[Projet Phagos] 5 – Die Lorelei

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Juste parce que…

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Die Lorelei

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin;
Ein Märchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Die Luft ist kühl, und es dunkelt,
Und ruhig fließt der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abensonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar,
Ihr goldenes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar.

Sie kämmt es mit goldenem Kamme
Und singt ein Lied dabei,
Das hat eine wundersamme,
Gewaltige Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur in die Höh.

Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn;
Und das hat mit ihrem Singen
die Lorelei getan.

Heinrich Heine

C’était le bordel pour trouver une traduction sourcée et qui n’était pas trop remaniée… j’ai pas mes livres sur la main, j’ai cherché ici et là, en voici une :

Je ne sais pas pourquoi 
Mon coeur est si triste, 
Un conte des temps anciens 
Toujours me revient à l’esprit.

La brise fraîchit, le soir tombe 
Et le Rhin coule silencieux : 
La cime des monts flamboie 
Aux feux du soleil couchant.

La plus belle des jeunes filles 
Là-haut est assise merveilleuse, 
Ses joyaux d’or étincellent, 
Elle peigne ses cheveux d’or.

Elle les peigne avec un peigne en or 
En chantant une romance, 
Son chant a un pouvoir 
Etrange et prestigieux.

Le batelier dans sa petite barque 
Est saisi d’une folle douleur, 
Il ne voit plus les récifs, 
Il regarde toujours en l’air.

Je crois que les vagues ont finalement 
Englouti le batelier et sa barque 
Et c’est la Lorelei, avec son chant fatal, 
Qui aura fait tout ce mal.

Et j’apprends à l’instant sur wikipedia qu’Apollinaire a effectué une traduction d’un autre poème sur le thème d’où nous vient la légende, je ne résiste pas :

La Loreley – à Jean sève

À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d’amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l’évêque la fit citer
D’avance il l’absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m’ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu’un autre te condamne tu m’as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n’aime rien

Mon cœur me fait si mal il faut bien que je meure
Si je me regardais il faudrait que j’en meure

Mon cœur me fait si mal depuis qu’il n’est plus là
Mon cœur me fit si mal du jour où il s’en alla

L’évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances
Menez jusqu’au couvent cette femme en démence

Vat-en Lore en folie va Lore aux yeux tremblant
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s’en allèrent sur la route tous les quatre
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve
Puis j’irai au couvent des vierges et des veuves

Là haut le vent tordait ses cheveux déroulés
Les chevaliers criaient Loreley Loreley

Tout là bas sur le Rhin s’en vient une nacelle
Et mon amant s’y tient il m’a vue il m’appelle

Mon cœur devient si doux c’est mon amant qui vient
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l’eau la belle Loreley
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

Guillaume Apollinaire – Alcools
Traduction / adaptation du poème de Clemens Brentano.

Et même Nerval, alors allons, prolongeons encore un peu cette vision…

Mon cœur, pourquoi ces noirs présages ?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon souvenir.

Déjà l’air fraîchit, le soir tombe,
Sur le Rhin, flot grondant ;
Seul un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.

Là-haut, des nymphes la plus belle
Assise, rêve encore ;
Sa main, où la bague étincelle
Peigne ses cheveux d’or.

Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez, fuyez ! La voix touchante
Ensorcelle le cœur.

Dans sa barque, l’homme qui passe,
Pris d’un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l’espace,
Vient sur l’écueil de la mort.

L’écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voilà le mal que peut faire
Lorelei sur son rocher.

(sa version étant adaptée du poème de H. Heine)

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3 réflexions sur “[Projet Phagos] 5 – Die Lorelei

  1. Lucy Dreams dit :

    Aaaah! Heine ❤

  2. Salva dit :

    Apollinaire ❤

  3. Avelliana dit :

    j’aime beaucoup le poême d’Appolinaire….

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