Des rituels simples au quotidien

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Mots clés :

  • rituels quotidiens
  • rituels simples
  • dévotion
  • divinité gauloise
  • énergie (magie) des orages
  • mois de juin et solstice d’été

 

Ça n’a l’air de rien, mais parfois un rituel est aussi simple que dessiner sur un bout de papier. Les circonstances émergent, et il faut saisir l’opportunité avant qu’elle file. Il n’y a rien de sophistiqué, pas de beau parchemin vieilli ni de plume d’oie, pas de grand cercle de bougies, pas de cape, … C’est saisir l’instant au moment-même où il se déroule. J’ai une vie bien remplie, et surtout, un esprit très rempli et compliqué. Maintenir une vie spirituelle n’est pas pas particulièrement facile. Mais ici, voici un exemple de façons toute bête par lesquelles je m’efforce de maintenir la connexion au sacré au quotidien.

Nous avons eu sur trois jours une terrible vague de chaleur, arrivée brutalement après des températures « normales ». L’air était complètement saturé, et un orage très violent est survenu rapidement lundi après-midi, deux jours avant la date annoncée. J’ai été frappée par cette énergie très particulière dans l’air, et des souvenirs me sont soudainement revenus. *Cette* énergie-là… cette densité très particulière, je pouvais m’en rappeler, la reconnaître. Je pouvais presque la sentir sur ma langue : la surcharge du mois de juin… Des flashs de solstice d’été passés. « Taranis! Taranis! Taranis! » Le nom rugueux qui retentit dans ma tête, la scansion. Quand j’étais toute jeune polythéiste, j’ai travaillé avec une poignée de Dieux seulement, d’origine gauloise (c’est comme ça que j’ai été « formée », et ce sont eux qui ont répondu). Taranis était l’un d’entre eux, et il a toujours été assez difficile à cerner. On n’a pas énormément de sources à son sujet, et je ne suis pas une fan de la religion gallo-romaine. Ça ne me parle juste pas du tout, je voulais m’adresser aux Dieux gaulois en tant que tels, dans leur culture / conception d’origine. Projet un fou (ou vain diront certains), en tout cas, j’ai appris du coup à développer un ressenti propre (un « UPG »). Développer mon intuition, détecter des signaux, des énergies, etc, ressentir une divinité. C’était vraiment difficile pour débuter, mais je voulais aller à la rencontre du Dieu brut, primal (avant les romains). Je n’y suis parvenue qu’à travers les orages et tempêtes. Dans le vent et la pluie, sous le tonnerre, j’ai crié son nom, scandé, appelé, prié, dansé, … Et j’avais expérimenté que le mois de juin est particulièrement « friand » en orages de chaleur (c’était le cas à l’époque). Ca se concentrait notamment autour du Solstice. L’orage violent du jour a produit cet espèce de rush de souvenirs soudain, ramenant à mon esprit et à mon corps ces expériences.

J’avais très peu de temps devant, je ne voyais pas quoi faire. Mais je sentais qu’il fallait faire l’effort de sortir de ma tête, pour faire quelque chose, pour vivre ma spiritualité dans cet instant. Je suis allée me doucher pour me purifier et je l’ai appelé. J’ai entendu dans ma tête la scansion du passé, et je l’ai reproduite. J’ai fixé une intention, une forme de prière silencieuse ou murmurée. Et je me suis souvenue de cette instance de purification particulière. En plein milieu de ma douche, je me suis mise à voir ce symbole sorti de nulle part. Alors dès que je suis sortie, j’ai pris le parti de tracer sur un petit morceau de papier ce que j’avais vu, et d’y imprégner à la fois mes souvenirs, mon appel, les énergies du moment. Pour Taranis.

Ca n’a peut-être l’air de rien, mais prendre le temps de concentrer son attention mentale et son intention, de bouger quelque chose dans le corps, et de dessiner bêtement mais de charger le dessin… Ca peut suffir amplement. Et ça n’a pas bousculé ma journée.

Je me permets un reblog ce soir, car j’ai trouvé un article sur un sujet très rarement abordé sur la Toile. Évidemment, cela fait des années que j’ai commencé à lire des blogs (plus de 10 ans), alors j’ai peut-être oublié avoir déjà débattu le sujet par le passé ? Pourtant il me semble que les partages sur les expériences personnelles de « manque », ou plus précisément d’impression de « régression » sur le chemin sont quasi inexistantes. C’est rigolo parce que cela fait plus d’un an que le sujet me trotte dans la tête, m’interroge… Alors du coup je ne pouvais pas laisser passer l’article sans le partager.

La question centrale : « pourquoi après avoir commencé un chemin (initiatique ici) la personne a perdu ses facultés psy ? »

Je vous invite à lire les questions pistes de réflexion via Progrès et retards sur les facultés psy

« Progrès et retards sur les facultés psy »

Comment gérer sa spiritualité quand on a une maladie longue durée ?

Difficile de trouver un titre pas trop à rallonge, et qui englobe un peu tout…

L’idée, c’est de traiter le lourd sujet de la pratique spirituelle (dans mon cas) ou magique (pour les sorciers / sorcières). Comment on fait quand on est épuisé, quand on a des problèmes pour se déplacer, etc ? La vidéo de Lyra offre plein de petites idées, et casse plusieurs mythes sur la pratique en santé. On petu discuter certains points, ne pas être d’accord avec tout etc, mais malgré tout, ça donne beaucoup d’eau au moulin. J’ai pas mal de gens avec lesquels j’ai évoqué ce sujet en privé, et parfois des consultants aussi. Pour une fois que je peux donner une ressource en français et pas en anglais, je saute sur l’occasion de vous la partager.

Équinoxe d’automne 2018


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Allez, posons quelques mots ici.
Mon instagram est plus actif que mon blog, mais sur le téléphone on n’a pas la même liberté d’écriture que sur un clavier. (Instagram qui est essentiellement rédigé en anglais d’ailleurs, alors que ce blog est strictement francophone) Bref, c’est le moment de partager quelques petites graines ici, pour les curieux qui passent encore.

Peut-être qu’on cassera un peu le mythe des grandes célébrations mystico-païennes ? Parfois on n’a pas le temps, ou pas l’énergie. C’est mon cas, pour tout un tas de raisons. Et j’ai encore cet idéal dans la tête qui me fait culpabiliser quand je ne « fais rien ». Mais après tout, il faut le sentir aussi, faut en avoir envie, sentir un besoin, ne pas y aller sous prétexte qu’une police de répression païenne va nous botter les fesses si on ne célèbre pas. x) Je voulais y aller pour moi, parce que j’avais envie. Je n’avais aucune idée de quoi, je n’avais clairement pas d’énergie ; mais prendre mes chaussures, mon sac, et sortir de chez moi c’était déjà un premier pas. Prendre le temps d’aller marcher, de lever les yeux au ciel, d’admirer, de renifler, sentir, vibrer…. Ca fait aussi partie de la Fête. On regarde autour de soi comment la nature a évolué depuis la dernière fois qu’on est venu et qu’on a regardé. On utilise son corps, ses 5 sens, pour se décentrer. Enfin, comment dire. Ca ancre en fait, donc ça « centre » en soi. Mais l’idée c’est de sortir de sa tête et de son ego, donc c’est aussi une forme de « décentrement ».

J’ai été « récompensée » de cette sortie. La lumière était exquise ; j’adore cette saison pour ça après tout, la lumière pré-crépusculaire est magnifique. Le ciel était pour une fois bien dégagé entre plusieurs jours gris, et j’ai aperçu ces superbes nuages de glace que j’affectionne tant. Comme des « cheveux d’ange », des fractales, des traits de pastels secs estompés, ou d’encre à la plume et au pinceau… Ca appelle mon imagination, ça la titille, lui fait du bien. Ca me remplit de joie, tout simplement. Et puis, en m’arrêtant quelques minutes aussi, je réalise le symbolisme présent sous mes yeux. Les franges « coiffent » la colline en réalité. On dirait que le nuage se disperse en étoile depuis le sommet de cet endroit que je considère comme sacré. C’est comme si quelqu’un avait dessiné sous mes yeux l’énergie sacrée de l’endroit et leur dispersion. Comme si je pouvais observer physiquement ce point de contact Terre-Ciel, les courants telluriques, sacrés et célestes. Evidemment, on ne pourra jamais savoir si c’est le cas ou pas, ça n’est pas « scientifique » ou « démontrable »… Mais quelle beauté.

Puis j’ai aperçu plusieurs points noirs en mouvement dans le ciel, alors je me suis progressivement rapprochée ou peu pour voir de quoi il retournait. Au-dessus des arbres, il y avait 3 oiseaux qui se tournaient autour. Souvent, tous les oiseaux paraissent noirs de loin, donc il fallait se rapproche encore. Leur vol était beau ; il y avait beaucoup de vent ce jour-là, donc ils alternaient entre vol délibéré et vol plané dans les courants. Ils n’avaient pas l’air agressifs, mais ils se « couraient après » tantôt, ou je chassais ? difficile à dire. C’est alors que je me suis aperçue qu’ils n’étaient pas de la même espèce. Il y avait deux corneilles, et un rapace. Je connais cet endroit, je viens souvent exprès pour pister les faucons qui habitent ou chassent ici. Mais je ne connais pas encore toutes les caractéristiques de l’espèce, il fallait que je vérifie ; donc il fallait s’approcher encore et encore, sans les faire fuir. A priori, j’ai aperçu des fragments de couleurs « isabelle » qui correspondent, la forme de la queue aussi, et un cri. Je crois vraiment que c’était bien un faucon, mon cher et habituel faucon crécerelle (et non un épervier ou une buse). J’étais aux anges. Mes deux « chouchous » qui avaient l’air de jouer ensemble ; être venue, et avoir pu approcher cet oiseau que j’affectionne tant (le faucon c.). Et puis… Il y a cet autre détail symbolique aussi. Ceux qui me suivent depuis longtemps savent probablement que je travaille avec deux divinités de façon extrêmement rapprochée : Morrigan et Freyja. Vous voyez ce que je veux dire ? Je passe par ici, pour une célébration improvisée, juste profiter du moment, et je vois les oiseaux dédiés à chacune d’entre elle, et en plus ils ont l’air de jouer ensemble. Le hasard ? Oui, peut-être. Mais comme pour ces franges miraculeuses dans le ciel, c’était beau et poétique d’en prendre note quand même.

Ensuite j’ai fait un peu le tour du Bosquet, et j’ai remarqué quelque chose qui m’a frappée. Je me demande ce que vous autres avez observé ailleurs en France. On a eu une très mauvaise saison pour les fruits cette année ; les cerisiers ont été très pauvres, les pruniers n’ont donné pratiquement aucun fruit, … mais quand je suis passée par là, et que j’ai traversé la vallée, tous les arbustes ployaient littéralement sous le poids de leurs fruits et cosses ! Les frênes étaient complètement inondé de grappes de fruits, les feuilles pâlies déjà tournant au marron. Les aubépines n’en parlons pas, une explosion de rouge à l’oeil, de près comme de loin, des tonnes de grappes de baies. Les prunelliers aussi, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu autant de prunelles le long du sentir. Les cornouillers sanguins avaient d’être à la même enseigne. Et de mémoire je ne sais plus quels autres arbres et arbustes j’ai vu, mais c’était saisissant… Quel contraste entre un été misérable en fruit, et cette abondance explosive-là.

En tout cas. C’était un magnifique moment de recueillement intérieur. Une célébration de l’équinoxe à l’extérieur, proche de la nature. Rien de compliqué. Ca ne m’a pas empêché de prier, de saluer, de communier.

Joyeux équinoxe à tous.

(EDIT : puis j’y pense, dans la symbolique, puisqu’on en parle. Ce fut l’anniversaire de la création de l’Antre de Morrigan, et aussi de mon site dévotionnel « Sur le Seuil » (qui est dédié aux cartes, à la médiumnité, aux créations canalisées, en l’honneur de mes guides). Je fus absolument ravie de recevoir à cette occasion deux commandes de tirage.)

Méditations 1, la Nouvelle Terre

Peut-être que cette idée n’aboutira pas. Mais je me disais que je pourrais lancer cette « série » sur le blog pour partager les réflexions de fond qui m’animent. Malheureusement, pour tout un tas de choses que je pratique ou ressens depuis un moment, je ne me vois pas les partager sur un blog comme j’ai pu le faire avant. Ca se voit, ce site est un peu à l’abandon. Mais par contre, je me disais que, peut-être, s’il reste des gens qui lisent encore sur internet (et qui passent par ici), alors peut-être que je pourrais toujours poser quelques pierres ici et là. Sur les questions de fond qui nous touchent, sur les implications « théologiques » de nos croyances. Des méditations brutes, inachevées, brouillonnes, comme des vers que l’on prononce au vent pour les « tester ». Tant pis pour l’imperfection.

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Med.1. « La Nouvelle Terre »

Si la Terre s’appauvrit mois après mois,
Qu’en sera-t-il des « Dieux de la Terre » ?
Qu’en sera-t-il des « Esprits du Lieu » ?
Qu’est-ce qui fonde la puissance spirituelle et énergétique de la Terre ?
Rivières, fleuves, montagnes, forêts…
Nous les altérons jour après jour.
Qu’en est-il de leur nature ?
S’ils – ou quand ils auront disparu,
Qu’en sera-t-il de la Terre?

Et qu’en sera-t-il des « Esprits animaux » avec lesquels nous prétendons travailler ?
Le cougar s’est éteint, et bientôt l’ours polaire, les baleines, et même le chardonneret de nos jardins.
Que sentirons-nous ? Que fera-t-on ?
Travaillons-nous avec leur Esprit vivant, ou leur mémoire ?
Faisons-nous un travail ancestral avant l’heure ?

Des Dieux, des Esprits, des Lieux dans l’instant T.
Que laisserons-nous à nos enfants ?
Pourrons-nous leur parler de Morrigan et de Cernunnos,
Des Pagus de la Seine, du Centre, ou de Bretagne,
Si les caractéristiques de nos Terres sont déformées ?
Si la rivière est asséchée, ou son cours détourné ?
Si le bois a été rasé ?
La vallée terrassée ?

V.
15 Septembre 2018. 

Imbolc 2018

Difficile de ne pas céder au défaitisme quand on n’a plus aucun repère de pratique. Le temps file à toute allure, et mon chemin sinueux ne reprend toujours pas de forme claire. Beaucoup de festivals passent à la trappe, l’énergie n’est pas là…. et puis contre toute attente, cet Imbolc-là, lui je l’ai senti. Quelques jours après, de quoi m’avoir laissé croire qu’il allait y passer lui aussi, mais non. Ca fait du bien…. Surtout du recueillement intérieur, mais aussi des petites prières, une balade purifiante dans la neige, un retour sur des lieux sacrés, et une petite session de création de cartes pour la saison.

Joyeux Imbolc à ceux qui le fêtent.

Joyeux Solstice d’Hiver 2017

Yule a toujours été ma célébration préférée…. j’ai été extrêmement triste de me rendre compte à 17h aujourd’hui seulement que nous venions de passer la porte. Depuis mon arrivée au Canada en automne 2015, j’ai été déconnectée de la Terre et du Temps Sacré. Quand on sait quelle place cela avait pour moi, on peut imaginer le vide et l’incompréhension. J’ai donc eu un gros pincement au coeur aujourd’hui. Et puis…. je me suis dit qu’il me restait toujours du temps pour méditer et me recueillir. Une petite vidéo artistique et une très jolie chanson ont comme par hasard trouvé ma route, comme pour souligner la symbolique que j’ai trouvé préférée à cette fête : au bout du tunnel il y a toujours la lumière. Toujours.
Je partage avec vous ces deux petits moments. En vous souhaitant résilience et courage, on va vers la lumière quoiqu’il arrive.

The Longest Night from Angie Pickman on Vimeo.

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« Keep faith and keep your candle.
The sun is sure to rise
o’er the sleepy fields of winter,
bringing beauty to our eyes. »