[Projet Phagos] 4 – Bruno Bettelheim

Pour en savoir plus sur le Projet Phagos.

****

Alors lui, il m’est tombé dessus par hasard lors de mes propres recherches, et j’ai ri comme une idiote dans les transports en songeant « ah bah voilà, le Projet Phagos vient à moi ! » Un morceau de texte complètement inattendu, qui parle de parfaitement autre chose à la base (les Contes de fées), mais qui tout d’un coup me représentait parfaitement les coups de gueule que j’ai envie de pousser parfois, et qu’on entend tout de même à droite à gauche, au sujet des fluffys et de la lumière. Je vous laisser déguster d’abord :

« La culture dominante, en ce qui concerne particulièrement des enfants, veut faire comme si le côté sombre de l’homme n’existait pas, et elle affecte de croire en un « méliorisme » optimiste. La psychanalyse elle-même est censée avoir pour but de rendre la vie facile… ce qui n’était pas du tout dans les intentions de son fondateur. Elle a été créée pour rendre l’homme capable d’accepter la nature problématique de la vie, sans se laisser abattre par elle et sans recourir à des faux-fuyants. […]

Tel est exactement le message des contes de fées, de mille manières différentes, délivrent à l’enfant : que la lutte contre les graves difficultés de la vie est inévitable et fait partie intégrante de l’existence humaine, mais que si, au lieu de se dérober, on affronte fermement les épreuves inattendues et souvent injustes, on vient à bout de tous les obstacles et on finit par emporter la victoire. »

Bruno Bettelheim, La psychanalyse des contes de fées
(L’introduction, à lire absolument, et c’est déjà très bien si on est pressé)

Pour moi, cet extrait s’applique non pas seulement à l’éducation des enfants (ici, dans le contexte, il s’agit surtout de ne raconter que de belles histoires aux enfants, et pas les horribles contes de fées), mais aux peurs des adultes, qui bien trop souvent rejettent le négatif de leur vie, et donc, dans la spiritualité aussi. Ne voir que le positif, ne traiter que le positif. Ceci est une forme de refoulement qui a des effets tout à fait évidents (le refoulement est un mécanisme nocif). A côté de ça, mon esprit (peut-être tordu?) établit un parallèle presque parfait entre cette image de la psychanalyse et celle de la « spiritualité » aujourd’hui : on veut se faire du bien, se rendre la vie plus agréable, ce qui me semble complètement à l’opposé ce que c’était à l’origine, et aussi tout à fait irréaliste. Même un chrétien aurait pu contredire, que sa foi n’est pas du tout là pour ne voir que le positif, mais pour l’aider à affronter les épreuves (en tout cas je l’ai déjà entendu). Pourma sensibilité, refouler, ne pas voir, ne pas traiter, c’est nier et se mentir. Comment on peut avancer ainsi ? Je ne parle pas de partir dans des grands combats…. mais juste de voir, d’être lucide. Il faut regarder la chose en face, puis avancer. Pour finir, de la même façon, je ne vois pas pourquoi certains mythes ne pourraient pas être problématiques, pourquoi les Dieux seraient tous parfaits et bons, et ne pourraient pas nous éprouver de temps en temps…

Publicités

Une réflexion sur “[Projet Phagos] 4 – Bruno Bettelheim

  1. Laouenan dit :

    En les fait les Dieux n’ont pas de morale je pense, la notion de bien de mal tout ça, ça ne les concerne même pas… Pas mal Bettelheim… Bon, un peu trop freudien à mon goût, mais ça donne des pistes…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s