Un atelier de mandala sur Paris

Quelques mots d’introduction

Bien que l’on en fasse un cliché vulgaire, Paris peut représenter une aventure au quotidien quand on a le temps d’errer un peu. Tout bouge, tout change très vite. La ville n’est pas aussi grande que ses concurrentes dans le monde, mais elle est tellement concentrée et dense qu’on peut facilement s’y perdre : on trouve de tout, et chaque amateur doit déblayer le terrain pour trouver les boutiques, les galeries, les cafés, etc, de sa préférence. De l’art, du sport, des disciplines alternatives, des soins, du rétro, du rock, … Mais même dans chaque domaine, il y a tellement de tout que pour trouver les lieux de son choix, ça reste peu évident ! Un peu comme une aiguille dans une botte de foin à mon goût. En jeune parisienne (je n’habite pas là depuis très longtemps), j’ai adopté pour l’instant le hasard pour guider mes pas, et grand bien m’en a fait, car à chaque détour de quartier je découvre des surprises.

J’avais déjà commencé à remonter vers le 20e arrondissement de temps à autre, et découvert des ateliers dans le 19e, mais je ne me serais jamais doutée. C’est Eloa qui m’a mis la puce à l’oreille, connaissant mes centres d’intérêt, lorsqu’elle a pris connaissance d’un atelier animé par une femme spécialisée dans la création de mandalas. J’ai sauté en l’air, on a beaucoup ri au téléphone, et puis je me suis lancée.

Si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure à ma suite, vous pourrez trouver Sandrine sur son magnifique site et sa page facebook, et à l’atelier studio du Regard du Cygne, 210 rue de Belleville, 75020 Paris. Pour participer à un atelier il vous faut réserver auprès d’elle par email, le tarif est de 35 euros, tout est fourni sur place (mais penser à rapporter un élastique pour rouler votre mandala, et un petit sac pour transporter l’argile !) 15h-18h le dimanche, mais toutes les informations sont disponibles sur le site. EDIT : depuis la rédaction de cet articles, les informations ont été modifiées. Rendez-vous directement sur le site ou contacter Sandrine à son adresse : contact@syamamandala.com

Bientôt deux ans déjà que j’ai fait cette découverte, entre temps la radio s’est arrêtée, renouvelée, puis arrêtée de nouveau. Nous avons été très occupées, et se coordonner n’a pas été facile, du coup j’ai dû retarder, retarder, retarder cet article qui était pourtant rédigé à peine quelques mois après l’atelier. Enfin, je peux enfin vous livrer mon récit ! J’espère qu’il contiendra toujours mon enthousiasme de ce jour-là.

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Au coeur du mandala

C’est avec une certaine impatience que je suis arrivée dans le 20e un dimanche après-midi de Mars. J’ai rencontré Sandrine juste un court moment (pour tout ce qu’on avait à se dire !) afin de faire connaissance et de préparer notre collaboration pour une interview. La mayonnaise a vite pris, et j’avais très envie de pouvoir assister à l’un de ses ateliers, pour sortir du cadre de la parole et entrer dans l’action ! Confirmer les bons ressentis et l’occasion qui se présentait à moi.

Le dimanche 10 Mars 2013, quand je me suis rendue à l’atelier, le thème proposé était donc « femmes enceintes et créatrices ». Et j’étais pleine de l’envie de découvrir un lieu, des personnes, et une démarche qui rejoint la mienne. Quand on se trouve à l’extérieur, c’est une grande façade un peu froide et imposante qui nous accueille, avec une gigantesque porte en métal. Quand je suis entrée, j’ai presque ri de la différence : vous vous retrouvez dans l’une de centaines de cours parisiennes de charme bien cachées derrière des grands murs. Une cour ancienne et pavée, des petits porches à droite et à gauche… je suis mon instruction « derrière les bambous » ! Je sonne maladroitement et j’y suis, une salle avec un vieux plancher, des grandes fenêtres… De l’espace. LA table est plus petite que ce que j’imagine, mais la pièce et grande, et on se sent à l’aise ! Derrière un mur coulissant se trouve aussi un petit bar / cuisine, où Sandrine nous propose de chauffer de l’eau pour un thé, et où l’on peut aisément nettoyer les outils par la suite.

J’essaie de contenir mon excitation une fois assise autour de la table, car chez une personne assez « nerveuse » comme moi, c’est malheureusement un peu du pareil au même… ça peut empêcher la détente, même si c’est une émotion positive ! Nous nous asseyons autour de la table, on se présente, et Sandrine se lance dans les explications. L’atelier est rodé, et d’une efficacité incroyable. Elle nous introduit d’abord au thème, ce qu’elle a voulu nous transmettre comme problématique, et pourquoi aucune des femmes présentes n’est enceinte, et pourtant toutes présentes 😉 La femme et sa créativité dans un espace plus large, pour s’autoriser à s’exprimer. Puis pour nous libérer l’esprit, elle présente le déroulement de la séance. J’apprécie énormément le côté « sain » de la démarche, une certaine « lenteur » que je retrouve dans le zen que je pratique : créer ça n’est pas se presser, c’est semer une graine, la regarder grandir, la laisser « maturer », y revenir… Cet atelier est plutôt long (de 15h à 18h), et découpé en beaucoup de parties. C’est une façon de préparer l’étape de création, et de se laisser vraiment le temps de créer quelque chose. De stopper un flux « commun », celui du travail, de la maison, pour entrer dans un flux vraiment créatif, différent. Un autre rythme. Et alors, nous nous lançons.

Nos créations à l’argile rouge (voir plus bas)

Elle nous propose pour commencer une méditation, improvisée ou non je ne sais pas. Première étape de préparation à ce rythme nouveau, et à un état réceptif. Elle nous guide pour calmer nos respirations, nos muscles, pour nous détendre. Se débarrasser de toutes les tensions, pour entrer dans un état propice à la création. Et cette détente, c’est bien une descente dans le corps : le ressentir, l’habiter, s’y ancrer. Elle prononce plus ou moins exactement cette phrase, cette idée, que nous « descendons dans la matière ». Calmer l’esprit, calmer les tensions, les muscles, et s’avancer dans le plan physique. Une étape complètement primordiale pour moi, j’ai été tellement heureuse qu’elle soit présente, car souvent c’est un de mes soucis. Quand je suis seule le problème ne se pose pas trop, car je prends mes crayons justement pour me calmer, je passe d’un état d’activité à un état de dessin. Mais souvent dans les ateliers de dessins auxquels j’ai participé, je n’étais pas du tout « productive » pendant une bonne partie de la séance (en tout cas pas très « bien », pas satisfaite) car j’étais trop parasitée nerveusement. Et comme je l’ai mentionné, en entrant dans l’atelier j’étais tellement heureuse et excitée et que j’étais un peu comme une pile électrique… alors cette méditation, au début quand j’ai fermé les yeux j’ai senti ma tension si présente, les muscles qui se crispent sur le visage, dans le dos, et même les yeux… « Oula, y a du boulot !» Il est évident que ce passage a donc été entièrement bénéfique pour moi, l’effet flagrant. Et cette descente dans le corps pour arriver à une… « présence » propice pour la suite.

Sandrine nous propose ensuite une activité verbale simple, les yeux fermés. Etablir un cercle de mots pour se relier les unes aux autres. Ludique, créatif, simple. Donner le premier mot qui nous vient quand on entend le précédent. J’aime cette étape, Sandrine insiste sur le lâcher prise et la simplicité. Pas d’attente, pas de code. S’exprimer sans barrière. Je suis dans un état qui me plaît évidemment, car cela fait marcher à fond ma synesthésie. Je vois des images, je perçois des couleurs, des sensations… C’est lent, doux, mais il se passe des tas de choses.

Quand c’est terminé je rouvre les yeux, je me sens bien. Calme, et pourtant à nouveau « stimulée ». A ma grande surprise, et pour mon plus grand plaisir, Sandrine nous explique que l’étape suivante consiste à travailler de l’argile rouge. C’est ici je crois qu’elle nomme vraiment pour la première fois « l’entrée de la matière », et ça me parle ! Après l’esprit, le corps, et la connexion, nous voici sur le point d’entrer vraiment dans la création. Une étape mixte, les yeux tantôt fermés, tantôt pas, sur un fond de musique relaxation (des bols tibétains il me semble). Lâcher finalement les dernières tensions, ressentir la matière, la travailler, lui donner une forme ou non… Je peux me lâcher à nouveau, c’est à dire continuer à faire partir des tensions résiduelles. Et je peux à nouveau déchaîner mes sens, j’adore l’odeur de l’argile qui monte jusqu’à mon nez, mais j’ai aussi un plaisir infini à la toucher. Etre simplement là, à pétrir, c’est royal. Je donne des formes les yeux fermés, pour ressentir des courbes, les modifier… comme de l’eau. Une plaque, un pli, un bol / récipient, une boule… et puis finalement un creux. Sandrine nous indique que c’est terminé quand j’ai obtenu ce mont. Je suis un peu décontenancée, mais je me sens très calme, très bien, et satisfaite de ce contact. Je le regarde, et je me dis… que ça fait diablement sens. Ici mon creux fait écho à tous mes travaux personnels. Il est le mont primordial qui émerge du Noun chez les Egyptiens, un mont de fertilité, la première poussée de création, symbole des deux Dieux avec lesquels je travaille en ce moment (Ptah et Nefertum). Aussi, je ne peux m’empêcher de rire, car « creux » = « creuset », un mot qui est sorti une ou deux fois lors du cercle de mots. Or l’atelier a lieu dans une période de renouveau dans ma vie, et juste avant mon anniversaire… alors je sens un clin d’œil. C’est mon creux, mon creuset de renaissance personnelle et créative.

On se lave les mains puis Sandrine rappelle toutes les techniques à disposition, nous distribue des feuilles et l’on commence à tracer. Trouver le centre de notre format carré, tracer le premier cercle (mandala)… puis elle nous donne notre « clé » pour travailler : la fleur de vie. Je ne sais plus si j’en avais entendu parler, peut-être dans un recoin éloigner de ma mémoire. Toujours est-il que c’est une forme géométrique de base, et elle sera notre outil pour l’atelier. Pour réaliser notre énergie de « femme enceinte et créatrice ». Après un moment un peu « ardu » à construire l’ensemble, et de mauvais souvenirs de mon enfance contrariée avec la géométrie, où Sandrine relâche les tensions, nous encourage… nous y sommes. A partir de cette forme, c’est terrain libre pour la modifier à loisir (ou non) et se lancer dans toute la créativité personnelle. Evidemment je me retrouve bloquée à cette étape. J’ai du mal à visualiser autre chose que la forme de base, à la modifier. Il faut respirer un coup… et c’est mon travail annexe personnel qui me revient en tête. Je ne peux m’empêcher de repenser à la création primordiale, et à la renaissance de mon élan créatif personnel. C’est cette base qui influence quelques modifications, puis le choix des couleurs.


Mon mandala en cours de réalisation

Sandrine est là, détachée et sereine, pour nous encourager et répondre à nos questions. Elle nous explique aussi avec chaleur qu’il est important de tester de nouvelles choses, et de suivre notre instinct : une technique vous attire particulièrement ? vous ne l’avez jamais testée ? c’est l’occasion ! Evidemment je me sens cruche comme pas possible, car je suis contrariée avec la géométrie ET avec la propreté… ah les souvenirs d’enfance. J’ai peur d’en mettre partout, et de tout rater… mais Sandrine veille à ce que l’on se détache des peurs, et surtout de l’idée que rater serait grave ! Le mot d’ordre : expérimentation. Il faut se laisser vivre son expérience. Alors je suis ce que j’ai vu pendant la construction de mon mandala : je voudrais tester des encres. Comme je m’en doutais c’est très nouveau, difficile, je ne suis pas douée au pinceau pour respecter les bords… mais je suis immergée dans le rapport à la matière finalement, et ça me plaît, même quand le résultat est trop foncé, pas ce que je voudrais, que je n’ai pas de subtilités… Tant pis ! J’avance, je laisse sécher, je teste… et c’est seulement à la fin que se révèle à moi… « l’illumination » si on veut : en voulant repasser certaines couleurs avec une autre technique (le pastel sec) pour recouvrir ce qui a été dépassé, ça fait « clic » ! J’adore la couleur, la sensation du pastel sur mes doigts, sur la feuille, la façon dont je l’applique…Et surtout, le pastel révèle mes encres ! Je peux affiner les couleurs, les nuances, et de façon complètement inattendue, j’obtiens enfin ce que j’avais en tête ! Les couleurs s’approchent de ce que j’avais visualisé, et en un cours moment, mon mandala est transformé, et avec plaisir !

Il est temps de finir, du moins de ranger… car Sandrine insiste : l’important n’est pas d’achever maintenant. Laissez-vous le temps de sentir quelle couleur vous manque, quelle sera la touche finale… Et effectivement, à ce jour, mon mandala attend que je lui trouve sa dernière couleur, pour achever… son cercle. La boucle est bouclée.

Merci infiniment à Sandrine pour notre collaboration, sa patience, sa gentillesse, sa chaleur, son calme… Et un atelier aussi bien rôdé ! J’espère diablement y revenir. Mais en attendant, ce fut la goutte d’eau… et ma créativité est remise à flot. J’ai pu profiter de ces belles énergies pour relancer mes projets personnels et ma pratique du mandala.


Mon mandala dans son état presque final, à la fin des ateliers.

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Si vous voulez découvrir Sandrine mais que vous n’habitez pas à Paris, je vous conseille de suivre sa page Facebook qui présente régulièrement des photos d’ateliers, des créations personnelles et des rendez-vous ailleurs en France selon la saison et les festivals. Elle a aussi publié des livres de mandalas à thème, parfois très sympathiques, bien qu’ils ne remplacent aucunement selon moi sa présence patiente et lumineuse pour nous mener à l’intérieur de cet univers et nous transmettre réellement la démarche. Ils sont légers, frais, pratiques, mais peu « approfondis » (disons qu’ils remplissent un but différent de ma recherche ; il manque l’aspect vraiment construction, qui participe de la pratique de fond du mandala). Alors que la rencontrer directement pourra clairement vous inspirer ou vous débloquer bien au-delà de la première approche d’un livre, autant vis à vis du tracé et que de la créativité. Une personnalité ouverte et riche qui fait la différence.

Sandrine qui nous a accompagnées

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4 réflexions sur “Un atelier de mandala sur Paris

  1. A reblogué ceci sur Mon Etoile Intérieureet a ajouté:

    Un magnifique atelier auquel j’ai eu la chance d’assister il y a deux ans ! Je recommande pour les gens qui habitent ou qui sont de passage à Paris, mais je vous invite surtout à vous tenir au courant des activités de Sandrine qui se déplace ailleurs en France pour d’autres ateliers ou pour des festivals.

  2. Vincent dit :

    J’ai adoré lire cet article aujourd’hui et regarder les images de ce mandala, ses couleurs, ses formes. La façon dont tu le racontes, c’est comme sortir un instant de l’hyperactivité de la société, de l’hyperactivité durement maîtrisable de nos pensées aussi, redécouvrir un temps « tranquille », facilement accessible en nous, si on parvient à utiliser les outils à notre disposition pour retrouver le chemin vers le ‘coeur’, ici le centre du Mandala. Pour ma part, les mandalas m’intriguent énormément depuis que tu as attiré mon attention dessus. Ces derniers mois, je me suis acheté des crayons aquarelle pour m’y mettre, j’ai vraiment la volonté … mais je n’ai pas encore réussi à ‘vraiment’ m’y mettre. Pourtant, à y réfléchir … je crois qu’en fin de compte, j’en fais en positionnant depuis un certain temps maintenant mes pierres et cristaux en cercles. Je le fais sans en avoir la volonté ou l’obligation, sans planification. C’est automatique maintenant. Il y a bien ce centre, le coeur, un cristal, puis le choix des couleurs des pierres/cristaux, autour, formant un cercle géométrique et au final, une idée, une signification, qui passent de mon inconscient à ma conscience, quand c’est terminé. C’est toujours beau pour moi. Je sais ce qu’il représente pour moi alors et ça m’apaise énormément.

    Merci à toi Valiel 😉

  3. Ravie que ça t’évoque toujours quelque chose 😉 Tu as trouvé ta façon à toi de faire visiblement.

  4. Aegiale S. dit :

    Une jolie découverte, merci énormément pour ce partage !!
    Je n’ai pas replongé dans les mandalas depuis mon stage d’été au Vieux Salydieu et ma re-rencontre avec ceux de Christian Pilastre et ton récit me fait envie et me donne à penser que c’est peut-être la clé dont j’ai besoin en ce moment !

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