« La » déesse, « la triple déesse », une critique féministe et queer

Quand je n’ai pas le temps de déconstruire moi-même des concepts du néo-paganisme, je suis profondément heureuse quand d’autres ont une démarche similaire ! Cathou s’est lancé dans le sujet délicat et sensible de « la triple déesse« . Une grosse série de 3 vidéos, avec plein de choses dedans. Accroche-toi pour suivre c’est très spontané, donc un peu chaotique, mais c’est très intéressant et ça vaut la peine. Ce qui me touche tout particulièrement c’est que, comme moi, Cathou a à coeur que ses contenus soient accessibles au plus grand nombre, et donc pour celles et ceux qui n’aiment pas les vidéos, cet article comprend une synthèse de son intervention.

Tarot queer et féministe

Pour expliquer ce qui me chiffonne avec tout ça: trois vidéos, mes notes de travail et une brève bibliographie.

Finalement, la trame qui a servi à l’élaboration de mes 3 vidéos n’est pas aussi fidèle à la structure des vidéos que je l’aurai voulu. Vous pouvez toutefois retrouver les grandes lignes dans ces notes de travail (avec les fautes et le fouillis qui va avec hein, c’est un brouillon, pas un article ^^).

  • Qu’est-ce que c’est ?

Des échos anciens, des déesses triples, des déesses vierges etc (même si ça n’a pas le même sens que le sens commun de nos jours),

La lune (tradition dianique), en particulier l’analogie avec ses phases

Des aspects d’une même déesse,« la » (grande) déesse, qui serait une sorte de principe, conçu dans beaucoup d’approches wiccannes et/ou psychanalytique en parallèle avec un autre « masculin », comme le dieu cornu.

Lecture de religions et philosophies non occidentales avec…

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Des soucis avec la nouvelle mode du concept de « sorcière »

Voici une interview qui me rassure énormément.

Cela fait plus de 6 mois que je ressens un grand malaise face à cette ‘montée’ de la figure de la sorcière et sa déformation par l’effet de mode, mais je n’avais pas rassemblé tout ce que mes tripes ressentent, encore moins transformé tout ça en mots, puis produit un discours cohérent avec un début et une fin. Lire d’autres personnes qui sont extrêmement claires à ce sujet, ça fait du bien. Du coup à défaut d’avoir exprimé ma propre pensée, je partage :

https://lilith-tarot.jimdo.com/miroir-karlota-alevosia-interview-sorciere-magie-chaos/

Ce que je retiens de cette interview, outre le parcours très intéressant de Karlota, c’est la section « Ton ADN magique : comment te définis-tu aujourd’hui ? » Je l’aurais bien extrait et copié ici, mais je n’en ai pas l’autorisation. Pour ceux qui ont besoin d’avoir des idées un peu plus précises, quelques points importants en résumé :

  • le rôle toxique de l’opportunisme commercial (ses termes) et du capitalisme ultra libéral (mon qui ajoute)
  • le grand mélange néfaste entre développement personnel et sorcellerie / magie (le coup de la litho bon sang, j’arrête pas de le répéter x) )
  • la violence de nier d’autres définitions de la sorcière, antérieures et même actuelles (prétendre que ça n’existe plus les sorcières marginales, en forêt, qui font des rituels… etc)
  • la violence de rejeter la figure féminine de la vieille femme (c’est une intégration de la domination patriarcale)
  • le gommage des connaissances et pratiques subversives pour la mode
  • le rejet du travail avec les esprits et l’Autre Monde
  • etc.

 

Le problème du nom, païen, pas païen

Un texte très court et accessible je pense, à lire absolument pour réfléchir sur le problème du nom « païen ». Disons qu’il résume parfaitement la polémique, en étant simple et profond à la fois. Je le copie ici donc coup :

« You know why there is such conflict over the Pagan label?
It’s because it’s unnatural and was imposed on us
by a people with very different notions
of what constitutes being religious.
Look at traditional cultures the world over
– they don’t name what they do
because they don’t need to.
It’s just what they do,
what their people have always done,
how they interact with the gods and spirits
of the place they call home.
And when they travel to new lands,
they honor the powers that reside there.
And when there are differences with their neighbors
these usually come down to how the rites are carried out
and what the poets and priests call things.
These are not matters for war;
truth is not fenced in, needing our protection
– she pours her blessings in different measure to different people
with no one utterly neglected.
(Though, naturally, the largest portion was given to our people;
so says every people.)
Now we know ourselves as Pagans,
a label which separates
us from them
with endless squabbles over who belongs
in or out.
And those who have gone beyond Pagan
do the same with Kemetic, Heathen,
Hellene and all the others
– even though none of our ancestors would have any idea
what we were on about with these terms
or why it mattered in the least.
I’m not opposed to innovations when necessary,
but who needs any of this?
I love all that is divine
and give back in gratitude for what has been shared with me.
I mark the passage of the seasons
and celebrate my land and all it contains.
I remember what came before
and strive to leave things better than I found them.
This is my religion:
it needs no name nor anyone to weed out the false from the true
– it does that on its own.
For a man is his deeds,
and what lingers after
– not what he chooses to call himself. »

De mon cher Sannion. Il rejoint exactement ce qui m’avait fasciné chez les animistes et chez les celtes quand j’avais fait des recherches… on ne nomme pas. C’est tellement évident, naturel, ancré, on n’a pas de concept pour parler de ce qu’on fait, pour désigner.