élève qui n’avait pas repris de cours depuis un an qui a soudainement appelé et qui m’a demandé spécifiquement de lui redonner des cours. Tiens, une mère d’élève me demande si je ne pourrais pas donner ponctuellement des cours de méthodes au grand frère pour consolider son français. etc. Des choses qui statistiquement sont peu probables, qui étaient en dehors du radar. Comme c’est une situation d’apprentissage, quand je fais ce qu’Ils veulent, j’obtiens quelque chose pour me montrer que c’était la bonne chose à faire.

L’autre versant de cet apport matériel direct des Dieux entre dans le cadre du cycle de circulation donner-recevoir. Bien que cela ne soit peut-être pas toujours vrai, Ils m’ont appris cette année quelque chose de « magiquement » capital : si tu souhaites créer de la richesse, tu dois verser un premier apport. Cela c’est vérifié pour moi-même, mais aussi pour une amie pour qui j’ai effectué un rituel. Du coup, bien que je n’ai pas encore gagné mes repères sur ce terrain, je suis à la recherche d’un équilibre pour redistribuer ce que je gagne. C’est très important, pourtant c’est aussi très perturbant pour moi. Cette histoire de cours en plus à obtenir, ou pour être sûre que les parents reportent un cours au lieu de tout simplement l’annuler (ce ne sont que des exemples)… je dois faire en sorte d’avoir été généreuse, et en plus de cela travailler la confiance et la foi. J’ai été élevée dans la peur de manquer malgré notre situation confortable, et donc j’ai en moi une constante culpabilité quand je dépense (ce qu’on me donne, et même ce que je gagne). Je suis toujours partagée entre ne rien dépenser du tout, viittteeee tout épargner sur mon livret, et le fait de me faire plaisir (sans excès). Je possède aussi la peur inverse : celle de faire achats compulsifs. Il y a des astuces comme se donner des délais, laisser du temps passer pour être sûr qu’on veut quelque chose, dresser une liste de priorités, dresser une liste des utilités des choses que l’on désire, etc. Mais ça ne suffit pas toujours, quand on a hérité d’un schéma qui nous traîne toujours dans la tête, et qui pollue notre pensée de façon irrationnelle.Une de mes peurs est d’être attirée par ce qui brille et d’amasser, amasser, comme un nain avide, ou comme les dragons tolkienniens. Parce que la société aussi a tendance à projeter ça sur nous, le paradoxe du nous faire consommer des choses inutiles, et en même temps de nous faire culpabiliser de nos achats.

Seulement voilà, j’essaie d’être indulgente avec moi-même et de me dire que ça s’apprend. Surtout que j’ai hérité de la peur de manquer ET de la folie dépensière. Ce que j’apprends aussi, c’est à écouter les Dieux (et les Esprits), et eux me disent ce qui juste. Or justement, on m’a montré que je ne devais pas tout économiser mais que je devais faire circuler mon argent, pour ne pas étouffer et qu’il puisse revenir. Apprendre que je ne suis pas aux commandes, que je dois lâcher complètement. Redistribuer sans cesse, chaque acte étant comme une preuve de fois renouvelée (et qui peut-être m’apportera un retour). Il est important de noter qu’il y a une logique d’ailleurs ; il ne s’agit pas du tout d’acheter tout et n’importe quoi. Il s’agit de redistribuer à ceux qui manquent, à des artistes en difficulté, à des artistes tout court (la vie d’artiste/créateur EST difficile professionnellement), encourager les amis qui se lancent dans la création, … et surtout, acheter des choses pour les Dieux et les Esprits, pour la pratique. Et ça, on ne s’en rend pas compte parce que cela s’installe très progressivement dans notre vie, et du coup on ne le voit pas venir. Mais en fait, toutes les dépenses peuvent être passées en revue par les Dieux/Esprits, et une bonne partie peut être demandée. Le problème c’est de savoir où est la limite… Mais récemment je me suis rendue compte de plusieurs choses fondamentales :

A) Ce que je dépense est majoritairement spirituel, et ça m’a même étonnée de ne pas m’en être rendue compte jusqu’ici. Des huiles, des choses pour pratiquer, encourager des artisans spirituels, des bijoux, … En fait, la majeure partie de ce que j’achète a été demandé par les Dieux, et se retrouve être dédiée à eux sur mes autels et dans ma pratique. Les objets « neutres » du quotidien disparaissent progressivement. Même une tasse thé récemment a été en fait achetée dans cette optique. J’ai juste su qu’il fallait que je l’achète, et que ça n’était pas qu’une tasse à thé.

B) Il y a donc une énorme peur d’être une dépensière finie qui ne sait pas faire des économies, une cigale en règle qui cherche à justifier ses achats par des fausses causes spirituelles. Mais en fait, quand j’ai essayé d’y réfléchir et d’établir une typologie, je me suis rendue compte qu’un schéma se répétait : les envies ne sont pas exactement de la même nature quand il s’agit de moi, et d’eux. Le problème, c’est que l’envie qui vient d’eux semble irrationnelle car elle est extérieure à moi, je ne l’exprime pas, et elle est tellement pressante que c’est douloureux, c’est obsédant jusqu’à ce que l’objet en question ait été acheté. Mais justement, quand il s’agit d’une envie personnelle, je peux lutter. Je n’y pense pas toute la journée, je n’ai pas l’image de l’objet imprimé sur ma rétine comme avec trop de soleil, pendant 24h. Contrairement aux clichés parfois répandus, ou aux impressions données par les blogs, Ils ne nous parlent pas constamment; du coup pour ma part, jusqu’ici je ne m’étais pas rendue compte que c’était quelque chose qu’Ils demandaient, car je n’avais pas fait le lien entre ces envies tombées de nulle part, et eux. Et avec le temps qui passe, quand j’observe certaines choses qui me faisaient envie autrefois (comme des cartes), la folie-obsessionnelle est vraiment derrière moi. A l’intérieur plus rien ne résonne, rien n’est attisé, je ne ressens rien, aucune envie. Comme si j’étais une autre personne.

C) La dernière chose qui m’a énormément surpris lorsque je l’ai comprise, c’est la valeur intrinsèque de ces achats spéciaux. Contrairement à ce que me faisait penser ma peur, ils sont très précieux. D’une part parce que les Dieux (et les Esprits) méritent qu’une partie de ce que je gagne soit distribuée en leur nom, ou utiliser pour leur acheter des objets, mais d’autre part, surtout parce qu’ils ont la valeur du sacrifice. Et ça, c’est une notion toute nouvelle pour moi. La pratique polythéiste reconnaît donc les Dieux comme réels et distincts, dignes des honneurs et du culte. Pour ce faire, il est nécessaire de pratiquer des offrandes et des sacrifice, qui traditionnellement sont composés de denrées périssables : des liquides et de la nourriture. Pour ma part, j’offre de l’eau et du lait régulièrement (et de temps en temps de l’alcool précieux à mes yeux), toutes les semaines pour l’instant, car je n’arrive pas à « tenir » tous les jours (problème de discipline mais surtout de « fonctionnement personnel », que je voudrais aborder dans un autre article à venir) et qu’offrir de la nourriture ne me parle pas (même si à certains repas typiques, j’offre une part de mon assiette, ou un fruit ; en fait ça dépend, notamment quand je vais sacrifier en extérieur c’est plus facile d’emporter des graines ou de la nourriture ; j’offre aussi parfois du miel ; c’est complexe). Mais en fait, j’ai été rappelée à la base : comme dans toute pratique spirituelle, il n’y a pas de modèle unique, chacun a ses propres codes. Et les Dieux viennent de me montrer le mien. La définition du don, de l’offrande, et du sacrifice (les trois devant être différencier, ça mériterait un article entier), est bien de donner quelque chose de valeur, qui nous coûte. Or précisément, ces achats étranges me coûtent énormément. Ils sont toujours une énorme phase de doute, de montée d’irrationnel qui me fait peur, un problème de culpabilité, une réflexion familiale… En fait, ils me font toujours souffrir. Or précisément, se confronter à chaque fois à mes peurs profondes et à mes doutes, c’est un sacrifice. C’est quelque chose qui a donc beaucoup plus de valeur que de sacrifier de la nourriture que j’aurais faite.

Je reviens un tout petit peu en arrière pour préciser que déjà, étant donné le repli intérieur dans lequel je me trouvais il y a quelques années, être allée travailler de façon légale et non à mon compte, c’était un grand pas. Les Dieux m’ont fait passer ce cap matériel : passer mes blocages, mes peurs, et m’assumer. C’était assez peu important en proportion au départ, de façon à me faire travailler d’abord sur moi. Et dès que les choses ont commencé à bouger pour moi, en terme de confiance, j’ai pu augmenter le rythme et le volume, et donc gagner plus. J’ai pu oser accepter des opportunités qui demandaient plus de compétence, oser dire « oui » au téléphone quand dans ma tête mon ombre était terrifiée et criait « non », criait que je n’étais pas capable, qu’elle avait peur. C’est une richesse qui est à la fois personnelle, pour tout ce que cela m’a permis de débloquer émotionnellement, pour tout ce que cela m’apprend sur l’humain et sur l’enseignement, et aussi une richesse matérielle. On m’a demandé de m’assumer progressivement. Et aussi, cela m’a donc appris à comprendre mieux le cycle de donner-recevoir, la valeur de mon temps passé à donner les cours, et la valeur à accorder à toutes les connaissances que j’ai acquises et que je remets à jour. Que pour gagner sa vie, il faut y passer du temps. Attention, je veux dire, c’est entièrement logique hein, mais l’idée c’est plus de le ressentir à l’intérieur de soi, travailler, toucher son argent à la fin du mois, de l’intérieur. Ca peut paraître bizarre, mais depuis que je suis petite il y a des choses que, même si elles sont logiques, je n’arrive pas à concevoir, parce que c’est trop abstrait pour moi et que ça ne me touche pas. J’ai besoin d’en faire l’expérience, et de façon vraiment répétée pour pouvoir l’intégrer (l’argent c’était virtuel, je ne comprenais pas, parce qu’on ne le touche jamais dans sa main, parce que c’est différé dans le temps, c’est difficile à expliquer). Or justement, avec les barrières émotionnelles que j’avais (notamment, les exemples clichés que je n’avais aucune valeur et que je n’étais bonne à rien, parce qu’on m’a répété ça beaucoup dans mon enfance), je n’avais pas pu me lancer dans le monde du travail. Il a vraiment fallu trouver une discipline où je savais que je pouvais donner quelque chose, et vraiment longuement travailler sur moi (les Dieux l’ont fait) pour que je sorte de mon carcan et que je guérisse sur certains points.

De plus, après m’avoir appris ce qu’était l’argent et le travail, et m’avoir fait accepter ma valeur, et que tout travail mérite salaire, les Dieux ont travaillé à me faire comprendre qu’on peut travailler dans un domaine qui nous plaît, qu’on peut avoir des rêves et des projets. Les portes de l’indépendance financière ont été dessinées petit à petit : tu peux cumuler plusieurs travails pour gagner ta vie, être un peu prof, faire tes tirages, concevoir doucement tes travaux d’écriture. Tu peux avoir un emploi du temps et des activités qui ne ressemblent à personne d’autres, qui sont très souples et déplaçables, qui ne sont pas « typiques », qui ne sont pas « courantes ». Tu peux considérer qu’écrire est un métier. Tu peux considérer que ta voyance est rigoureuse et que c’est un art, et que tu as le droit d’être payée pour ça. Tu peux avoir plusieurs casquettes, pourquoi ça poserait un problème ? etc. Suis-tes penchants naturels… puisqu’ils sont naturels, pourquoi lutter contre ? Pourquoi seraient-ils « anormaux » ?

***

En conclusion, si l’on se demande de façon plus générale ce que les Dieux m’ont apporté et donné tout court, la liste ne se termine pas. Je suis désolée de me répéter, mais vous aurez vu que c’est complexe. C’est un travail humain : Emotionnellement, humainement parlant, socialement parlant, et professionnellement ; ils ont donné des tonnes d’opportunités, des expériences à faire, avec les élèves, avec le monde professionnel. Mais en fait, c’est beaucoup plus vaste : s’ils m’ont ouvert des portes dans le monde du travail, et aussi pour mes projets spirituels et personnels en cours, ils m’ont aussi apporté des amis pour former mon clan, des relations diverses, des groupes de pratique.

Une autre note conceptuelle très importante : Dans ma façon de voir, j’honore les Dieux d’abord parce qu’ils sont des Dieux et qu’ils le méritent, ensuite pour répondre à cette façon naturelle que j’ai de voir le monde (et d’expérimenter l’Invisible, donc de l’intégrer dans ma vie). Cependant, la réalité est qu’Ils nous le rendent, et qu’ils nous rendent « meilleurs ». Je ne fais pas des offrandes pour obtenir quelque chose, je fais des offrandes parce qu’ils le demandent, et la clé est de ne rien attendre en retour. Car c’est la définition de la foi, et c’est seulement (dans mon expérience) quand on a établi ce rapport de foi que les Dieux s’investissent dans notre vie et offrent les bénédictions. Seulement après ça, oui, Ils m’ont aidé à devenir moi. C’est comme un « effet collatéral », et non pas une recherche de développement personnel. Je n’ai pas cherché à devenir quelqu’un d’autre, mais seulement à devenir plus forte, pour dépasser mes « problèmes », m’assumer, et aller de l’avant. Faire éclore la personne que je suis et la faire rayonner. Et même si l’expression fera échos à d’autres domaines et à une autre religion, sonnant comme un cliché : c’est d’avoir la foi qui m’a procuré tout ceci.

 

Meme polythéiste, parler de notre vie dévotionnelle

Voici une série de questions créée et lancée par Galina Krasskova sur son blog. Une fois de plus, c’est très intéressant à lire chez les autres, mais se lancer pour en parler c’est bien, surtout chez nous les français. Etant donné que je m’attache presque essentiellement aux cartes ici, je me suis dit que ça serait rafraîchissant de suivre cette piste. Cela m’aidera à cadrer mes réponses là où jusqu’ici je ne peux plus écrire d’article sur ma pratique. Alors on va y aller très doucement, mais on va essayer ça.

1. What wealth have the divinities brought into your life?

2. What does your tradition do to increase the power and flow of blessings?

3. How have the divinities helped you in times of adversity and violent upheaval?

4. What are some of the ways that you communicate with the divinities?

5. If you could travel anywhere on pilgrimage where would it be and what would you do?

6. What does it feel like when one receives inspiration from the divinities?

7. What offerings do you make in your tradition and why?

8. What methods of inducing altered states of conscious does your tradition have?

9. How does your tradition handle wrathful, savage and destructive divinities?

10. Have you encountered any obstacles as a result of your religion?

11. What blocks to devotion have you had to overcome?

12. What sort of festivals, memorials or seasonal observances do you keep throughout the year?

13. Have you ever found it difficult to uphold your end of a bargain with the divinities?

14. What role does mystery play in your tradition?

15. What methods does your tradition employ for protection and the warding off of malign influences?

16. What devotional goals have you set for yourself?

17. What qualities should a leader in your tradition possess?

18. What does fertility mean to you?

19. How do you incorporate movement into your worship?

20. Does your religion help you to be a better human being?

21. Have you ever had dreams or visions sent by the divinities?

22. What customs are associated with the home and family in your tradition?

23. When did it first dawn on you that the divinities are real?

24. What have you inherited from your ancestors?

The Light of Winter

S’y remettre, tout doucement, un jour après l’autre. Suivre les humeurs, les envies, les couleurs qui s’imposent… quelqu’un voulait ça, je l’ai trouvé sur mon chemin. Y a rien de plus simple et de plus équilibrant qu’une prière pourtant. Alors on y va, doucement. Un coin à dégager, une fois par jour, ou deux, ou trois. On lâche pas.

Mois de Frigg 4, une rencontre un peu étrange

Je vais avoir du mal à figer en mois cette rencontre qui date un peu, et qui était très particulière…. Pour commencer, j’ai retrouvé ces vieilles notes dans mon journal :

« Au départ, malgré mon intense travail avec les runes, et mon amour pour la cosmogonie du nord, les Dieux étaient plus froids que la pierre, plus distants encore que les grandes figures égyptiennes. Je ne ressentais rien, je n’avais aucun contact. Une première étude du panthéon m’a simplement indiqué que les Dieux majeurs ne m’attiraient pas du tout (non non, ni Odin, no Thor etc), et plutôt quelques autres Dieux, dont Loki, et Frigg. C’était la seule qui me parlait vaguement…

Mais notre première vraie rencontre est arrivée fin Mai 2011. C’était vécu violemment bien qu’il n’y ait rien eu de la sorte. Mais c’était la puissance de la révélation qui m’a complètement clouée sur place. S’approcher : m’imbiber. …

D’abord la femme chaleureuse, l’amour filiale, la mère.

Puis le visage très froid, céleste, distant, la solitude, … »

Et effectivement, c’est intéressant de voir que le seul sentiment qui me reste je l’avais noté à l’époque la violence, et l’étrangeté. J’ai tenu à mettre ces notes aussi pour montrer que même si je passe (je suppose?) pour quelqu’un d’hyper connecté, et que oui je travaille avec moult Dieux et Déesses, j’ai aussi eu des difficultés, que tout ne roule pas tout seul. Lors du renouveau de ma pratique runique en 2007, avant même d’avoir tourné polythéiste dure (2009), j’ai frappé à la porte des dieux du nord très longtemps… en vain. Je n’ai reçu aucune réponse, j’en reparlais d’ailleurs sur mon forum sur le sujet il y a quelques mois : lorsqu’on étudie les runes, tout le monde nous bassine pour creuser du côté de la mythologie (j’approuve), mais aussi d’aller faire des offrandes à Odin, de travailler avec les Dieux etc. Ben non ! Oo En fait ça marche pas comme ça, moi jamais personne n’en a eu à faire que je fasse des offrandes ou pas, que je prie ou pas, etc. Niet. ET quand j’ai appelé : ôoooo grand moment de solitude dans l’univers ! L’écho de ma (douce?) voix perdu dans le lointain, et rien d’autre qui ne lui réponde. Bref.

Pourquoi je dis que ça a été violent ? Parce que ma rencontre avec Frigg a été complètement « hors norme » et déroutante. Je lisais peu à l’époque, de blogs anglais et autres. J’étais seule avec mon petit « UPG », et du coup, quand je l’ai sentie dans toute sa grandeur et que ça ne correspondait pas DU TOUT à ce que j’avais lu ailleurs, ben… j’ai eu le trouille. J’ai eu deux visages différents, mais bien complémentaires, et complexes. D’un côté, on nous parle de Frigg comme la boniche à tout faire et femme au foyer, finalement plutôt comme une déesse chiante et aigrie. De l’autre, on nous parle d’elle comme un sacré exemple à suivre, la maisonnée tout ça, ça peut être sympa. Et pourtant…. Je ne trouvais pas à l’époque. Or, un jour, c’est comme si le voile s’était levé. A mon grand dam, pour aucun autre Dieu du Nord lol, juste pour Frigg. Mais peu importe j’étais bien contente ! Seulement ce que j’ai vu m’a clouée sur place, et je ne comprenais rien, je ne savais pas encore me faire confiance à l’époque.

L’image que j’ai eu de Frigg ce jour là (et puis dans les semaines suivantes) c’était quelqu’un de vachement positif, une grande boule de chaleur qui « ondule », image que je me fais de la chaleur dégagée par des braises. C’était doux, ce n’était pas du tout la vieille femme qui vous court après avec un balais à la main parce que vous avez oublié d’enlever vos chaussures (même si elle peut être comme ça je crois). Non, j’ai vu derrière le visage de la femme au foyer habituel. J’ai vu la Mère, la mère de ses enfants, mais surtout en fait la Mère au sens large, de la maison, de la communauté. Car Fensalir c’est une sacrée ribambelle de peuple ! Et c’est comme la mère pour tout le monde… du moins j’ai eu un aperçu de ça. C’est elle qui est responsable de tout. Elle peut être chaleureuse, accueillante et bienveillante. Sauf que ça n’a pas duré longtemps. C’était comme une bulle, pour me montrer l’aspect sympa, loin de l’image d’une Déesse ennuyeuse, mais plutôt la profondeur des « sentiments » (énormes guillemets, là tout de suite je ne trouve pas d’autre mot). Et ensuite, je suis entrée dans une facette que je n’avais jamais lue jusqu’alors.

Ensuite je me suis retrouvée loin de tout. Loin du foyer (maison, pièce centrale), loin de l’âtre et sa chaleur, loin de l’activité… je me suis retrouvée seule, dans un grand vide. Tiens, maintenant que j’y pense, je crois que la première divinité qui m’a fait travailler avec le Vide Primordial c’est Frigg. J’ai ressorti une gigantesque énergie froide, et surtout le vide – une absence d’êtres, de « meubles », d’objets, de … tout. Et puis j’avais même du mal à distinguer quoique ce soit. Est-ce que c’était Frigg cette énergie là, ou autre chose ? J’avais fait le grand écart, on passait de la douce chaleur du feu à la glace. J’ai compris ensuite qu’il y avait deux énergies similaires : celle du vide, et celle de Frigg elle-même. J’ai nommé par la suite cet endroit (auquel j’avais voulu rendre hommage en créant un blog-blog avec ce nom, avant d’abandonner l’idée) « La Halle Céleste », parce que c’était ce qui s’approchait le plus de ce que j’ai vu et ressenti. On n’était plus dans la maison, et pourtant…. je n’en étais pas détachée non plus. Une extension sur un autre plan ? Y avait forcément un raccord…. mais je ne l’ai pas trouvé. Peut-être comme un sanctuaire astral, peut-être une porte cachée de Fensalir qui mène au Vide Primordial. En tout cas, c’était un endroit cosmique, un peu voûté, comme « construit » malgré tout (mais la matière de l’espace donne cette impression avec sa densité), sombre (paysage de nuit?) et glaçant. Et là…. je sentais un lieu hors du temps (et presque de l’espace, au sens de l’espace / plan commun), où peut-être tout était possible. Probablement que les énergies que j’avais représentées dans mon mandala étaient plutôt liées à cet endroit-là. Et c’est là que je vis / sentis Frigg. Parfois elle était complètement dématérialisée, mais son énergie remplissait le lieu, parfois elle était là. Et c’est là que je la voyais filer.

C’est pour cela que le premier tout petit article que j’avais écrit, j’avais choisi de parler du filage. Car c’était ça que j’avais vu, à cet endroit, et qui faisait le lien entre la maison et la halle céleste. Aussi parce qu’il m’avait semblé que finalement, on n’oubliait toujours cet aspect immatériel du filage de Frigg : le filage du wyrd, et des âmes. Elle m’a parlé de mon 3e oeil et de voyance. Elle m’a rappelée que souvent quand je m’ouvre c’est ce genre d’endroit que je vois, que je passe souvent par le vide comme lieu « médian » et recevoir des informations de voyance. Elle m’a parlé d’apprendre à contrôler tout ceci… et de l’ingratitude et de la dureté de la tâche. Elle était seule ici, ignorée, oubliée, isolée en tout cas. Un aspect pas vraiment joyeux ni chaleureux, que tout le monde préfère laisser de côté. Et que oui, la voyance, déchiffrer le wyrd (la « Spakona » dans la culture nordique), c’était plutôt pas marrant…

Le reste demeurera des mes grimoires. Mais voici pour un aperçu d’une rencontre pas comme les autres, déroutantes et pas super joyeuse…

Mois de Frigg 3, la Tisseuse

Un vieil article de mes archives pour un défunt shrine à Frigg. Ca me fait bizarre de le relire, car j’ai énormément avancé depuis… Le ton, la vision, ça résonne loin de là où j’en suis aujourd’hui. Finalement une assez belle illustration de ce que peut être le début d’un travail avec une divinité inconnue alors.

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LA TISSEUSE

Ce visage de Frigg est globalement très connu, mais peut-être pas dans tous les détails car c’est très complet en réalité. Je fais donc un condensé de ce que j’ai lu.

Une des images les plus connues de Frigg et que j’ai postée ici-même la représente comme étant en train de tisser les nuages. C’est à la fois un travail concret, puisque les nuages sont des éléments physiques si on veut, mais aussi une très belle métaphore du travail de Frigg.

Le Tissage Manuel, Artisanal

Premièrement, Frigg est une divinité féminine, qui travaille manuellement et représente la condition féminine en général. C’est une “femme au foyer”, une vraie maîtresse de maison qui est à toute les tâches, la mère, la cuisinière, la tenancière, la couturière… Elle est une sorte de patronne des fileuses et des tisseuses. J’ai lu quelque part (je dois retrouver où) que dans le nord, les femmes pouvaient avoir une petite activité manuelle de tissage pour se faire des revenus. Par là, Frigg est patronne de l’indépendance des femmes, et tout simplement de tous les travaux de la maison.

D’après les récits que j’ai récoltés de nordisants, elle est vraiment une sorte de Muse de la couture/tissage/crochet, et aussi une sorte d’initiatrice (enseignante) dans ce domaine. Tout travail du fil peut permettre une connexion intense à cette Déesse, et de belles méditations.

Le Tissage Métaphorique, Spirituel

Un autre aspect assez mystérieux en soi bien qu’on ait quelques informations dans les textes nordiques. Frigg est celle qui file les fils du Destin, et donc elle connaît toute vie, toute âme, passé, présent et futur. Son/ses fils sont en fait apporté(s) aux Nornes, qui elles font la tapisserie et/ou le(s) manipule(nt). Elle, Frigg, ne manipule rien, elle procède à l’étape préliminaire qui consiste à transformer la matière première en fils, qui eux seront destinés à être tissés. Etape qui concerne ensuite les Nornes. Je dois encore chercher plus précisément dans les textes. C’est donc une Déesse qui connaît toutes les trajectoires des gens.

A côté de cela, mais je n’ai pas bien compris dans quelle mesure c’est lié, elle est une grand déesse prophétique respectée par les Ases. Probablement parce qu’elle connaît les fils de toutes choses vivantes… elle serait alors omnisciente.

Trésors de voyage et spiritualité « passive »

Être en voyage et essayer de « penser à autre chose », même si techniquement la vie spirituelle et la vie profane ne font qu’une, ralentir le rythme, être hors de chez soi et donc sans ses autels et outils, n’avoir plus de repère, plus d’attaches…. C’est une configuration qui aide grandement à relativiser, à se « couper » un peu. Parfois ça me fait du bien de juste laisser tout cela « en attente ». C’est à dire, laisser les « grosses » pratiques de côté, pour être plus simplement dans le présent, et me contenter des petites choses.

La spiritualité « passive » pour moi, c’est penser à autre chose mais rester ouvert, et suivre les cailloux. Une corneille qui passe et qui fait un raffut d’enfer ; une essence d’arbre que je vois rarement d’habitude, ramasser une feuille ; découvrir des sentiers sympas dans de nouvelles villes ; regarder les rayons de librairie et trouver des titres qui font étrangement « tilt » ; rattraper de vieilles lectures ; etc etc….

Un exemple ici, en deux jours de temps, j’ai trouvé plein de trésors. La beauté d’instagram aussi, c’est malgré mon tel mauvais, je peux partager les merveilles rapidement. Rien que ça, un truc inattendu : une statuette de Ganesh sublime au musée Lalique. What ? Au milieu des bijoux, des boîtes de parfum, des trucs très… français, et éventuellement grecs (il avait une grande culture classique ce monsieur), la tête de ce dieu hindou. Avec qui j’ai BEAUCOUP travaillé les deux derniers mois. Dans un rayon lumineux, et la pureté du cristal, lignes épurées. Juste *_* Rigolo de se sentir « accrochée », après plusieurs mois « à sens unique ». Car oui, les écoutilles ne sont pas ouvertes pour tous les dieux pareillement, et régulièrement je travaille à l’aveugle (allusion à l’opposition stupide quand trop stricte « lay pagans » / « spirit-workers »).

Puis le lendemain, une journée tranquille avec un copain. Au détour d’ne balade dans une librairie, je trouve au hasard un livre sur les mandalas que je n’avais encore jamais vu. Je retombe sur la bibliographie de Jodorowski que je voulais aborder depuis longtemps mais je n’avais pas franchi le pas, et je me décide à en prendre un recommandé pour « mon cas ».

Et puis surtout, surtout… je fais une brocante dans une petite campagne alsacienne, et je trouve des merveilles. Mais vraiment. Un exemplaire relié en superbe état des Liaisons dangereuses, avec illustrations. Et au détour d’étales, il y a beaucoup de vaisselle quoiqu’on en dise. Or que vois-je ? Outre pleine de vieilleries dont je suis fan, je tombe sur THE objet auquel j’ai souvent pensé, mais que je n’ai jamais trouvé, et sur internet ça coûte une blinde, etc. Je n’étais pas sûre de moi jusqu’ici, je me disais « tu ne t’en serviras pas de toute façon »… Et bien si. On l’a mis sur ma route, et ça n’est pas pour rien, une fois de plus. Et à ce prix là, de toute façon, on ne réfléchit pas. Un magnifique « vase » grec miniature, pour faire office d’ancrage énergétique pour mes guides grecs. Je ne suis pas fan des représentations figuratives en fait, des dessins, des statues etc. Je préfère un objet qui va subtilement infuser l’énergie de X. Et là c’était bingo. Pour vous donner une idée, c’est exactement comme quand je tire les cartes : tout d’un coup il n’y a plus qu’une seule chose qui existe dans mon champ de vision ou sur ma rétine, comme si c’était lumineux. Et ça, c’est un signe qui ne trompe pas. Ca a pris 10 secondes, je fais signe à l’homme de s’arrêter, je m’approche, je le regarde, je demande combien, et mon porte-monnaie est sorti. « Ca ne s’explique pas » (sauf que je viens de le faire en partie).

Une photo bien nette, mais les couleurs sont en réalité plus chaudes :

Je me ferai une joie aussi d’y verser des offrandes liquides, et de faire des libations avec !  Quand je dis miniature voilà la comparaison avec ma main, pratique pour mes autels rikiki (ou l’emporter?) :

Et le plus drôle… C’est qu’en le retournant, je trouve une autre surprise qui fait « tilt » :

Il n’est pas juste d’inspiration grecque, il est grec, de Grèce. XD Et là aussi, à cause de plusieurs autres raisons, il m’a semblé que c’était clairement le signe d’en haut. Un peu comme pour Ganesh, qui apparaît subitement sur mon chemin alors que je ne « l’entends » jamais, ce après que j’ai travaillé avec lui sérieusement. Etonnant pour moi ici donc de la même façon, car j’avais un peu « perdu » contact avec mes guides grecs ; disons que j’ai pensé à eux, fait deux trois choses, mais je n’ai plus senti leur présence depuis longtemps. Comme quoi, « Si si, on est là »…. Merci. Je note que vous souhaitiez un objet rien qu’à vous. Ca sera l’occasion de renouveler la dédication d’un certain travail à Hermès.

Mois de Frigg 2, mandala

Un de mes plus anciens mandalas, au brouillon, car l’original avait perdu toute son énergie. Il sera très bizarre pour un oeil extérieur je pense… moi-même je n’ai pas retrouvé mes notes et je ne me rappelle pas bien de ce qu’il représente. Mais certaines sensations sont restées : un cercle de protection, comme une grande enceinte ; plusieurs enceintes, qui vont vers le plus intimes ; du froid glacial ; de l’électricité ; un champ d’étoile, une salle au milieu du ciel.

EDIT : le site d’imageshack semble ne plus marcher ce matin…. Impossible d’afficher l’image T_T