Petit cours d’esprit critique

Vraiment une excellente vidéo qui ne résume pourtant que quelques faits. C’est un peu long, mais c’est parce qu’il donne l’exemple d’une conférencière au salon de la parapsychologie. Et autour de ça, il décortique plusieurs exemples. C’est extrêmement didactique. A mettre entre toutes les mains.

Quels sont les illusions, faux-arguments poudre aux yeux que le New Age vous envoie à la figure pour vous faire gober tout et n’importe quoi ? (l’exotisme, le c’était mieux avant, ….) Quid des arguments de vente issus de ce type de discours, justement parce que vous êtes « endormis » et qu’on vous pousse à l’achat ?

Comment utiliser internet facilement pour vérifier des faits ? Qu’est-ce qu’une source fiable ou non ? Observer la logique, ou l’absence de logique d’un argument.

Bref, ou comment ne pas être passif face à ce qu’on nous présente comme étant une information « vraie », « scientifique » ou autre. Valable pour tout d’ailleurs… Le New Age, les chaînes sur les alternatives santé, les actualités…

Ne pas se dissoudre, ne pas se diviser ; du besoin de cohésion

Deux articles pas trop longs, mais donc j’ai extrais les morceaux qui me paraissent le plus saillants.

 

Un questionnement de Thorn Coyle sur le sens de l’idée de communauté, et la question de la tolérance :

 

« But most of the time, my community is the friends with whom I might be arguing, or laughing, or preparing to sit down to dinner with. My community is the shifting, ad hoc group of comrades that show up at meetings, actions, and protests. My community are the folks that keep the soup kitchen running. My community are the people that come together once a month to honor the Gods.

All of these groups have varying levels of intimacy and connection. Some of the people I rely upon to show up are folks I don’t know much about personally, but I do know their integrity in action. We will disagree on some things that are of vital importance to both of us, but the things we do agree upon still bind us together. We recognize this: the work at hand is more important than disagreements about theology or tactics.

Community is the people who show up. But community is not only that. »

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Un article de  Gordon White qui m’évoque des choses similaires sur les liens à maintenir, et qui m’évoque les sensations que j’ai reçues moi-même, expliquées sur l’Antre de Morrigan (à savoir, prendre du recul, ne pas céder à la peur et à l’irrationnel, et agir en pleine conscience, être en accord avec ses valeurs et les mettre en pratique) :

« We know what’s coming next. From both sides. We know this is going to get worse before it gets better. So it is okay to be sad, it is okay to pray, it is okay to be angry for a little while. Just maintain your coherence.

Incidents like these send shockwaves up and down between the worlds. That is what they are supposed to do. They are supposed to decohere us. Do not let them. That power remains with you at all times and that power is infinite.

Maintain your coherence. Ensure your words and actions provide coherence to others.« 

Trésors de voyage et spiritualité « passive »

Être en voyage et essayer de « penser à autre chose », même si techniquement la vie spirituelle et la vie profane ne font qu’une, ralentir le rythme, être hors de chez soi et donc sans ses autels et outils, n’avoir plus de repère, plus d’attaches…. C’est une configuration qui aide grandement à relativiser, à se « couper » un peu. Parfois ça me fait du bien de juste laisser tout cela « en attente ». C’est à dire, laisser les « grosses » pratiques de côté, pour être plus simplement dans le présent, et me contenter des petites choses.

La spiritualité « passive » pour moi, c’est penser à autre chose mais rester ouvert, et suivre les cailloux. Une corneille qui passe et qui fait un raffut d’enfer ; une essence d’arbre que je vois rarement d’habitude, ramasser une feuille ; découvrir des sentiers sympas dans de nouvelles villes ; regarder les rayons de librairie et trouver des titres qui font étrangement « tilt » ; rattraper de vieilles lectures ; etc etc….

Un exemple ici, en deux jours de temps, j’ai trouvé plein de trésors. La beauté d’instagram aussi, c’est malgré mon tel mauvais, je peux partager les merveilles rapidement. Rien que ça, un truc inattendu : une statuette de Ganesh sublime au musée Lalique. What ? Au milieu des bijoux, des boîtes de parfum, des trucs très… français, et éventuellement grecs (il avait une grande culture classique ce monsieur), la tête de ce dieu hindou. Avec qui j’ai BEAUCOUP travaillé les deux derniers mois. Dans un rayon lumineux, et la pureté du cristal, lignes épurées. Juste *_* Rigolo de se sentir « accrochée », après plusieurs mois « à sens unique ». Car oui, les écoutilles ne sont pas ouvertes pour tous les dieux pareillement, et régulièrement je travaille à l’aveugle (allusion à l’opposition stupide quand trop stricte « lay pagans » / « spirit-workers »).

Puis le lendemain, une journée tranquille avec un copain. Au détour d’ne balade dans une librairie, je trouve au hasard un livre sur les mandalas que je n’avais encore jamais vu. Je retombe sur la bibliographie de Jodorowski que je voulais aborder depuis longtemps mais je n’avais pas franchi le pas, et je me décide à en prendre un recommandé pour « mon cas ».

Et puis surtout, surtout… je fais une brocante dans une petite campagne alsacienne, et je trouve des merveilles. Mais vraiment. Un exemplaire relié en superbe état des Liaisons dangereuses, avec illustrations. Et au détour d’étales, il y a beaucoup de vaisselle quoiqu’on en dise. Or que vois-je ? Outre pleine de vieilleries dont je suis fan, je tombe sur THE objet auquel j’ai souvent pensé, mais que je n’ai jamais trouvé, et sur internet ça coûte une blinde, etc. Je n’étais pas sûre de moi jusqu’ici, je me disais « tu ne t’en serviras pas de toute façon »… Et bien si. On l’a mis sur ma route, et ça n’est pas pour rien, une fois de plus. Et à ce prix là, de toute façon, on ne réfléchit pas. Un magnifique « vase » grec miniature, pour faire office d’ancrage énergétique pour mes guides grecs. Je ne suis pas fan des représentations figuratives en fait, des dessins, des statues etc. Je préfère un objet qui va subtilement infuser l’énergie de X. Et là c’était bingo. Pour vous donner une idée, c’est exactement comme quand je tire les cartes : tout d’un coup il n’y a plus qu’une seule chose qui existe dans mon champ de vision ou sur ma rétine, comme si c’était lumineux. Et ça, c’est un signe qui ne trompe pas. Ca a pris 10 secondes, je fais signe à l’homme de s’arrêter, je m’approche, je le regarde, je demande combien, et mon porte-monnaie est sorti. « Ca ne s’explique pas » (sauf que je viens de le faire en partie).

Une photo bien nette, mais les couleurs sont en réalité plus chaudes :

Je me ferai une joie aussi d’y verser des offrandes liquides, et de faire des libations avec !  Quand je dis miniature voilà la comparaison avec ma main, pratique pour mes autels rikiki (ou l’emporter?) :

Et le plus drôle… C’est qu’en le retournant, je trouve une autre surprise qui fait « tilt » :

Il n’est pas juste d’inspiration grecque, il est grec, de Grèce. 😄 Et là aussi, à cause de plusieurs autres raisons, il m’a semblé que c’était clairement le signe d’en haut. Un peu comme pour Ganesh, qui apparaît subitement sur mon chemin alors que je ne « l’entends » jamais, ce après que j’ai travaillé avec lui sérieusement. Etonnant pour moi ici donc de la même façon, car j’avais un peu « perdu » contact avec mes guides grecs ; disons que j’ai pensé à eux, fait deux trois choses, mais je n’ai plus senti leur présence depuis longtemps. Comme quoi, « Si si, on est là »…. Merci. Je note que vous souhaitiez un objet rien qu’à vous. Ca sera l’occasion de renouveler la dédication d’un certain travail à Hermès.

Se « reconnecter »

Voilà de longs mois que je n’avais pas écrit ici des articles proprement spirituels. Et même les derniers qui datent de Janvier n’avaient rien à voir avec ce que j’ai pu écrire par le passé, ou ce que j’écris sur mon blog anglophone. J’en parlais de temps à autre sur le groupe facebook, ce n’était pas faute de me dire que ça serait chouette de reprendre ça ici, mais ça ne venait tout simplement pas. Du tout. Pas dans la bonne langue, et même, pas d’idée.

Mais aujourd’hui j’ai envie de partager un brin, un tout petit quelque chose, servi par des synchronicités et des conversations à n’en plus finir entre copines polythéistes.

Les anglophones ont beaucoup parlé par le passé de ce qu’ils appellent les « Fallow Times« , les phases creuses où l’on se sent coupés de nos Dieux, et même de tout, et si l’on se demande si l’on est normal (on parle souvent de « déconnexion »). Dver l’a expliqué ici il y a longtemps, je crois que c’est le premier article que j’avais trouvé sur ce sujet, et dans d’autres articles elle indique comment selon elle les dévotions ne doivent jamais être arrêtées, et surtout pas dans ces moments-là. Récemment j’ai traversé une nouvelle phase de perturbations personnelles et énergétiques, et je me suis rendue compte que j’avais un peu revu ces questions.

Considération n°1 – Il est intéressant de noter que tout le monde n’est pas dévot. Si vous êtes païen, peut-être seulement vaguement, ou même pas du tout. Pour les polythéistes, c’est autre chose, beaucoup plus « cadré ». Si a priori tout le monde semble reconnaître que pour se connecter au divin il faille utiliser des pratiques dévotionnelles, tout le monde n’aura pas les mêmes priorités. Et surtout, Peu de gens aiment s’entendre dire aujourd’hui « c’est comme ça qu’il faut faire ». Malgré la lucidité de ce que signifie le mot « tradition », et ce que représente la charge énergétique et symbolique de gestes rituels répétés et répétés à travers les ans, les « païens » en général sont animés d’un très fort (extrême?) goût de liberté, teinté de ce que certains appellent l’individualisme moderne : on veut faire ce qu’on veut, comme on veut. Donc si quelqu’un nous dit « il faut faire des prières et des offrandes tous les jours, à x heure » (etc), il est fortement susceptible de se voir montrer un certain doigt levé.

Considération n°2 – Je viens de le mentionner, selon la nature de nos croyances et de nos pratiques, le rapport aux Dieux ne sera pas envisagés pareillement, et les offrandes, prières et autres n’auront pas la même importance, donc la même régularité. Ce que je trouve cependant troublant et « chouette » : des polémiques US opposent beaucoup les « lay pagans » (païens lambdas disons) et les « spirit-workers », c’est à dire en gros, ceux qui « aveugles et sourds » (soit disant) et ceux qui sont hyper-connectés (mais c’est le sujet d’un autre débat à approfondir) ; et bien personnellement, j’ai observé chez les autres, mais surtout même chez moi, que ces deux catégories sont touchées de la même façon par le phénomène. Quand je suis « devenue » polythéiste, au départ j’étais gentiment dévote, mais je n’avais / sentais aucun retour. Cela ne m’a pas empêché de faire des dévotions très nombreuses, surtout que je cherchais à faire « comme il faut »… Par la suite, en fait, je trouve ça paradoxal (presque hilarant), plus j’ai été « connectée » et moins j’ai fait de « dévotions » classiques. Néanmoins, ce qui compte dans cette opposition, selon moi, c’est ceci : ce qui compte ça n’est pas qui sent et qui ne sent rien, cette histoire n’a rien à voir avec la dévotion, mais bien comment on se sent. Ben oui, finalement, les « phases creuses » définissent notre sentiment tant recherché de connexion à l’univers / nature / dieux etc. Les « lay pagans » peuvent se sentir très connectés, sans pour autant être en contact « direct » avec les entités correspondant à leurs pratiques.

Mais je suis en train de me rendre compte que malgré l’eau qui a coulé sous les ponts, je suis toujours la championne des digressions. Ce n’est pas ça que j’avais en tête quand j’ai commencé l’article hem hem. Je voulais partager un fragment plus personnel.

Récemment je me suis retrouvé le cul entre deux chaises, comme toujours. J’observe le phénomène avec un oeil nouveau, et je constate donc une de ces nouvelles « expressions » liées à tout ce que j’ai expliqué au-dessus. Je suis actuellement en contact avec mes Dieux ; je reçois des signes, j’utilise les cartes, j’ai un « plan de bataille » assez clair. Pourtant, je me sens profondément déconnectée. Voilà comment on tombe sur une situation à la con : je suis connectée, et pourtant pas. (?!?) Et en discutant avec une copine, je me suis rendue compte que les dévotions étaient passées à la trappe, et que probablement ça me manque, et que de toute façon c’est le « médicament » recommandé pour cette maladie (lol). Autre constatation personnelle, donc, plus je suis connectée, et moins je fais de « dévotions » (un terme un peu abstrait et barbare finalement) : une fois que je suis dans un flux naturel de reliance, ça se maintient assez bien, je passe par d’autres moyens détournés. Et en fait, je fais ça comme je respire, donc impossible de me rendre compte, d’observer après coup, pour savoir où et quand ça a merdé. Par contre, à un moment donné j’ai arrêté de respirer. Enfin non, à un moment donné, j’ai arrêté d’alimenter le lien, quelle qu’en soit la façon.

Le truc c’est qu’il faut bien savoir comment on fonctionne, c’est très personnel tout ça.

De mon côté, je hais les cadres et les choses strictes. Mais surtout, j’ai un cerveau hyperactif qui entrave toute pratique zen et/ou continue (long terme, créer une habitude etc). Or pour installer une pratique dévotionnelle, c’est de ça qu’il s’agit : trouver un compromis entre « faire ça à la cool », mais « se forcer » un peu pour ancrer une habitude si ça n’est pas naturel. En raison de mon dit cerveau, je ne peux pas rester plantée bêtement devant un autel ou une bougie à prier, je ne peux que difficilement rester immobile et calme. Et surtout, je ne peux que difficilement me « poser » mentalement, et donc penser à tout ce qu’il faut penser chronologiquement, en restant sur chaque chose à son tour, en l’habitant. C’est à dire, l’attitude attendue pour une dévotion (que ça soit une offrande, une libation, une prière, etc). Comment je fais alors chef ?? Ben, il faut contourner ça, et le « politiquement correct », pour trouver des parades qui me conviennent. Par exemple, je fais les choses à l’extérieur de chez moi, et quand je marche. Dans la rue, au parc, dans le métro, je songe, je fais des prières, etc. De la même façon que j’ai toujours un carnet sur moi et que j’écris beaucoup en vadrouille. Il est possible également de se donner des rendez-vous simples mais dont l’attitude mentale fera la différence : une balade au Père Lachaise, qui devient strictement et presque uniquement dévotionnelle, je n’y mets plus jamais les pieds anodinement. Mon cerveau est comme un ordinateur qui traite des millions de données, ce qui produit un brouhaha constant. J’ai longtemps essayé de me dire que c’était des conneries, et on me l’a beaucoup dit aussi, ce qui n’aide pas, mais à un moment donné quand on étudie les processus cognitifs on se rend compte que c’est pas du pipeau (et au grand bonheur des mes élèves dyslexiques, dyspraxiques et surdoués en échec). Arrêter une seule info au milieu de tout ça et la maintenir, être concentrée dessus et rester immobile, alors qu’autour ça tourne à mille à l’heure, c’est le parcours du combattant (très souvent impossible). Personnellement, j’ai remarqué qu’à cela s’ajoute en fait toutes les perceptions énergétiques, émotionnelles et autres (empathie, médiumnité) et donc ça rajoute un deuxième bordel, comme un deuxième ordinateur – ou alors (image stupide qui me vient), comme si l’ordinateur avait aussi un petit capteur à vent, les petits moulins qui tournent là, et ça aussi ça produit des tas de données à gérer.

Bref. Je dois trouver des parades. Utiliser mon corps, et j’ai encore plein de boulot à faire là-dessus. La marche c’est top, pour aider au lâcher prise et au lâcher des tensions, que ça soit dans la rue, ou des balades (et en plus je dois me caler ça beaucoup plus souvent pour éviter de ne pas faire de sport ni de rester enfermée à la maison). La danse nawak j’ai essayé aussi, et je pense que pour renouer avec mon corps ça sera super. Sens du rythme, des infos non verbales, plus souples, et puis j’ai testé ce lâcher prise puissant (bon après, faut que je fasse gaffe aux possessions, mais c’est autre chose). Ou parfois, et c’est assez bizarre, suivre mon fonctionnement mais à l’inverse, c’est à dire intensifier les signaux, rajouter encore plus d’infos, pour que là les infos soient complètement brouillées : ce qui produit un bruit de fond qui annihile tout et permet de travailler « par-dessus » (c’est chaud à expliquer). En gros, je ne fais que rarement une seule chose à la fois, c’est presque impossible. Je dois toujours me battre pour gérer / supprimer le bordel intérieur et faire autre chose à côté. Donc marcher + prier, faire la cuisine + prier, etc. Les tâches ménagères sont chouettes aussi. Et c’est là que je m’étais rendue compte que les offrandes pour moi, les plus faciles, ce n’est jamais ce qui est préconisé : ni les offrandes de nourriture et de boisson. Je donne de mon temps, je donne de l’espace dans mon esprit, et c’est un combat. Je donne de l’énergie, je donne une action, ne pratique. En fait, ce que j’arrive à faire je le dédie à mes dieux et esprits.

Mes blogs sont des offrandes (aux Dieux en question quand ils sont à thème, à Hermes en général, à mes Dieux et Esprits toujours), même ma pratique de voyance est une offrande (Dieux et Esprits) et donc mes articles et vidéos sur les cartes aussi, parce que j’aide autrui à se reconnecter, ou même parce que c’est comme ça (faudrait que je creuse la question tiens). Les plantes que je cultive sur mon balcon font aussi partie d’un choix personnel, d’un travail de connexion aux esprits, et d’une demande de Morrigan. Comme le rappelle ce très court article (merci Babette), il y a plein de façons différentes de rendre dévotions :

How does one worship!

Hug a tree, play a drum, sit in silence, divination,
say a prayer, dance around, invoke deity, send a well-wish,
light a candle, chant out loud, cast a spell, create a picture.
I do all of these, and more. 

I worship any way that moves me. You?

Ce sont plein de détails de ce type que je peux oublier facilement, et c’est sûr que c’est embarrassant d’y penser. Et je crois que ma solution, elle se trouve précisément là. Y penser. Je l’ai expliqué plus haut, pour moi, penser à quelque chose au milieu de millions d’autres c’est compliqué, et donc ne pas l’oublier encore plus (surtout depuis des problèmes de santé récents qui sont étiquetés et connus pour provoquer des pertes de mémoire, bref). Et là où le bât blesse, c’est que cela va pas uniquement de pair avec l’oubli d’une action, d’un geste dévotionnel à faire, mais plutôt de l’oubli de l’intention spirituelle qui est derrière. On dit très platement que tout peut être spirituel, et c’est vrai, or l’idée est là : ce qu’il faut, c’est ne pas vider les gestes de leurs intentions.

Donc bien que je pense que cela me ferait du bien d’essayer de nettoyer mes autels, remplir des coupes d’eau et de nourriture, d’aller des bougies et de prier « dans le calme » (comprendre, immobile et zen dans la caboche), ça sera difficile et ça n’est pas forcément la première chose qui soit bénéfique. Il faut que je réinstalle des « triggers », des déclencheurs, des check-ups, c’est à dire en gros que je réussisse à penser tout simplement aux intentions derrière mes gestes. C’est ça la connexion. Que quand je fais le ménage ou à manger je pense à honorer mes ancêtres et les esprits du foyer, que quand j’écrive ça ne soit pas un acte banal. Quand je dessine pareil. Etc. C’est dans toutes ces choses là que l’on trouve le temps en premier, et surtout, pour moi, que se tisse la fameuse « connexion ».

C’est ça qui fait d’un quotidien lambda un quotidien lambda, et d’un quotidien polythéiste et animiste un quotidien jamais « ordinaire ».

Quelques mots sur les réserves indiennes au Québec

Un article que je voulais réserver au départ pour mon forum sur les pratiques chamanique, et puis finalement il y aura peut-être quelques intéressés ici.

*****

Pas évidents de trier toutes mes pensées sur la question. Ce voyage au Québec a confirmé mes craintes : beaucoup d’attrape-nigauds et d’irrespect. Voici mon expérience tout à fait personnelle :

1°) En fait il faut ABSOLUMENT EVITER les grandes villes. Donc si vous allez à Québec, à moins de trouver un témoignage sûr, éviter toutes les réserves alentour. L’exemple de choix : la grande réserve bien fléchée de Wendake, n’y allez surtout pas ! J’ai failli vomir (au sens propre) en arrivant…. vite, vite, partons d’ici ! La réserve en-elle même ressemble à une banlieue US très riche ! Le centre historique a été reconstitué dans un très mauvais goût américain, exactement comme le soit-disant « site culturel / traditionnel huron » : on se croirait au parc Astérix. Sérieusement c’est véridique. Vous entrez dans un film holywoodien pour les couleurs, les costumes, les musiques etc. On vous fait l’animation, ça pue le mensonge et l’argent. La boutique pour touristes est gigantesque, et c’est ça qui m’a le plus écoeuré : des vieux partout, des français beaucoup… qui repartent avec 3, 4, 5 (!) sacs, gorgés à ras-bord ! Nan mais où est l’émerveillement, la sincérité, le reste ? Juste des souvenirs à la con, en prendre le plus possible… sans parler des arnaques sur les prix (malgré la boutique détaxée!) On vous vend des trucs HYPER chers bien qu’artisanaux… on vous vend aussi des choses qu’on trouve en fait dans toutes les boutiques de touristes des villes… un énorme choc, un état des faits que j’imaginais mais que j’espérais faux.

2°) Une réserve finalement c’est quoi ? Ben contrairement à l’image qu’on a en Europe de tout ça, une réserve ça n’est pas un parc avec une clôture… une réserve c’est un territoire, et les 2 où j’ai vu (quoique Wendake soit hyper kitsch et repérable), c’est simplement une banlieue, et dans une ville vous ne faites pas du tout la différence. Vous ne savez pas que vous êtes en territoire indien. Pas toujours administré par les Indiens eux-mêmes… le grand effort commun pour y arriver.

3°) Où aller alors ? Je pense qu’il faudrait regarder sur google si on trouve des témoignages sérieux. En tout cas soyons clairs : si vous passez rapidement au Québec, vous n’aurez pas le temps de voir une réserve. C’est gigantesque, il faut aller loin en voiture. Et donc, il faut aller dans les zones plus éloignées, moins touristiques pour avoir de l’authentique.

Ex : le cas magnifique que j’ai observé : le Lac St Jean (Pekuakami dans la langue), territoire indien, ville de Mashteuiatsh. http://www.mashteuiatsh.ca/communaute.php
Il y a tout simplement un modeste musée au bout d’un quai…. sauf qu’en fait ce musée est génial. Il présente beaucoup d’objets, de photos, de schémas, une excellente vidéo de « reconstitution » (plusieurs personnes contemporaines qui vont montre une journée sur la neige avec les gestes ancestraux), des tableaux, des frises… en fait c’est très complet et didactique. Je ne m’étais jamais vraiment rendue compte de la proximité avec la nature, du côté essentiel, du savoir faire, avant de voir tous ces objets en fourrure, en os, en poils, en bouleau, … incroyable. Tout devient réel, concret sous nos yeux. Il y a aussi une chouette histoire de la communauté innu, et c’est tout à fait contemporain : on nous présente leur combat pour l’indépendance, on nous présente les transmissions qui perdurent, l’art des jeunes indiens… Il y avait de la vie si vous voulez. La souplesse du temps, une entrée dans la modernité, avec persistance de la langue et des traditions. Une culture non pas reconstituée, non pas hollywood, une culture vivante, qui s’est transmise ! Ca résonnait d’intensité et de vrai. J’étais en contact avec quelque chose.

http://www.museeilnu.ca

4°) C’est aussi grâce à ce musée que j’ai commencé à comprendre la richesse de ces spiritualités et cultures ! Ca n’a pas de sens de tout rassembler sous « chamanisme amérindien »… Chaque ethnie = un terroir, une langue, une culture, une spiritualité, des mythes… Grâce aux témoignages de certains indiens qui expliquaient qu’ils se demandaient si les autres tribus possédaient x ou y geste/tradition, je me suis rendue compte que chacun était vraiment une structure close, auto-suffisante. Aussi ils ne se nomment pas chaman, ils ont d’autres mots dans leur langue.

Nota : j’ai d’ailleurs enfin compris le problème de notre envie moderne d’appartenir à ces vieilles traditions. Il faut vivre et naître dans cette culture et cette langue, sur le territoire, pour que ça ait un sens. Si on veut devenir x ou y, il faut partir, se rendre sur le territoire, y vivre et intégrer une communauté. Tout part de la terre et de la culture…

Ex perso : c’est ce contact avec le peuple indien innu – montagnais (d’ailleurs très étendu, j’ai rencontré seulement les indiens centrés au Lac St Jean) qui a réveillé quelque chose, en terme de compréhension et d’intégration. C’est comme si j’étais entrée dans un autre pays, et que je voyais bien sa spécificité. Après je pense qu’il y a eu une profondeur en plus… car cette visite clôturait une semaine de voyage (mini road trip) qui remontait depuis Québec, la côte, et le Fjord, un peu comme certains indiens… et toute la région du Fjord et du Lac, en voiture, c’était une immensité et une puissante très particulières. Donc en arrivant au musée, j’ai trouvé ces peuples qui habitent si bien cette terre. C’aurait été une autre ethnie, une autre terre, ça ne m’aurait sûrement pas parlé, mais là c’était la terre que j’avais visité et foulé pendant une semaine. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire.

Quelques ressources persos sur le peuple innu, j’aimerais beaucoup explorer la question :
http://www.native-languages.org/montagnais.htm
http://www.native-languages.org/innu.htm
http://www.bigorrin.org/innu_kids.htm
http://www.native-languages.org/innu-legends.htm
http://www.native-languages.org/montagnais.htm
http://www.cslf.gouv.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/publication-html/?tx_iggcpplus_pi4%5bfile%5d=publications/pubb133/b133ch6.html
http://www.innu-aimun.ca/modules.php?name=stories
http://www.native-languages.org/religion.htm
http://www.multiculturalcanada.ca/Encyclopedia/A-Z/a4/2

http://groups.yahoo.com/group/Babel/message/14189
http://esoterictexts02.tripod.com/InnuMythos.htm
http://books.google.ca/books?id=Zbp-tPLW00kC&pg=PA460&lpg=PA460&dq=Mishtapeuat&source=bl&ots=18teGpZQbO&sig=aoHISRpHkdxVwYtk5TYtSizD58Y&hl=en&sa=X&ei=NW1zUOvUCeTy0gG_sYCoDw&ved=0CEQQ6AEwBA#v=onepage&q=Mishtapeuat&f=false
http://www.nametauinnu.ca/fr/culture/spiritualite/tshakapesh

Les païens sont-ils dépolitisés ?

Voilà une question qui me taraude depuis quelques temps. Un peu comme une sorte d’angoisse personnelle.

J’ai vraiment du mal à me dire que je crois dur comme fer à certaines choses, et que je peux avoir un comportement incohérent par rapport à ces croyances. A un niveau tout à fait personnel pour commencer, car l’engagement commence au plus près de soi. Si je suis animiste et que la vie compte tant, minérale, animale, végétale, humaine, comment je peux supporter d’encourager des firmes qui l’utilisent voire la détruisent ? Si j’aime les animaux, si je veux leur témoigner un profond respect qui soit complet, un autel dans ma chambre ça ne suffit pas. Comment accepter de manger de la viande en sachant que la bête a été mal traitée à l’abattoir, que la crème soit disant si délicate que je m’applique le visage a été testée sur des animaux, etc ? Comment prétendre aimer la Terre au sens noble, et lui envoyer des pensées positives, si j’achète des pierres pour lesquelles on a éventré la terre à coups de dynamite, si je produis trop de déchets, etc ? C’est un questionnement qui me paraît fondamental, c’est une question qui me hante depuis le début de mes pratiques, comme si j’étais une hypocrite absolue. C’est une forme d’engagement, plus proche de soi, plus simple que des grandes actions d’éclats, mais ça reste un engagement. Et pour moi c’est même plus que cela, si jamais on prétend avoir une foi sincère, c’est vraiment un engagement au plus profond, un respect de son être !

Alors pourquoi personne en France ne parle de ces thèmes ? Est-ce que tous les païens s’en fichent ? Est-ce qu’ils font une différence fondamentale entre leur spiritualité et leur vie ? Est-ce un inconvénient du phénomène « placard à balais » ?

Et pourquoi au-delà de ça personne ne parle de politique ? Est-ce que ce domaine est devenu tabou ? Car oui, comme l’ont souligné Hédéra et Lucy récemment, il n’y a personne pour agir dans aucun domaine… Mon billet est d’une autre humeur: je m’interroge, je m’inquiète… Et plus grave pour moi, je me demande carrément si les gens y réfléchissent déjà pour commencer. Ou alors est-ce qu’on veut séparer spiritualité et politique pour éviter des dérives ? Est-ce qu’on a peur que la politique pervertisse la spiritualité et la religion ?

Même au fil de mes recherches universitaires je suis tombée sur des sujets approchants. Si si, en littérature aussi on réfléchit. Et mon cher Salman Rushdie a une pensée diaboliquement (haha, joke inside) affutée. Il dresse un portrait du monde moderne qui finalement me parle assez des païens même si au départ il cherche à expliquer le fondamentalisme. La politique et la religion sont forcément liées, sous bien des angles, même si je ne cherche pas à résumer ça ici. [Pour tous les intéressés je vous recommande Imarginary Homelands, les chapitres « In God We Trust » et « In Good Faith »] Néanmoins, il brosse un parallèle assez intéressant qui est le suivant : le retour moderne à la religion est parti (entre autre) d’une déception du politique. Perte de confiance, perte d’espoir, parce que la politique ne s’adresse plus à qui nous sommes en tant qu’humains et personnes… Et alors on se tourne vers autre chose, la religion (ou la spiritualité).

Sauf qu’il y a un piège énorme. Tel que Rushdie le décrit, effectivement le phénomène est « en réponse à ». Déception du politique, on se raccroche à la religion. Mais en le faisant, il y a plusieurs choses très importantes qui apparaissent. A) on tourne le dos à la politique, on l’oublie ou on la rejette. B) on fait de la religion un cocon. Vous savez, l’opium du peuple… Qui là prend un sens tout nouveau. On accentue la quête du sens dans la religion, trouver des réponses. Mais si on accentue trop (piège évoqué plus haut), on accentue alors un phénomène complètement absurde et illusoire (je crois): le religion comme source de bien être. La religion pour être en accord avec soi, pour être en paix, …

Mais où est la foi là-dedans ?

Je crois que se tourner vers la religion, et le paganisme, pour être rassuré, pour trouver un écho qu’on ne trouvait plus en politique, est vraiment ambigu. C’est s’aveugler. (Et peut-être même dénaturer la religion?) Finalement d’ailleurs ça n’est pas très loin du New Age qui dit que la religion (le chamanisme etc) a pour but de guérir, et cela prend son origine à peu près à la même période que décrit Rushdie. Aussi, je crois que si ça n’était pas déjà le cas, cette attitude pousse à faire l’autruche et à mettre sa tête dans un trou pour surtout ne pas voir ce qui se passe autour de nous, ni dans le monde, ni dans son pays. La corne de l’Afrique, Haïti, la Syrie, les Indignés, les Anonymous…

Est-ce que si les païens ne parlent pas de politique c’est qu’ils sont dépolitisés ? Ou est-ce qu’il y a un tabou à parler de politique par peur de mélanger des choses « antagonistes » ? Et s’ils sont dépolitisés, est-ce parce qu’ils ont fait de la religion/spiritualité leur refuge ?

 

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