Dépasser la triade d’archétypes

Un projet tout récent hautement intéressant que je n’aurais probablement pas découvert sans le post de Skadi sur FB : Beyond Maiden Mother and Crone.

 

Et voici une traduction de Morrigan Darkmoon :

Ce projet est né un jour d’automne l’année dernière alors que mon mari Talas et moi nous promenions autour de notre village. Si ma mémoire est bonne, l’idée est venue du fait que son exemplaire de ‘Roi, Guerrier, Magicien, Amant‘ ne l’avait pas suivi en Irlande avec nous (…). J’ai fini par ronchonner sur le fait qu’il existait une telle analyse fascinante pour les archétypes masculins, alors que le modèle féminin était restreint à Vierge, Mère et Vieille. (…)

La plupart de nos idées sur la féminité ont évolué depuis les années 1950, lorsque Gardner a créé la Wicca et le triple archétype en question, alors pourquoi ces visions ont-elles encore autant de poids pour les païennes? (…) Pourquoi acceptons-nous d’être définies par l’état de notre utérus – saignant, couvant ou ménopausé ?

(…) Qu’est-ce que je veux faire, en fin de compte ? J’aimerais savoir comment vous faites l’expérience de vous-mêmes et de votre réalité et de vos dieux en tant que païenne moderne. J’aimerais avoir des contributions de femmes qui se définissent au-delà de la triade traditionnelle (…). J’aimerais savoir comment vous vivez votre religion, comment elle vous forme et vous définit et comment être une femme la nuance. J’aimerais savoir comment vous êtes venue au paganisme, comment vous êtes venue au féminisme, si et où les deux se rejoignent, ce que vous faites de votre religion, vos sentiments sur les archétypes, si vous avez des modèles et qui ils sont… tout ce qui semble correspondre au sujet et que vous souhaitez partager.

La photographie, la poésie, la prose, les dessins, les peintures, les recettes, les rituels, les charmes, les prières sont tous des façons fascinantes par lesquelles vous pouvez contribuer à ce livre qui, je l’espère, sera incroyablement diversifié.

Suggestions

– Déconstruire le paradigme : pourquoi la triple déesse ne fonctionne pas pour moi
– Modèles alternatifs : Reine, Guerrière, Sorcière, Amante
– Une sexualité basée sur le plaisir comme modèle sacré
– L’infertilité et la créativité
– La Vierge Sage : une sagesse plus grande que mon âge
– La trans-identité et les étapes de la vie de femme
– Mon utérus ne me définit pas
– Pourquoi j’ai choisi d’être sans enfant et comment cela se traduit dans mon paganisme
– Déconstruire la ‘féminité’ telle qu’elle est imposée à la Divinité féminine
– Pourquoi la biologie et la théologie ne se mélangent pas
– Les Déesses qui transgressent la triade VMV
– L’identité gay et les étapes de la vie de femme
– Le célibat et le paganisme (…)

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5 réflexions sur “Dépasser la triade d’archétypes

  1. Lucy Dreams dit :

    Oh, voilà un projet qui me parle beaucoup, beaucoup!
    Il est vrai que pour ma part, depuis quelques temps, c’est une triade qui m’accompagne (Lucie/Aradia/Hécate) et que Rhiannon (une autre triformis) vient me faire de jolis coucous, mais je n’ai jamais été totalement satisfaite par le principe maiden/woman/crone.
    Même en considérant que ce sont les aspects fondamentaux et qu’ils se déclinent ensuite chacun en sous aspects, je trouve cela dommage.
    Car une artiste peut être jeune fille, femme ou vieille, de même qu’une guerrière n’a pas forcément d’âge de prédilection ou qu’une amante peut être ménopausée etc…
    Donc soit ces aspect de créatrice, guerrière, magicienne, amante sont subalternes aux 3 aspects majeurs et c’est faire peu de cas de ce qu’ils sont (pour moi) fondamentaux, soit ce sont eux les véritables aspects du féminin sacré et l’âge de la vie se charge de rester en filigrane parce que « ben c’est la vie quoi ».
    Je ne sais pas si je sis très claire. ^^;

  2. Sybou dit :

    Comme j’aime ce projet! Enfin, je lis un texte qui bouge, qui dépasse le simple fait d’avoir ses lunes ou non. Bien sûr que ces passages « vierge/mère/vieille » participent aussi de la vie d’une femme mais ce n’est plus une obligation… Et quand on n’est plus vierge mais sans enfant, nous sommes quoi? Parce que cet état dure de plus en plus longtemps et parfois ne cesse jamais… On a un peu tendance à l’oublier. Tout ça participe d’une certaine façon de la pression sociale, celle qui nous rappelle qu’une femme n’est pas censée s’épanouir sans enfanter et n’aurait d’utilité réelle au monde qu’en décidant de devenir mère. Etre femme, c’est bien plus que cela, la féminité est globale, tout comme la virilité, elle est multiple et c’est cela qui la rend intéressante. L’aspect vierge/mère/vieille fait parti de la féminité mais ne fait pas tout. Assumer cette multitude d’archétypes qui vibrent en chacun de nous (parce que chez les hommes aussi, comme les archétypes masculins nous parlent aussi parfois), c’est aussi mieux appréhender l’être que nous sommes. Alors oui, les Déesses qui nous accompagnent, on a tendance à les assimiler à leur virginité, la maturité, etc mais non elles sont bien plus que ça, leur grandeur ne se limite pas à leurs lunes ou leur utérus et heureusement!
    Créer, ce n’est pas seulement faire un enfant, c’est nourrir la vie dans sa globalité, que ce soit en jardinant, en participant à l’émerveillement des gens, etc. Chaque instant a un potentiel créatif, pourquoi simplement le limiter à l’ovulation?
    Quant aux archétypes proposés, ils sont très présents, dans les contes par exemple mais souvent oubliés, comme si finalement les femmes faisaient le choix aussi de s’enfermer dans des cases « vierge », « mère » et « vieille » en oubliant aussi une part d’elles-même. Au moment de la maternité, une femme n’est pas que mère…
    *Désolée si mes propos peuvent paraître agressifs, ce n’est pas du tout le but, c’est simplement que je considère que chacun a le droit de choisir quelle sera sa vie. Faire un enfant est un acte magnifique, je ne dis absolument pas le contraire.*

  3. carabosse dit :

    c’est drôle, cette triade ne m’a jamais paru comme enfermant les femmes selon leurs état ou non état de procréation, j’y ai toujours vu tout autre chose de plus large en fait, pas seulement réduit à l’utérus, mais alors pas du tout. Pour moi elle est symbolique comme « plante/fruit/graine » je sais pas si je suis claire…

  4. Evidemment, le schéma n’est que symbolique, et ce symbolisme, à la base, n’est (peut-être) pas fait pour être restrictif. Il n’empêche qu’il date d’une époque où le féminisme n’était pas vraiment à l’ordre du jour, qu’il est basé sur une image du principe féminin (que ce principe vienne de la mythologie ou des contes) assez orienté, et que la pression sociale, effectivement, continue à catégoriser les femmes selon un schéma très semblable. Combien de femmes en âge de procréer n’ont pas entendu au moins une fois « c’est quand que tu fais un bébé? », comme si c’était l’unique but d’une vie de femme (même au 21e siècle). Et quand une femme ne rentre pas dans une des cases de ce schéma, les sourcils se lèvent, les index se mettent à frémir, les chuchotements commencent à se faire entendre. On n’en a que faire des états d’âme des femmes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas avoir d’enfant.
    Là où ça devient un peu ennuyeux, c’est que les spiritualités néo-païennes (qui pourtant sont globalement tolérantes, assez féminisées et même féministes) n’arrivent pas à sortir d’un schéma qui peut être vu comme réducteur, et même dévalorisant.
    Je prends mon cas (parce que c’est ce qui m’a poussée à parler de ce projet) : 46 ans, pas d’enfant (pas par choix), pas encore ménopausée -> je n’entre dans aucune des « cases », je suis en dehors de ce symbolisme… dois-je en conclure que je ne suis pas une « vraie » femme ??? Pendant tout le temps où j’ai cru que je pourrais à mon tour être mère, ce schéma (et le questionnement qui va avec) a été une véritable torture. Bien sûr, pour me consoler, je suis allée chercher des qualités maternelles de compensation, mais il n’empêche que voilà, je ne suis pas et je ne serai pas mère, jamais. Ça ne me pose plus de problème parce que j’ai réussi à sortir de ce schéma, mais je crois qu’il ne faut pas oublier les laissé/es-pour-compte, ceux et celles qui n’entrent pas dans les cases 😉

  5. carabosse dit :

    Je comprends tout à fait, mais là tu parles plus du poids de la société que de la triade en elle même, mais je suis d’accord sur ce poids, tu sais je me suis apperçut que les paiens sont aussi catégorisants que les autres, la maternité ne peut être que biologique et on ne peut être mère que d’un enfant,
    Pour moi le symbole de la Mère va bien au delà, il s’agit d’une force de création pure (d’idées, de projets, de monde, d’objets, ect…) et si les paiens la réduisent au fait d’enfanter, c’est dommage pour eux, ils ont l’esprit étriqué!
    Tu dois être une des rares à ecrire qu’à l’Antiquité le féminisme n’était pas à l’ordre du jour, parce que baucoup de païens ont une facheuse tendance à romancer l’Histoire, voire à la réécrire, à en tirer la substance qui illustrera leurs propos (les fameuses prêtresses de l’Antiquité, la Vénus de la Préhistoire et tant d’autres exemples encore)

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