Équinoxe d’automne 2018


(If you want a short translation of this post, you can directly go to my instagram post.)

Allez, posons quelques mots ici.
Mon instagram est plus actif que mon blog, mais sur le téléphone on n’a pas la même liberté d’écriture que sur un clavier. (Instagram qui est essentiellement rédigé en anglais d’ailleurs, alors que ce blog est strictement francophone) Bref, c’est le moment de partager quelques petites graines ici, pour les curieux qui passent encore.

Peut-être qu’on cassera un peu le mythe des grandes célébrations mystico-païennes ? Parfois on n’a pas le temps, ou pas l’énergie. C’est mon cas, pour tout un tas de raisons. Et j’ai encore cet idéal dans la tête qui me fait culpabiliser quand je ne « fais rien ». Mais après tout, il faut le sentir aussi, faut en avoir envie, sentir un besoin, ne pas y aller sous prétexte qu’une police de répression païenne va nous botter les fesses si on ne célèbre pas. x) Je voulais y aller pour moi, parce que j’avais envie. Je n’avais aucune idée de quoi, je n’avais clairement pas d’énergie ; mais prendre mes chaussures, mon sac, et sortir de chez moi c’était déjà un premier pas. Prendre le temps d’aller marcher, de lever les yeux au ciel, d’admirer, de renifler, sentir, vibrer…. Ca fait aussi partie de la Fête. On regarde autour de soi comment la nature a évolué depuis la dernière fois qu’on est venu et qu’on a regardé. On utilise son corps, ses 5 sens, pour se décentrer. Enfin, comment dire. Ca ancre en fait, donc ça « centre » en soi. Mais l’idée c’est de sortir de sa tête et de son ego, donc c’est aussi une forme de « décentrement ».

J’ai été « récompensée » de cette sortie. La lumière était exquise ; j’adore cette saison pour ça après tout, la lumière pré-crépusculaire est magnifique. Le ciel était pour une fois bien dégagé entre plusieurs jours gris, et j’ai aperçu ces superbes nuages de glace que j’affectionne tant. Comme des « cheveux d’ange », des fractales, des traits de pastels secs estompés, ou d’encre à la plume et au pinceau… Ca appelle mon imagination, ça la titille, lui fait du bien. Ca me remplit de joie, tout simplement. Et puis, en m’arrêtant quelques minutes aussi, je réalise le symbolisme présent sous mes yeux. Les franges « coiffent » la colline en réalité. On dirait que le nuage se disperse en étoile depuis le sommet de cet endroit que je considère comme sacré. C’est comme si quelqu’un avait dessiné sous mes yeux l’énergie sacrée de l’endroit et leur dispersion. Comme si je pouvais observer physiquement ce point de contact Terre-Ciel, les courants telluriques, sacrés et célestes. Evidemment, on ne pourra jamais savoir si c’est le cas ou pas, ça n’est pas « scientifique » ou « démontrable »… Mais quelle beauté.

Puis j’ai aperçu plusieurs points noirs en mouvement dans le ciel, alors je me suis progressivement rapprochée ou peu pour voir de quoi il retournait. Au-dessus des arbres, il y avait 3 oiseaux qui se tournaient autour. Souvent, tous les oiseaux paraissent noirs de loin, donc il fallait se rapproche encore. Leur vol était beau ; il y avait beaucoup de vent ce jour-là, donc ils alternaient entre vol délibéré et vol plané dans les courants. Ils n’avaient pas l’air agressifs, mais ils se « couraient après » tantôt, ou je chassais ? difficile à dire. C’est alors que je me suis aperçue qu’ils n’étaient pas de la même espèce. Il y avait deux corneilles, et un rapace. Je connais cet endroit, je viens souvent exprès pour pister les faucons qui habitent ou chassent ici. Mais je ne connais pas encore toutes les caractéristiques de l’espèce, il fallait que je vérifie ; donc il fallait s’approcher encore et encore, sans les faire fuir. A priori, j’ai aperçu des fragments de couleurs « isabelle » qui correspondent, la forme de la queue aussi, et un cri. Je crois vraiment que c’était bien un faucon, mon cher et habituel faucon crécerelle (et non un épervier ou une buse). J’étais aux anges. Mes deux « chouchous » qui avaient l’air de jouer ensemble ; être venue, et avoir pu approcher cet oiseau que j’affectionne tant (le faucon c.). Et puis… Il y a cet autre détail symbolique aussi. Ceux qui me suivent depuis longtemps savent probablement que je travaille avec deux divinités de façon extrêmement rapprochée : Morrigan et Freyja. Vous voyez ce que je veux dire ? Je passe par ici, pour une célébration improvisée, juste profiter du moment, et je vois les oiseaux dédiés à chacune d’entre elle, et en plus ils ont l’air de jouer ensemble. Le hasard ? Oui, peut-être. Mais comme pour ces franges miraculeuses dans le ciel, c’était beau et poétique d’en prendre note quand même.

Ensuite j’ai fait un peu le tour du Bosquet, et j’ai remarqué quelque chose qui m’a frappée. Je me demande ce que vous autres avez observé ailleurs en France. On a eu une très mauvaise saison pour les fruits cette année ; les cerisiers ont été très pauvres, les pruniers n’ont donné pratiquement aucun fruit, … mais quand je suis passée par là, et que j’ai traversé la vallée, tous les arbustes ployaient littéralement sous le poids de leurs fruits et cosses ! Les frênes étaient complètement inondé de grappes de fruits, les feuilles pâlies déjà tournant au marron. Les aubépines n’en parlons pas, une explosion de rouge à l’oeil, de près comme de loin, des tonnes de grappes de baies. Les prunelliers aussi, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu autant de prunelles le long du sentir. Les cornouillers sanguins avaient d’être à la même enseigne. Et de mémoire je ne sais plus quels autres arbres et arbustes j’ai vu, mais c’était saisissant… Quel contraste entre un été misérable en fruit, et cette abondance explosive-là.

En tout cas. C’était un magnifique moment de recueillement intérieur. Une célébration de l’équinoxe à l’extérieur, proche de la nature. Rien de compliqué. Ca ne m’a pas empêché de prier, de saluer, de communier.

Joyeux équinoxe à tous.

(EDIT : puis j’y pense, dans la symbolique, puisqu’on en parle. Ce fut l’anniversaire de la création de l’Antre de Morrigan, et aussi de mon site dévotionnel « Sur le Seuil » (qui est dédié aux cartes, à la médiumnité, aux créations canalisées, en l’honneur de mes guides). Je fus absolument ravie de recevoir à cette occasion deux commandes de tirage.)

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Imbolc 2018

Difficile de ne pas céder au défaitisme quand on n’a plus aucun repère de pratique. Le temps file à toute allure, et mon chemin sinueux ne reprend toujours pas de forme claire. Beaucoup de festivals passent à la trappe, l’énergie n’est pas là…. et puis contre toute attente, cet Imbolc-là, lui je l’ai senti. Quelques jours après, de quoi m’avoir laissé croire qu’il allait y passer lui aussi, mais non. Ca fait du bien…. Surtout du recueillement intérieur, mais aussi des petites prières, une balade purifiante dans la neige, un retour sur des lieux sacrés, et une petite session de création de cartes pour la saison.

Joyeux Imbolc à ceux qui le fêtent.

Joyeux Solstice d’Hiver 2017

Yule a toujours été ma célébration préférée…. j’ai été extrêmement triste de me rendre compte à 17h aujourd’hui seulement que nous venions de passer la porte. Depuis mon arrivée au Canada en automne 2015, j’ai été déconnectée de la Terre et du Temps Sacré. Quand on sait quelle place cela avait pour moi, on peut imaginer le vide et l’incompréhension. J’ai donc eu un gros pincement au coeur aujourd’hui. Et puis…. je me suis dit qu’il me restait toujours du temps pour méditer et me recueillir. Une petite vidéo artistique et une très jolie chanson ont comme par hasard trouvé ma route, comme pour souligner la symbolique que j’ai trouvé préférée à cette fête : au bout du tunnel il y a toujours la lumière. Toujours.
Je partage avec vous ces deux petits moments. En vous souhaitant résilience et courage, on va vers la lumière quoiqu’il arrive.

The Longest Night from Angie Pickman on Vimeo.

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« Keep faith and keep your candle.
The sun is sure to rise
o’er the sleepy fields of winter,
bringing beauty to our eyes. »

Solstice d’été 2016

Le temps est vraiment différent ici, et la terre, je l’ai déjà mentionné. Les fêtes de l’année ne ressemblent pas vraiment à celle d’Europe, ni dans les énergies, ni dans les dates. Beaucoup sont passées « à la trappe », avalées dans un continuum, peut-être n’existant pas ici, peut-être ayant été tellement différente avec d’autres symboles et d’autres noms que je ne les ai pas reconnus. Mais bizarrement, le solstice d’été, lui, me parle.

Je ne ferais probablement rien de « païen », car je manque de contacts et d’un groupe. Parce que je n’ai pas encore trouvé d’endroit dans cette ville qui soit propice pour communier en extérieur. Par contre les énergies sont bien là, depuis déjà quelques temps, et à leur pic hier et aujourd’hui, avec les 40°C, les coups de soleil rien qu’en marchant dans la rue sur un court trajet, et la tempête du soir, le vent fort, la pluie, l’orage. La seule chose que je voudrais essayer de faire, c’est de m’aligner avec ce flux, et de l’utiliser pour la transition que je vis. Peu importe qu’elle soit violente, comme l’orage, comme les archétypes et les Dieux qui y sont associés, on se sent mieux après. Si j’arrive à m’aligner, je pourrais mieux manifester mes besoins dans ma vie au quotidien. Je suppose que certains appellent juste sorcellerie, d’autres psychologie etc…. Quoiqu’il en soit, l’heure à la purification. J’essaie d’identifier les cycles dans lesquels je me trouve, dans mon « étape de vie », sur mon chemin spirituelle, etc. Tout concorde. Déracinement de la terre, déracinement spirituel, pertes des repères, retour à zéro, traversée du désert, silence de l’Autre Côté, traversée des Ombres et de l’Enfer intérieur…

Après avoir déménagé 3 fois en 2014, en l’espace de quelques mois, cette année subit un rythme un peu similaire. Déménagement en septembre dernier, puis cette fin de semaine, et à l’automne prochain ça sera rebelotte. Du coup, je trie mes affaires en pensant au retour, ce qui sera de trop, mais ce dont j’aurais besoin entre temps, …. C’est l’occasion d’observer comment je fonctionne, comment j’accumule : matériaux de dessin, matériaux de récupération, pochettes et cartons pour renvoyer des colis moins chers, pots pour les conserves, bouteilles pour les soupes / boissons, papiers et dépliants d’information (nouvelle ville, nouvelle vie, forcément), les carnets de compte, dessins, cahiers d’écriture, fiches de tirage, …. Qu’est-ce qui est vraiment utile ou pas ? Qu’est-ce qui peut être récupérer plus tard en recommençant à zéro ? Qu’est-ce qui peut être jeté ? C’est le moment de me demander tout ça. Or, cela va de pair avec tout ce qui j’essaie de mettre en place dans ma vie depuis 5 mois. Tout changer. Je n’ai pas pris la voie facile, parce que j’avais prévu de changer plusieurs choses en même temps, or détruire d’anciennes habitudes et en créer de nouvelles c’est vraiment long et décourageant si on prend trop à la fois. Mais je n’avais « pas le choix », à mes yeux. Je voulais vraiment autre chose, j’y suis allée… un peu bourrin.

Ancrer des habitudes et des trucs pour m’aider. Des exercices d’étirement et de relaxation. Reprendre la marche. Méditer tous les jours 10 minutes au moins (le soir souvent), entre deux phases de travail si possible, ça aide beaucoup. Ecriture régulièrement. Revisiter mon planning, toute ma façon de gérer l’emploi du temps. Revoir les heures de coucher, les heures de lever, les heures de travail, les lieux de travail. Revoir toute ma façon d’écrire mon organisation, papier ou informatique, mois ou semaine, ou les deux, mais quels thèmes, quelles listes par types, quelle quantité d’items, revoir les activités avant le coucher (si possible lecture sur papier et pas ordinateur, si possible 1 heure avant le coucher…), les activités « extra » qui plaisent vraiment, sur lesquelles on a envie d’investir du temps, revoir la liste des priorités, au boulot, et pour soi, dans la vie… Élaguer, élaguer, élaguer. Gérer le stress et la maladie. Gérer le vide que l’on crée, la perturbation de la nouveauté, l’angoisse du vide. Se laisser porter, continuer de se demander ce que l’on veut vraiment, comment remplir ce temps etc. C’est une énorme quantité de choses. Après 5 mois je commence à voir les progrès. Je suis encore tellement loin du but ! Mais au début c’était vraiment difficile et décourageant, on ne voit pas les résultats, ou peu. Ou trop peu par rapport aux efforts fournis. Et puis au fur et à mesure… ça commence à venir. On récolte ce que l’on sème, et alors on se dit que ouais, c’est une course de fond, mais que l’on commence à dépasser la phase où mes poumons crachotent, pour passer au rythme souple croisière.

Tout ça je souhaite le continuer. Et cela résonne beaucoup avec la purification violente de l’orage de la période de midsummer. Sentir la victoire qui émerge des efforts rudes, la coquille qui se fissure sur la foudre, la pluie purificatrice qui emporte les déchets, les débris. Je réfléchis à un petit « rituel » symbolique à faire des mes mains, comme c’est le cas souvent maintenant, une création qui capte les énergies et les mets en œuvre. Quelques idées sont venues. En plus d’essayer d’apporter un peu de clarté et de choses à méditer spécifiquement par un tirage de Solstice.

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The Coming of Imbolc

« Aoife Ní Fhearraigh – Gabhaim Molta Bríghde (I Give Praise to Saint Brigid). A beautiful song sung in Irish by Aoife Ní Fhearraigh which gives praise to Saint Brigid of Kildare, one of the three patron saints of Ireland. The lyrics are below, along with the phonetic and English translation. Bain sult a chairde ! »


Morpheus Ravenna a partagé cette chanson irlandaise que je trouve, hum, planante, porteuse, apaisante, et en même temps il y a un je ne sais quoi d’amer… Une introduction pour quelques pensées fragmentaires sur la période que nous traversons. Alors oui, c’est en anglais, tandis que ce blog est censé être uniquement en français…. tant pis. Ils viennent toujours ainsi. Je me suis demandée, mais c’était soit ça soit rien, alors bon.

***

Impressions.
Shapes.
Patterns.
Light.

Drops of blood on a coat of snow
An icy pool of water reflecting the blue gray sky
Swirls of vapours turning into cristals
The warmth of our breath being swallowed away.

I feel my skin being battered away
By the sharp teeth of biting winds
Scratching, itching
My being is shaken, attacked and pierced

I hear the snow is melting
And I wish I could peel off my skin as I peel off my clothes
That I could step away for the pain
Enter in and be envelopped by the frozen water
Water that could kill me

Where is the fire
That enflammes the water and make it sacred?
It’s a time of labour
It’s a time of pain
Where is the fire of purification?