Équinoxe d’automne 2018


(If you want a short translation of this post, you can directly go to my instagram post.)

Allez, posons quelques mots ici.
Mon instagram est plus actif que mon blog, mais sur le téléphone on n’a pas la même liberté d’écriture que sur un clavier. (Instagram qui est essentiellement rédigé en anglais d’ailleurs, alors que ce blog est strictement francophone) Bref, c’est le moment de partager quelques petites graines ici, pour les curieux qui passent encore.

Peut-être qu’on cassera un peu le mythe des grandes célébrations mystico-païennes ? Parfois on n’a pas le temps, ou pas l’énergie. C’est mon cas, pour tout un tas de raisons. Et j’ai encore cet idéal dans la tête qui me fait culpabiliser quand je ne « fais rien ». Mais après tout, il faut le sentir aussi, faut en avoir envie, sentir un besoin, ne pas y aller sous prétexte qu’une police de répression païenne va nous botter les fesses si on ne célèbre pas. x) Je voulais y aller pour moi, parce que j’avais envie. Je n’avais aucune idée de quoi, je n’avais clairement pas d’énergie ; mais prendre mes chaussures, mon sac, et sortir de chez moi c’était déjà un premier pas. Prendre le temps d’aller marcher, de lever les yeux au ciel, d’admirer, de renifler, sentir, vibrer…. Ca fait aussi partie de la Fête. On regarde autour de soi comment la nature a évolué depuis la dernière fois qu’on est venu et qu’on a regardé. On utilise son corps, ses 5 sens, pour se décentrer. Enfin, comment dire. Ca ancre en fait, donc ça « centre » en soi. Mais l’idée c’est de sortir de sa tête et de son ego, donc c’est aussi une forme de « décentrement ».

J’ai été « récompensée » de cette sortie. La lumière était exquise ; j’adore cette saison pour ça après tout, la lumière pré-crépusculaire est magnifique. Le ciel était pour une fois bien dégagé entre plusieurs jours gris, et j’ai aperçu ces superbes nuages de glace que j’affectionne tant. Comme des « cheveux d’ange », des fractales, des traits de pastels secs estompés, ou d’encre à la plume et au pinceau… Ca appelle mon imagination, ça la titille, lui fait du bien. Ca me remplit de joie, tout simplement. Et puis, en m’arrêtant quelques minutes aussi, je réalise le symbolisme présent sous mes yeux. Les franges « coiffent » la colline en réalité. On dirait que le nuage se disperse en étoile depuis le sommet de cet endroit que je considère comme sacré. C’est comme si quelqu’un avait dessiné sous mes yeux l’énergie sacrée de l’endroit et leur dispersion. Comme si je pouvais observer physiquement ce point de contact Terre-Ciel, les courants telluriques, sacrés et célestes. Evidemment, on ne pourra jamais savoir si c’est le cas ou pas, ça n’est pas « scientifique » ou « démontrable »… Mais quelle beauté.

Puis j’ai aperçu plusieurs points noirs en mouvement dans le ciel, alors je me suis progressivement rapprochée ou peu pour voir de quoi il retournait. Au-dessus des arbres, il y avait 3 oiseaux qui se tournaient autour. Souvent, tous les oiseaux paraissent noirs de loin, donc il fallait se rapproche encore. Leur vol était beau ; il y avait beaucoup de vent ce jour-là, donc ils alternaient entre vol délibéré et vol plané dans les courants. Ils n’avaient pas l’air agressifs, mais ils se « couraient après » tantôt, ou je chassais ? difficile à dire. C’est alors que je me suis aperçue qu’ils n’étaient pas de la même espèce. Il y avait deux corneilles, et un rapace. Je connais cet endroit, je viens souvent exprès pour pister les faucons qui habitent ou chassent ici. Mais je ne connais pas encore toutes les caractéristiques de l’espèce, il fallait que je vérifie ; donc il fallait s’approcher encore et encore, sans les faire fuir. A priori, j’ai aperçu des fragments de couleurs « isabelle » qui correspondent, la forme de la queue aussi, et un cri. Je crois vraiment que c’était bien un faucon, mon cher et habituel faucon crécerelle (et non un épervier ou une buse). J’étais aux anges. Mes deux « chouchous » qui avaient l’air de jouer ensemble ; être venue, et avoir pu approcher cet oiseau que j’affectionne tant (le faucon c.). Et puis… Il y a cet autre détail symbolique aussi. Ceux qui me suivent depuis longtemps savent probablement que je travaille avec deux divinités de façon extrêmement rapprochée : Morrigan et Freyja. Vous voyez ce que je veux dire ? Je passe par ici, pour une célébration improvisée, juste profiter du moment, et je vois les oiseaux dédiés à chacune d’entre elle, et en plus ils ont l’air de jouer ensemble. Le hasard ? Oui, peut-être. Mais comme pour ces franges miraculeuses dans le ciel, c’était beau et poétique d’en prendre note quand même.

Ensuite j’ai fait un peu le tour du Bosquet, et j’ai remarqué quelque chose qui m’a frappée. Je me demande ce que vous autres avez observé ailleurs en France. On a eu une très mauvaise saison pour les fruits cette année ; les cerisiers ont été très pauvres, les pruniers n’ont donné pratiquement aucun fruit, … mais quand je suis passée par là, et que j’ai traversé la vallée, tous les arbustes ployaient littéralement sous le poids de leurs fruits et cosses ! Les frênes étaient complètement inondé de grappes de fruits, les feuilles pâlies déjà tournant au marron. Les aubépines n’en parlons pas, une explosion de rouge à l’oeil, de près comme de loin, des tonnes de grappes de baies. Les prunelliers aussi, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu autant de prunelles le long du sentir. Les cornouillers sanguins avaient d’être à la même enseigne. Et de mémoire je ne sais plus quels autres arbres et arbustes j’ai vu, mais c’était saisissant… Quel contraste entre un été misérable en fruit, et cette abondance explosive-là.

En tout cas. C’était un magnifique moment de recueillement intérieur. Une célébration de l’équinoxe à l’extérieur, proche de la nature. Rien de compliqué. Ca ne m’a pas empêché de prier, de saluer, de communier.

Joyeux équinoxe à tous.

(EDIT : puis j’y pense, dans la symbolique, puisqu’on en parle. Ce fut l’anniversaire de la création de l’Antre de Morrigan, et aussi de mon site dévotionnel « Sur le Seuil » (qui est dédié aux cartes, à la médiumnité, aux créations canalisées, en l’honneur de mes guides). Je fus absolument ravie de recevoir à cette occasion deux commandes de tirage.)

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Méditations 1, la Nouvelle Terre

Peut-être que cette idée n’aboutira pas. Mais je me disais que je pourrais lancer cette « série » sur le blog pour partager les réflexions de fond qui m’animent. Malheureusement, pour tout un tas de choses que je pratique ou ressens depuis un moment, je ne me vois pas les partager sur un blog comme j’ai pu le faire avant. Ca se voit, ce site est un peu à l’abandon. Mais par contre, je me disais que, peut-être, s’il reste des gens qui lisent encore sur internet (et qui passent par ici), alors peut-être que je pourrais toujours poser quelques pierres ici et là. Sur les questions de fond qui nous touchent, sur les implications « théologiques » de nos croyances. Des méditations brutes, inachevées, brouillonnes, comme des vers que l’on prononce au vent pour les « tester ». Tant pis pour l’imperfection.

*****

Med.1. « La Nouvelle Terre »

Si la Terre s’appauvrit mois après mois,
Qu’en sera-t-il des « Dieux de la Terre » ?
Qu’en sera-t-il des « Esprits du Lieu » ?
Qu’est-ce qui fonde la puissance spirituelle et énergétique de la Terre ?
Rivières, fleuves, montagnes, forêts…
Nous les altérons jour après jour.
Qu’en est-il de leur nature ?
S’ils – ou quand ils auront disparu,
Qu’en sera-t-il de la Terre?

Et qu’en sera-t-il des « Esprits animaux » avec lesquels nous prétendons travailler ?
Le cougar s’est éteint, et bientôt l’ours polaire, les baleines, et même le chardonneret de nos jardins.
Que sentirons-nous ? Que fera-t-on ?
Travaillons-nous avec leur Esprit vivant, ou leur mémoire ?
Faisons-nous un travail ancestral avant l’heure ?

Des Dieux, des Esprits, des Lieux dans l’instant T.
Que laisserons-nous à nos enfants ?
Pourrons-nous leur parler de Morrigan et de Cernunnos,
Des Pagus de la Seine, du Centre, ou de Bretagne,
Si les caractéristiques de nos Terres sont déformées ?
Si la rivière est asséchée, ou son cours détourné ?
Si le bois a été rasé ?
La vallée terrassée ?

V.
15 Septembre 2018. 

Imbolc 2018

Difficile de ne pas céder au défaitisme quand on n’a plus aucun repère de pratique. Le temps file à toute allure, et mon chemin sinueux ne reprend toujours pas de forme claire. Beaucoup de festivals passent à la trappe, l’énergie n’est pas là…. et puis contre toute attente, cet Imbolc-là, lui je l’ai senti. Quelques jours après, de quoi m’avoir laissé croire qu’il allait y passer lui aussi, mais non. Ca fait du bien…. Surtout du recueillement intérieur, mais aussi des petites prières, une balade purifiante dans la neige, un retour sur des lieux sacrés, et une petite session de création de cartes pour la saison.

Joyeux Imbolc à ceux qui le fêtent.

Joyeux Solstice d’Hiver 2017

Yule a toujours été ma célébration préférée…. j’ai été extrêmement triste de me rendre compte à 17h aujourd’hui seulement que nous venions de passer la porte. Depuis mon arrivée au Canada en automne 2015, j’ai été déconnectée de la Terre et du Temps Sacré. Quand on sait quelle place cela avait pour moi, on peut imaginer le vide et l’incompréhension. J’ai donc eu un gros pincement au coeur aujourd’hui. Et puis…. je me suis dit qu’il me restait toujours du temps pour méditer et me recueillir. Une petite vidéo artistique et une très jolie chanson ont comme par hasard trouvé ma route, comme pour souligner la symbolique que j’ai trouvé préférée à cette fête : au bout du tunnel il y a toujours la lumière. Toujours.
Je partage avec vous ces deux petits moments. En vous souhaitant résilience et courage, on va vers la lumière quoiqu’il arrive.

The Longest Night from Angie Pickman on Vimeo.

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« Keep faith and keep your candle.
The sun is sure to rise
o’er the sleepy fields of winter,
bringing beauty to our eyes. »

Petit cours d’esprit critique

Vraiment une excellente vidéo qui ne résume pourtant que quelques faits. C’est un peu long, mais c’est parce qu’il donne l’exemple d’une conférencière au salon de la parapsychologie. Et autour de ça, il décortique plusieurs exemples. C’est extrêmement didactique. A mettre entre toutes les mains.

Quels sont les illusions, faux-arguments poudre aux yeux que le New Age vous envoie à la figure pour vous faire gober tout et n’importe quoi ? (l’exotisme, le c’était mieux avant, ….) Quid des arguments de vente issus de ce type de discours, justement parce que vous êtes « endormis » et qu’on vous pousse à l’achat ?

Comment utiliser internet facilement pour vérifier des faits ? Qu’est-ce qu’une source fiable ou non ? Observer la logique, ou l’absence de logique d’un argument.

Bref, ou comment ne pas être passif face à ce qu’on nous présente comme étant une information « vraie », « scientifique » ou autre. Valable pour tout d’ailleurs… Le New Age, les chaînes sur les alternatives santé, les actualités…

Solstice d’été 2016

Le temps est vraiment différent ici, et la terre, je l’ai déjà mentionné. Les fêtes de l’année ne ressemblent pas vraiment à celle d’Europe, ni dans les énergies, ni dans les dates. Beaucoup sont passées « à la trappe », avalées dans un continuum, peut-être n’existant pas ici, peut-être ayant été tellement différente avec d’autres symboles et d’autres noms que je ne les ai pas reconnus. Mais bizarrement, le solstice d’été, lui, me parle.

Je ne ferais probablement rien de « païen », car je manque de contacts et d’un groupe. Parce que je n’ai pas encore trouvé d’endroit dans cette ville qui soit propice pour communier en extérieur. Par contre les énergies sont bien là, depuis déjà quelques temps, et à leur pic hier et aujourd’hui, avec les 40°C, les coups de soleil rien qu’en marchant dans la rue sur un court trajet, et la tempête du soir, le vent fort, la pluie, l’orage. La seule chose que je voudrais essayer de faire, c’est de m’aligner avec ce flux, et de l’utiliser pour la transition que je vis. Peu importe qu’elle soit violente, comme l’orage, comme les archétypes et les Dieux qui y sont associés, on se sent mieux après. Si j’arrive à m’aligner, je pourrais mieux manifester mes besoins dans ma vie au quotidien. Je suppose que certains appellent juste sorcellerie, d’autres psychologie etc…. Quoiqu’il en soit, l’heure à la purification. J’essaie d’identifier les cycles dans lesquels je me trouve, dans mon « étape de vie », sur mon chemin spirituelle, etc. Tout concorde. Déracinement de la terre, déracinement spirituel, pertes des repères, retour à zéro, traversée du désert, silence de l’Autre Côté, traversée des Ombres et de l’Enfer intérieur…

Après avoir déménagé 3 fois en 2014, en l’espace de quelques mois, cette année subit un rythme un peu similaire. Déménagement en septembre dernier, puis cette fin de semaine, et à l’automne prochain ça sera rebelotte. Du coup, je trie mes affaires en pensant au retour, ce qui sera de trop, mais ce dont j’aurais besoin entre temps, …. C’est l’occasion d’observer comment je fonctionne, comment j’accumule : matériaux de dessin, matériaux de récupération, pochettes et cartons pour renvoyer des colis moins chers, pots pour les conserves, bouteilles pour les soupes / boissons, papiers et dépliants d’information (nouvelle ville, nouvelle vie, forcément), les carnets de compte, dessins, cahiers d’écriture, fiches de tirage, …. Qu’est-ce qui est vraiment utile ou pas ? Qu’est-ce qui peut être récupérer plus tard en recommençant à zéro ? Qu’est-ce qui peut être jeté ? C’est le moment de me demander tout ça. Or, cela va de pair avec tout ce qui j’essaie de mettre en place dans ma vie depuis 5 mois. Tout changer. Je n’ai pas pris la voie facile, parce que j’avais prévu de changer plusieurs choses en même temps, or détruire d’anciennes habitudes et en créer de nouvelles c’est vraiment long et décourageant si on prend trop à la fois. Mais je n’avais « pas le choix », à mes yeux. Je voulais vraiment autre chose, j’y suis allée… un peu bourrin.

Ancrer des habitudes et des trucs pour m’aider. Des exercices d’étirement et de relaxation. Reprendre la marche. Méditer tous les jours 10 minutes au moins (le soir souvent), entre deux phases de travail si possible, ça aide beaucoup. Ecriture régulièrement. Revisiter mon planning, toute ma façon de gérer l’emploi du temps. Revoir les heures de coucher, les heures de lever, les heures de travail, les lieux de travail. Revoir toute ma façon d’écrire mon organisation, papier ou informatique, mois ou semaine, ou les deux, mais quels thèmes, quelles listes par types, quelle quantité d’items, revoir les activités avant le coucher (si possible lecture sur papier et pas ordinateur, si possible 1 heure avant le coucher…), les activités « extra » qui plaisent vraiment, sur lesquelles on a envie d’investir du temps, revoir la liste des priorités, au boulot, et pour soi, dans la vie… Élaguer, élaguer, élaguer. Gérer le stress et la maladie. Gérer le vide que l’on crée, la perturbation de la nouveauté, l’angoisse du vide. Se laisser porter, continuer de se demander ce que l’on veut vraiment, comment remplir ce temps etc. C’est une énorme quantité de choses. Après 5 mois je commence à voir les progrès. Je suis encore tellement loin du but ! Mais au début c’était vraiment difficile et décourageant, on ne voit pas les résultats, ou peu. Ou trop peu par rapport aux efforts fournis. Et puis au fur et à mesure… ça commence à venir. On récolte ce que l’on sème, et alors on se dit que ouais, c’est une course de fond, mais que l’on commence à dépasser la phase où mes poumons crachotent, pour passer au rythme souple croisière.

Tout ça je souhaite le continuer. Et cela résonne beaucoup avec la purification violente de l’orage de la période de midsummer. Sentir la victoire qui émerge des efforts rudes, la coquille qui se fissure sur la foudre, la pluie purificatrice qui emporte les déchets, les débris. Je réfléchis à un petit « rituel » symbolique à faire des mes mains, comme c’est le cas souvent maintenant, une création qui capte les énergies et les mets en œuvre. Quelques idées sont venues. En plus d’essayer d’apporter un peu de clarté et de choses à méditer spécifiquement par un tirage de Solstice.

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« You know nothing. »

Un article probablement sinueux, ça fait des mois que ça me titillait, mais ce n’était pas facile à mettre en mots, et j’ai longtemps hésiter à le poster ou pas.

J’avance sur le chemin, j’ai conscience d’avancer sur un chemin, depuis des années, avec des tas d’étapes. On peut se rappeler de jalons dans l’ouverture progressive de la conscience, dans l’acquisition de certaines connaissances, la fréquentation de certains groupes d’échanges, le marquage de telle ou telle initiation, …. De telle année à telle année j’étais sur X forum, je fréquentais souvent Y personnes, je me définissais comme Z. Je lisais beaucoup, je cherchais, j’ai rencontré F groupe féminin, participé au beau T groupe de tambours une fois. On marche, on marche, on marche, on cherche. Les « illuminations », compréhensions fulgurantes de qui nous sommes, de comment pourrait fonctionner le monde et l’Autre, sont déchirantes, comme de regarder trop longtemps le soleil ou de s’approcher un peu trop. Ca nous bouleverse, dans tous les sens du terme, et ça brûle un peu. Sauf que constamment, au fil de mois, des ans, on remet en question tout ce qu’on a trouvé. On apprend à se connaître mieux, ce qui nous convient ou pas, ce qui ne nous va plus, on change de trottoir, de tradition, de groupe. On revoit nos croyances, nos « certitudes », nos valeurs, nos savoirs.

Et on sait, on en a tous entendu parler, on l’a tous vécu au moins une fois, et même plusieurs, la fameuse « nuit noire de l’âme » fait aussi partie du chemin, elle reviendra toujours s’agripper à nous à un moment ou à un autre. On fatigue, on a besoin d’une pause. Ou alors…. le monde se vide, comme si quelqu’un avait débouché la baignoire cosmique, et tout part à la trappe, se dérobe sous les pieds, les symboles, les représentations, les acquis, tout se délite. Et si les Dieux n’étaient tous que les mêmes, avec des noms différents ? Et si les Dieux n’étaient que des égrégores que nous nourrissons ? (ou les théories inverses, selon le point de vue de départ) Et puis pourquoi les prier, s’ils sont juste là pour représenter des valeurs / archétypes / autres ? Qu’est-ce que ça nous apporte ? On a critiqué dans le passé, parfois on critique encore, les superstitions de certains catholiques, les gestes, leurs messes… Mais en quoi est-ce que leurs rites sont moins bons que d’autres ? moins justes ? Pourquoi leur dieu « du désert » serait-il une erreur ? (Puis il y en a d’autres, des dieux du désert) Pourquoi nourrir une haine / un rejet des églises et de ce culte, alors que nous aussi avons nos propres cultes ? Y a-t-il une échelle de valeur ? Laquelle ? Pourquoi ? Est-ce plus grave qu’un catholique (ou même peut-être plus un protestant) rejette ma religion sous prétexte que je vénère des idoles, plutôt qu’un wiccan ou un universaliste qui me disent que je suis folle de croire en la réelle existence des Dieux, que je me fourvoie sur leur « utilité« , et qu’ils ne sont que des archétypes ? (Note: pour chacun des deux termes cités, cela ne représente qu’une infime fraction du type de croyances qui peuvent leur être associé, ce n’est qu’un exemple, pas une dissertation exhaustive). Mais comment savoir après tout qui a raison ? Les éternels débat sur « la vérité », n’y en a-t-il qu’une ? Est-ce que simplement ce n’est pas à chacun de s’informer et de peser, pour lui-même (ou elle-même), et de choisir ce qui lui convient, ce qui le/la convainc le plus, et de l’adopter ? Pourquoi chercher à imposer aux autres sa façon de voir ?

J’ai souvent avancé par phases, par sorte de bonds, que j’ai souvent trouvé violents et gigantesques. Mais il y a eu aussi, entre ses phases dynamiques, soudaines, rapides, des phases de longues errances, recherches, décantations, et aussi des « trous » dans la trame. Des moments où je ne savais plus rien. Je ne savais plus où j’avais les pieds, sur quelle terre, comment j’étais arrivée là, pour quelle raison, qui j’étais, quels étaient mes buts…. Régulièrement tout se remet en question, or plus j’ai avancé, plus je suis allée dans l’intensification de ma « spiritualité » (pour faire large) et ses diverses implications. Je donnais, petit à petit, à la mesure de mes moyens, la place prépondérante aux interactions spirituelles, tel que cela semblait faire partie de mon être profond. Cela a duré longtemps, très longtemps. Malgré des moments flous, mon errance un peu partout, cette sorte de voyage autour du monde des panthéons, pour tirer la sonnette, ressentir la vibration, et voir si cela résonnait à l’intérieur de moi, si quelqu’un de l’autre côté de la Porte répondait. or avec le temps, les mêmes portes ne répondaient pas, parfois une seule des entités derrière X porte me répondait. Je me demandais si le chemin allait se poursuivre ensemble pour l’avenir. Parfois certaines sont restées, parfois pas, c’était une interaction temporaire. Le premier panthéon auquel je m’étais probablement présenté m’est resté bloqué des années entières, malgré offrandes / prières répétées, j’étais persuadée que ça n’était pas mon chemin ! Sauf que sept ans après, PAF, déchirement et « illumination », et aujourd’hui, c’est un de mes fondements. Il y en a eu des drôles de questionnements. IL y en a eu des désillusions, des virages à 180 degrés, parfois 360.

Et rien n’est jamais sûr. Rien n’est jamais su et définitivement acquis.

Je me sentais triste de quitter mon chez moi, de quitter ma terre, je me sentais pleine d’appréhension en août dernier. Je savais que cela serait différent, probablement perturbant, et que cela prendrait du temps. Pourtant j’avais la certitude que « tout irait bien ». Que mes alliances étaient solides, les liens intimes, que je ne me sentirais jamais seule et abandonnée, qu’une partie de ma pratique (même petite) allait demeurer tandis que le reste s’adapterait. C’est tout ce que je me suis dit, pour éviter de projeter au maximum, et pour laisser l’expérience se faire. Mais comme je me suis trompée ! Ca n’a pas suffi. Au début, j’étais tellement occupée, immergée dans les processus administratifs, la reprise du travail, etc, que je n’ai pu m’en rendre compte, je me doutais que j’allais être anesthésiée, que ça me tomberait dessus plus tard. Mon corps a beaucoup envoyé de signaux, résisté. L’eau était différente, son goût, son pH, les produits dedans. La nourriture aussi, pas la même teneur en eau, en nutriment, pas les mêmes variétés. Les énergies de la ville aussi, différentes, nécessairement, même en France dans une autre ville j’aurais dû m’adapter. Mais c’était un tout. le sol sous mes pieds étaient entièrement différent. Les vibrations, tantôt absentes, tantôt très présentes, mais d’un tout autre filtre, d’une autre nature. Comme une autre palette de couleurs, ou plutôt une autre langue. Le filtre de la culture s’appliquait aussi aux énergies, aux Voiles, aux Êtres ici. Le jour ça allait, la nuit l’angoisse montait car je sentais profondément en moi ma différence, ma non appartenance. C’était comme si la terre, les arbres, les êtres invisibles devenaient beaucoup plus présents, partout, leurs murmures, cette pression dans la nuque qui vous fait sentir que vous êtes regardé(e) ou suivi(e). L’étrangère de passage. Et puis au bout de 2 mois, puis 3, je n’étais pas que de passage, et ça s’est senti aussi. Quelles drôles de sensations.

Je n’ai voulu offenser personne, je n’ai pas importé mes pratiques avec moi. J’ai fait une offrande à l’arrivée, j’avais simplement besoin des mes outils dévotionnels et de mes autels. J’attendais les signes de mes Alliés, qui généralement, eux, font la logistique, les échanges, la négociation, pour m’indiquer la marche à suivre. Ce qu’il serait bon d’éviter de faire, ou de faire. J’attendais… Sauf qu’en fait, mis à part l’introduction à l’arrivée, et les restrictions sur telle et telle pratiques (pour lesquelles je n’avais pas le « passe droit » en ce lieu, ou pour lesquels je ne pouvais pas être protégés par eux comme d’habitude) , rien n’est venu. Aucun esprit du lieu n’est venu me parler, me demander des choses. S’il y a des divinités, aucune non plus. Et le plus perturbant…. mes Alliés ne sont pas revenus. Le lien s’est énormément distendu, je les sentais toujours loin. Et progressivement, ça s’étiolait. J’ai attendu, attendu, mais rien. J’ai demandé des rêves, j’ai prié, j’ai fait des offrandes, j’ai été en colère parfois, au désespoir à d’autres. Aucun changement. Il y a eu quelques sursauts, quelques rêves, mais vraiment des choses extrêmement minces et isolées. Certains échanges avec des amis ou connaissances semblaient m’indiquer que je portais toujours sur moi l’intérêt et la marque de notre Grande Reine (Morrigan, pour ceux qui ne le savent pas), donc j’essayais de me dire que  peut-être simplement un statu quo était maintenu malgré tout.

Je manquais d’énergie et de temps. l’année ici était assez dingue. Donc je pensais que cela reviendrait lors des périodes plus calmes en termes d’activité, mais non. Ensuite je me suis dit, la chance que j’ai est d’avoir des alliés qui cessent de me demander des choses quand je ne suis pas bien ou que j’ai des priorités plus urgentes au travail, ce qui peut aller parfois jusqu’à leur retrait complet volontairement quand mon énergie n’est pas assez stable ou forte, pour éviter de me pomper / user (ce qui engendre des périodes plus « vides », mais pas des nuits noires donc). Je me suis dit alors que c’était peut-être un de ces cas-là, et j’attendais. Mais rien. Que penser lorsque l’on a au cœur de soi et sa vie quelque chose d’aussi constitutif, important, qui se dissout ? Comment se définir ? Comment justifier certaines valeurs et croyances?  Quand on n’est pas simplement dévot ou croyant, mais que l’on est pratiquant ? Quand nous sommes en interaction régulièrement avec Eux, que nous travaillons pour Eux, et qu’ils ne sont plus là ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

Comment se déroulera la suite ? Est-ce que cela reviendra plus tard ? Est-ce que cette partie-là est entièrement dissoute ? Est-ce que la Terre et ses Portes ici me sont fermées parce que je suis étrangère ? Est-ce que c’est une question de temps ? Est-ce que mes fonctions vont être délaissées, que je ne serais plus prêtresse, plus travailleuse des Esprits ? Impossible de savoir si autre chose viendra remplacer cela. Si ici, Certains vont venir frapper à ma porte pour s’introduire. Et si cela ne revient jamais ? Est-ce que cela constituerait être une période de ma vie, et qu’elle va s’arrêter ici ?

« You know nothing. »

Rien n’est certain.