Appel : ressources sur l’infertilité

Bonjour à tous,

On m’a posé une question récemment sur l’infertilité, et j’ai été dans l’incapacité de retrouver les ressources que j’avais amassées avec le temps ! Je suis bien dégoûtée et démunie… surtout pour une sujet aussi délicat, j’appréciais d’avoir une petite base de données. Du coup j’en appelle à tous ceux qui passent par ici.

Je cherche toutes ressources: méditations, textes, rituels, prières, témoignages, des livres, sites (et même des forums)… sur l’infertilité. De l’homme comme de la femme, pour permettre d’avancer, d’accepter l’infertilité, d’y réfléchir… Cela peut comprendre toutes les traditions païennes, tous les dieux, cela peut également englober le travail sur la Crone et la ménopause.

Merci d’avance ! N’hésitez pas à répandre le mot…

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Little note for the English Speakers : I am looking for any resources about infertility in paganism since I lost mines. Rites of passage to accept infertility, rites of passage about menopause, any meditations, prayers, etc. All traditions and gods. Sites, books, testimonies, boards/forums… Don’t hesitate to spread the word.

Démystifier le pendule

Voici ce superbe article de Melmothia qui raconte son expérience avec le pendule et contribue à détruire certains mythes autour du pendule. J’ai apprécié de retrouver une partie de mon expérience et de mes conclusions personnelles. Il est assez long je vous préviens. Et certains préfèreront peut-être le lire directement sur son site dont j’ai donné le lien.

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1. Comment ne pas devenir radiesthésiste

Il y a quelques années, ma mère s’est offert le manuel du parfait petit radiesthésiste. Sans doute parce qu’elle pratiquait déjà la voyance dans les cartes et autres joyeusetés, assez rapidement ses tentatives ont été fructueuses. Non, elle n’a pas trouvé le robinet de la cuisine, bande de mauvaises langues ! D’ailleurs son but était la divination.

Le pendule a en effet cette particularité de servir d’outil à la fois aux sourciers et aux sorciers. Peu importe qui a inauguré le bal et qui a suivi, à l’arrivée tels sont ses deux destins concurrents : divinatoire & radiesthésique.

Le premier versant m’intéresse davantage, bien que les adeptes de la recherche de l’arche perdue dans le deuxième tiroir de droite considèrent l’utilisation de leurs outils à des fins de voyance comme une grave hérésie : Nous, madame, on est sérieux, on discute avec les corpuscules, les ondes et les fréquences, pas de boule de cristal chez nous, ou alors toute petite et à but rotatif.

A force de contempler ma mère faisant tourner la bouboule, encouragée par ses succès et mijotant dans la voyance depuis déjà un bail, j’ai voulu jouer aussi : « môman, montre-moi ! S’teplé ! »

Et c’est ce qu’elle a fait. Quelques litres de sueur plus tard, j’ai dû me résoudre à l’évidence: ce truc ne bougeait pas du tout. S’en est suivi une série de diagnostics sur ma petite personne dignes du docteur Knock: Fluide pas fluide ? Vibrations à gauche, à droite ? dans les trous de nez ?…

J’ai lâché l’affaire pendant près d’un an. Rebelote lorsqu’on m’en a offert un joli, rien qu’à moi, tout en cristal, mignon comme tout mais qui remuait pas plus qu’un légume.

Du temps à passé… Presque dix ans durant lesquels je tentais parfois le coup, pas très convaincue… Bof, rien. Retour au tiroir. Il était communément admis que je n’avais pas de fluide et que « bah, c’est bizarre quand même ».

Jusqu’à ce beau jour où, plongée dans la lecture d’un ouvrage général sur les supports, je suis tombée sur les célèbres camemberts en carton mis au point par les radiesthésistes. Vous savez, ces galettes colorées scindées en tranches vous permettant de choisir la couleur de votre prochaine voiture ou de déterminer magnétiquement si vous avez plutôt mal aux pieds ou la tête alouette. On peut en fabriquer pour tous les genres et pour toutes les prospections.

J’ai jugé le dispositif intéressant et mes neurones se sont mis à chauffer: Alors je pourrais faire comme ça, et comme ça… J’ai laissé mon imagination courir avec la certitude qu’en attrapant le pendule sous cet angle là, ça pourrait le faire.

Au point que j’ai fini par me demander d’où me venait cette conviction. La réponse était toute simple: En toute bonne foi, ma mère avait tenté de m’enseigner la façon de procéder du manuel qui fonctionnait bien pour elle mais pas du tout pour moi. Ça donnait : « fais comme ça, non pas ça… ne bouge pas, pose ton coude comme ça, demande ça au pendule… Là, il devrait se passer ça… s’il tourne comme ça, ça veut dire ça… ».

Or, si dans beaucoup de domaines, écouter les experts et/ou suivre le manuel est profitable, c’est beaucoup moins le cas dans les secteurs qui nous intéressent où il est fondamental de s’approprier les savoirs, voire de les réinventer, ou si vous préférez une métaphore, de faire sa propre cuisine. En fin de compte, chanceux est celui à qui le manuel de chiromancie, invocation des anges ou voyance dans les fissures du plafond, parle dans une langue familière.

J’ai finalement repris l’instrument et me suis mise à l’agiter à ma guise sans tenir compte de ses oui-non-peut-être-reposez moi la question aux calendes grecques, mais en tentant de le « ressentir ». Et là, j’ai commencé à prendre contact avec lui. Il s’est même mis à osciller tout seul comme un grand sur la base d’un vague code dont nous avons convenu. J’ai renvoyé ma mère à sa tarte aux pommes dans la cuisine -vade retro dogmatus ! – quand elle est venue me dire « mais c’est pas comme ça qu’on fait ! ».

2. La guerre des ondes

A l’entrée «pendule», l’ouvrage de P. Clermont & P. Colombani sur le Mentalisme nous donne : « Petit objet ou masse suspendue par un fil, tenu par l’expérimentateur. Sa rotation, issue de mouvements non volontaires, traduit nos processus inconscients. Le pendule est utilisé par les géobiologues et radiesthésistes, mais aussi par les voyants sous forme de support divinatoire. » (1)

Le terme « radiesthésie » est commun aux deux approches qui, si elles ont en commun de permettre la découverte ce qui est «caché» (on parle parfois de téléradiesthésie pour qualifier la voyance), reposent en réalité sur des présupposés très différents. Découvrir de l’eau, des minerais, retrouver un objet perdu & voir l’avenir n’est pas exactement la même chose. Cependant, dans l’esprit du grand public, la distinction n’est pas forcément claire et les voyants-pendologues se gardent de faire la mise au point. La sourcellerie ayant meilleure côte que la divination, ils héritent ainsi par contagion du panache de la discipline (qui a dit « scientifique » ?). En d’autres termes: ça fait toujours bien d’utiliser un instrument sérieux même si c’est pour touiller la mayonnaise.

Il convient donc de se rappeler que le pendule est simplement un outil et non une garantie de sérieux, pas plus qu’un objet sacré, magique, ou un grigri. Il est précisément ce que son utilisateur en fait.

D’ailleurs, contrairement aux idées reçues, le pendule ne s’agite pas tout seul. Alors « qui bouge ? » me direz-vous. Eh bien, j’ai un scoop : c’est la main qui bouge. Mais pas la peine de jouer à Thierry la Fronde, ce sont de micro-mouvements inconscients qui mettent le dispositif en branle :

« Il est tentant d’imaginer que le pendule a sa vie propre, qu’il réagit seul aux questions qu’on lui pose… Ce n’est pas tout à fait exact. Un pendule est simplement un amplificateur de mouvement. Il rend visibles les faibles impulsions que donne, à la main, un ressenti inconscient sur une question posée » (2)

A chacun ensuite de décider ce qu’il amplifie, les sourciers vous diront des ondes, les voyants des pensées, les zététiciens diront que dalle. Tout dépend de l’angle théorique que l’on décide d’adopter.

Mais qu’il capte des «ondes», votre inconscient, des messages de l’au-delà ou des émissions de radios, s’il ne se trouve pas une main au bout du pendule, celui-ci ne répondra à aucune question.

3. Toi oscilles mon fils

Si vous êtes sur le point d’acquérir votre premier pendule, sachez qu’il en existe une infinité de genres sur le marché, des gros, des petits, des métalliques, en bois, en cristal, pointus, longs, ronds, etc. Aucun n’est meilleur ou plus efficace, même si les ouvrages ont tendance à en préconiser tel type pour tel emploi.

D’une façon générale, tout objet qui pendouille au bout d’un fil peut servir de pendule, un bijou, une médaille, Judas – mais c’est plus lourd. On peut même facilement en fabriquer un à sa convenance avec une bague, médaille, pierre, n’importe quoi fixé au bout d’une ficelle.

« La plupart du temps, un premier pendule se choisit en fonction de son esthétique […] il est en effet plus facile pour un débutant de travailler avec un instrument qui lui plait et agréable en main. Cependant, les radiesthésistes professionnels possèdent toute une gamme de pendules, afin de pouvoir choisir celui qui convient le mieux pour chaque recherche, en fonction de ses propriétés et particularités. […] Il est assez simple de confectionner un pendule ; en effet, il suffit de prendre une bague, ou tout autre objet possédant un trou, dans lequel on passe une chaîne, un cheveu, ou encore une cordelette. On obtient donc une masse suspendue au bout d’un fil, qui sera aussi efficace qu’un pendule industriel. » (3)

Comme pour tout support, une phase d’acclimatation sera nécessaire. Il faut lui faire la conversation, le baigner, le langer, le nourrir à la cuillère. Les ouvrages proposent des rituels plus ou moins compliqués consistant à exposer son pendule à la lumière de la lune ou du soleil, aux rayons gammas, à le baigner ou à l’enfumer. Faites-vous plaisir, il y en a pour tous les goûts.

Autre obsession des pendologues : la purification. Là aussi, on trouve toutes sortes de procédés des plus simple aux plus sophistiqués. A chacun de procéder selon ses convictions et croyances. Ma mésaventure plus haut devrait vous convaincre de cette nécessité de personnaliser votre approche.

Enfin, certains auteurs préconisent de lui donner un nom – personnellement, j’avais opté pour Dudule.

Une fois qu’on a bien promené, nettoyé et pommadé son pendule, on peut commencer à lui parler, mais pour cela il faut une langue commune. Traditionnellement des significations sont attribuées à chacun des mouvements. On vous dira que le «oui» est comme ça, que le «non» vibre latéralement ou dans le frigo.

Heureusement, une majorité d’ouvrages, plus charitable suggère au praticien d’établir une convention avec son pendule ou, mieux encore, de lui demander directement son code.

Pour cela, on s’assoit confortablement et on respire.

La meilleure façon de tenir un pendule est de pincer l’extrémité ou le milieu de la chaînette entre le pouce et l’index, en conservant l’avant-bras parallèle à la table, mais si la position vous semble inconfortable, n’hésitez pas à poser votre coude. L’essentiel est que la main qui tient le pendule reste souple et légère et que vous ne soyez pas contractés. Il ne faut pas que la chaînette ou la ficelle soit trop longue ni trop courte, à vous de trouver votre point d’équilibre.

Une façon classique de procéder consiste à demander à Dudule : « dis-moi OUI » et d’attendre qu’il veuille bien se mettre à bouger.

On recommence avec « dis- moi NON », etc.

« Certains lancent leur pendule en oscillation ou en rotation avant de poser une question, afin d’obtenir une réponse plus rapidement ; d’autres préfèrent le laisser immobile. Créez un vide mental, pour éviter tout risque d’influence involontaire de votre part ou de l’autosuggestion. Puis, formulez votre question mentalement, ou a voix haute au début si cela peut vous aider à formaliser votre volonté, en prenant soin de choisir une formulation simple (décomposez la en plusieurs autres si nécessaire) » (4)

Il peut être nécessaire de renouveler plusieurs fois l’opération pour confirmer le code, mais évitez de faire l’aïoli un après-midi entier dans votre salon.

On accorde généralement au pendule six types de mouvements :

Rotation horaire

Rotation anti-horaire

Oscillation simple de droite à gauche

Oscillation simple d’avant en arrière

Rotation oblique vers la droite

Rotation oblique vers la gauche

Les rotations et oscillations correspondront, selon les codes que vous aurez établis, à des réponses de type: oui/ oui très prononcé/ non/ non très prononcé/ refus de répondre, etc.

Concernant cette dernière éventualité, si le pendule dit « non merci », ce n’est pas forcément qu’il boude. La réponse «neutre» signifie plutôt qu’il convient de reformuler plus précisément la question ou de la reposer plus tard. Il est également possible que le pendule ne veuille pas ou ne puisse pas répondre à votre interrogation.

L’outil ne sachant a priori répondre qu’à des questions fermées (oui/non), beaucoup de praticiens ne l’utilisent que pour confirmer ou infirmer des prédictions obtenues grâce à d’autres supports comme les cartes pour éviter les réponses déroutantes. Quel sera le prénom de mon futur mari ? Peut-être.

Il est cependant possible d’élargir le vocabulaire de Dudule. Les camemberts en carton que nous évoquions plus haut sont là pour ça, de même que les grilles, les cartes, etc. On parle alors plus volontiers de radiesthésie pendulaire, même si le terme contribue à maintenir la confusion entre les chercheurs d’eau et les chercheurs d’avenir.

« Il existe deux méthodes pour pratiquer le pendule. L’une d’elles consiste à poser une question et à en attendre une réponse « intelligente », c’est à dire ‘oui’, ‘non’ ou ‘réponse inconnue’. […] L’autre méthode, plus simple, ne prend en compte que la réaction du pendule, sans souci du sens de balancement ou de giration. C’est de la radiesthésie pendulaire. Le système consiste à promener le pendule au dessus de témoins, d’une carte géographique, d’une graduation, etc. jusqu’à ce qu’il réagisse au dessus de l’un des éléments. » (5)

Il est enfin possible de se servir du pendule plus ou moins comme d’une boule de cristal. Dans ce cas, ce sont les oscillations qui permettent un état de relaxation/auto-hypnose/concentration nécessaire à la voyance. Je ne serai jamais radiesthésiste ni pendologue puisqu’après quelques expériences, c’est l’option qui s’est imposée à moi, mais la bouboule au bout du fil me fait la conversation et ça peut encore évoluer. Merci Dudule.

©Melmothia 2007

(1) Extrait du lexique de l’ouvrage Mentalisme, ces pouvoirs que nous avons tous, Pascal de Clermont et Pascal Colombani, 2003.

(2) Extrait du site Joelle Voyance.

(3) & (4) Extraits du site Lux Sanctuary.

(5) Extrait du site Esopole.

 

Un regard sur l’essence de la Wicca

Article par Artus, que je n’avais bizarrement encore jamais trouvé !

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Lorsqu’on étudie la wicca traditionnelle avec un peu d’objectivité et quelques connaissances en occultisme, on se rend compte rapidement d’un certain nombre de choses.

  • Les rituels d’ouverture/fermeture sont inspirés de la golden dawn.
  • Les rituels d’initiations et la structure des degrés sont inspirés de la franc-maçonnerie et des clefs de Salomon.
  • La charge de la déesse est inspirée entre autres des écrits de Charles Leland et d’Aleister Crowley.
  • Etc …

Dans son livre « The meaning of witchcraft », Gerald Gardner, pourtant franc-maçon et d’une manière plus générale, disposant d’une bonne culture occulte, raconte sa prétendue initiation, au milieu de laquelle il affirme avoir pris conscience de découvrir quelque chose de nouveau pour lui qui constitue la preuve de la survivance de ce qu’il appelle « l’ancienne religion ». Bien entendu, cette histoire est totalement invraisemblable de la part du connaisseur qu’était Gardner. On peut également rajouter le fait que la wicca traditionnelle n’est pas une pratique spirituelle fonctionnelle, même pour son créateur. Je ne parle pas du fait de vivre ou non des expériences spirituelles, je parle d’arriver à quelque chose d’épanouissant sur le long terme. Il suffit de lire les anciennes lois que Gardner a écrites avec Bracelin à la fin de sa vie pour le constater. Une personne qui écrit de telles choses n’a visiblement pas trouvé le détachement qui découle de la pratique spirituelle.

Le mystère des divinités de la wicca

Il est également étrange, surtout dans le milieu occultiste de l’époque, de constater que les divinités centrales de la wicca ont toutes une origine « douteuse ». Aradia est une divinité fictive inventée par Leland à la fin du XIXe siècle. Cernunnos n’est probablement pas un dieu, en tous les cas, rien ne nous permet de dire qu’il en était un. S’il en était un, nous ne connaissons rien de lui, et pourquoi associer un dieu gaulois antique à une déesse italienne moderne ? Pour la génération « chaos magick », tout cela n’est peut-être pas très choquant, mais replacé dans le contexte de l’époque, cela le devient. D’autant que Gardner se passionnait pour les cultes antiques. Et enfin même si Arianrhod, nom secret de la déesse révélé au troisième degré, a une origine antique, ce que nous connaissons d’elle est du domaine de la fiction, issue de la littérature galloise médiévale tardive. La wicca fait sans cesse référence à une grande déesse mère, quitte à utiliser un nom du mabinogion, le nom secret de la déesse devrait être Dôn et non Arianrhod. De plus, la wicca contient de nombreuses allusions à Ishtar (l’histoire de la descente de la déesse, la déesse étoile, …), donc le nom secret de la déesse devrait être Ishtar. Mais pourquoi Ishtar et non une autre déesse ?

Le cœur de la wicca

Même si l’attitude de Gardner tend à démontrer qu’il n’était pas quelqu’un de très spirituel et que la wicca telle qu’on la connait reste une construction inachevée, je pense également que c’était quelqu’un d’intelligent, doté de très bonnes connaissances ésotériques. Cela est difficile à démontrer dans un bref article, mais il y a quelque chose d’incroyable dans la manière dont la wicca est construite. Au premier niveau de lecture, on croit à une vaste fumisterie, mais lorsqu’on observe un peu plus précisément les choses, on se rend compte que la wicca est organisée comme une transformation alchimique (nigredo, albedo, rubedo). En approfondissant l’étude de la wicca, on prend conscience que cette transformation, au-delà des symboles alchimiques, prend également en compte le cheminement du processus d’individualisation de la psychologie analytique de Jung (persona, ombre, anima/animus, lumière, cosmos). Cela devient véritablement bluffant lorsqu’on commence à s’intéresser à la kabbale et qu’on y trouve la plupart des réponses aux questions que l’on pouvait se poser.

  • Pourquoi la lune est-elle associée à la sorcellerie ?

Parce que dans la kabbale, yesod, qui représente, entre autres, notre capacité à manifester le monde matériel est associé à la lune

  • Pourquoi dans l’initiation, donnons-nous 40 coups de fouet ?

Parce que 40 symbolise la purification, l’introspection et la transformation (40 jours de déluge, 40 jours sur le mont Sinaï, 40 ans d’errance dans le désert, …)

  • Pourquoi lorsqu’on donne plus de 40 coups de fouet, il faut les donner par vingtaine ?

Parce que le chiffre 20 représente la soumission et l’humilité face à l’épreuve.

  • Pourquoi compte-t-on huit sentiers dans la pratique de la wicca, alors que l’encens est associé au vin, et que les rituels sont associés aux sorts, et qu’il aurait pu y avoir dix sentiers ?

Parce que le huit représente l’union du masculin et du féminin, l’élévation et l’alliance divine. La circoncision a traditionnellement lieu le huitième jour.

Je pourrais continuer longtemps ainsi, mais ce n’est pas vraiment le sujet de l’article. Je vais donc aller droit au but.

Le secret de Gerald Gardner

La question que l’on peut se poser est, au fond, que cherchait Gardner en créant la wicca ?

  • Pourquoi dans la légende de descente de la déesse, au second degré, lorsque celle-ci est fouettée par le dieu, ressent-elle l’amour alors qu’avant, elle ne l’aimait pas ? Cela n’a à priori aucun sens.

Pourtant, la réponse est simple, dans la montée des sephiroth selon le chemin traditionnel, il faut expérimenter gevourah avant chessed.

  • Qu’est ce que cela signifie lorsque le dieu dit que de cette seule façon il est possible d’atteindre la joie et la connaissance ?

Il fait allusion au pilier du milieu, tipheret étant associé à la joie, daat étant la connaissance.

  • Toujours dans la même histoire, à quoi fait allusion l’idée du cercle magique placé entre les mondes ?

Encore une fois c’est une référence à la non-sephirah daat.

Il existe dans le domaine de la kabbale, une théorie selon laquelle il faut apprendre de son vivant à explorer les royaumes spirituels pour être capable d’y subsister après sa mort, pour l’éternité. D’ailleurs dans la légende de la descente de la déesse, lorsqu’il est question de résurrection dans un nouveau corps, le mot corps est à prendre au sens spirituel (sinon le mot réincarnation aurait été employé). Même chose dans le serment du premier degré, il est question de vie future et non de réincarnation. Il est également question de résurrection dans le rituel du troisième degré. Comme pour beaucoup d’occultistes de son époque, daat et la vie éternelle étaient les obsessions de Gerald Gardner. Lorsqu’on a compris cela et que l’on relit le livre des ombres, on se rend compte qu’il y fait allusion en permanence. En créant la wicca, Gardner cherchait à accéder à daat en remplissant les quatre sephiroth environnantes. Le fouet et le baiser représentant gevourah et chessed, l’union du dieu et la déesse à travers le grand rite représentant chokhmah et binah.

La survivance de l’ancienne religion

Un fait amusant, selon Fred Lamond, Gerald Gardner n’a jamais mentionné la kabbale dans son enseignement oral et c’est Alex Sanders qui le premier a ajouté de la kabbale à la wicca (en réalité, de la magie cérémonielle d’inspiration kabbalistique). Pourtant toujours dans « The meaning of witchcraft » Gardner parle de kabbale et nous tend une perche en affirmant que selon lui les kabbalistes du moyen âge étaient des adorateurs secrets de la déesse. Effectivement, même si le fait de l’exprimer ainsi est un peu abusif, la kabbale est une discipline centrée sur l’union du masculin et du féminin. Il est fréquent que la kabbale ait recours à des figures anthropomorphiques, chokhmah étant associé à l’idée de père divin et binah à l’idée de mère divine (abba et imma en araméen). On peut également penser à Asherah et au cantique des cantiques.

Il est intéressant de remarquer que l’archéologie biblique actuelle a tendance à aller dans le sens de l’hypothèse de Gardner. En effet, selon toute vraisemblance, le judaïsme antique était un hénothéisme jusqu’à la destruction de temple de Salomon et il y a environ 2500 ans. Peut être qu’à travers le jeu de pistes qu’il a construit dans ses écrits, Gardner cherchait à nous dire que l’on peut trouver l’ancienne religion en filigrane dans les 30 siècles d’ésotérisme biblique.

 

Quelles perspectives pour la wicca ?

C’est bien joli d’affirmer que la wicca telle qu’elle est actuellement n’est pas fonctionnelle, mais comment faire pour la rendre viable ? Le spirituel repose sur le psychique. On ne peut donc pas développer une vie spirituelle stable sur un psychique qui n’est pas construit. Les émotions sont par nature plus fortes que la raison, et il faut développer sa raison pour rétablir l’équilibre. Dans la kabbale, les émotions sont associées à netsah et la raison à hod (pour faire simple), et pour équilibrer les deux, un kabbaliste pratique le questionnement talmudique pendant 25 ans avant de commencer à étudier la kabbale. Cela permet également de s’imprégner de la torah, le but final de la kabbale étant d’être capable de rentrer en contemplation en étudiant la torah dans le bon état de cœur, en captant la lumière qu’elle contient.

Vous pensez surement que ce que j’affirme au sujet de la raison ne vous concerne pas, que vous êtes resté assez longtemps à l’école pour apprendre à être cartésien, et qu’au contraire cela vous a rendu trop terre à terre et que c’est un handicap pour la vie spirituelle. Vous vous trompez doublement. On ne vous a pas appris à être cartésien, on vous à inculqué ce qu’il était socialement acceptable de croire ou de ne pas croire. Avez-vous seulement lu Descartes ? Savez-vous que les premières choses qu’il démontre avec sa méthode sont l’existence de l’âme et l’existence de Dieu ? Le rationalisme n’est pas synonyme de matérialisme. Il n’est pas non plus un frein au spirituel, au contraire il en est la fondation qui vous évitera de vivre dans le chaos. Dans une pratique religieuse véritable, il n’est pas question de croire, mais d’éprouver et le rationalisme est une chose essentielle. Cela permet d’aller au fond des choses et évite de se perdre.

Si pour équilibrer le niveau hod-netsah, il est surtout nécessaire de se concentrer sur la rigueur. Pour équilibrer le niveau gevourah-chessed, c’est l’aspect miséricordieux sur lequel il faut principalement se concentrer. Selon le modèle dessiné par Gardner, ce niveau est représenté par le fouet et le baiser. Ceci n’est pas totalement idiot, parce qu’en effet, la discipline vécue dans la joie, ce que l’on appelle communément l’ascétisme, est un bon moyen pour accéder à la contemplation. Mais ce n’est pas suffisant. Développer chessed, c’est apprendre à donner sans attentes, à aimer sans jugement chaque chose de la création, à percevoir la lumière contenue dans ce qu’il y a de plus sombre. Cette attitude n’était pas compatible avec les petites mesquineries de Gardner, ses histoires d’initiations, de secrets, et ses mensonges récurrents. Tout cela témoigne d’une volonté de tout garder et de tout contrôler, alors que pour cultiver chessed, il faut au contraire tout lâcher.

La langue hébraïque est l’une des rares langues dans laquelle les mots « homme » (ish) et « femme » (isha) dérivent d’une même racine (esh, le feu primordial). Et lorsqu’un homme et une femme associent leurs différences (le youd masculin et hé féminin), cela forme le mot Yah, qui est l’un des noms divins (comme dans « alléluia » qui signifie « rendez louange à Yah »). Dans un couple, c’est la femme qui apporte le chessed, pour la simple raison que l’instinct maternel est sa manifestation la plus ordinaire. Lorsqu’on étudie la wicca, cela semble évident que Gardner avait conscience de tout cela. Mais encore une fois, il ne s’y est pas pris de la bonne façon. Cette union du masculin et du féminin, la grâce peut nous la montrer dans les premiers mois d’un couple, mais ensuite il faut des années de construction quotidienne pour l’établir dans la stabilité. Si Gardner n’a pas su faire cela avec sa femme (s’il avait su, il n’aurait jamais créé la wicca telle que nous la connaissons), il ne pouvait pas le faire avec une grande prêtresse qu’il voyait deux fois par mois et qu’il changeait tous les deux ans. Il n’était pas dans une démarche de construction, mais de consommation, c’est-à-dire, même si cela n’était pas conscient, une démarche de destruction.

J’espère à travers cet article apporter un éclairage nouveau sur l’essence de la wicca. Parce que marcher aveuglément sur le chemin tracé par Gardner n’est surement pas la chose la plus intelligente que nous puissions faire.

Hymne Orphique à Aphrodite

Orphic Hymn 55 to Aphrodite

« To Aphrodite. Ourania (Heavenly), illustrious, laughter-loving
(philommeideia) queen, sea-born (pontogenes), night-loving
(philopannyx), of awful mien; crafty, from whom Ananke (Necessity)
first came, producing, nightly, all-connecting dame. ‘Tis thine the
world with harmony to join, for all things spring from thee, O power
divine. The triple Moirai (Fates) are ruled by thy decree, and all
productions yield alike to thee: whatever the heavens, encircling all,
contain, earth fruit-producing, and the stormy main, thy sway
confesses, and obeys thy nod, awful attendant of Bakkhos [Dionysos]
God. Goddess of marriage, charming to the sight, mother of the Erotes
(Loves), whom banquetings delight; source of Peitho (Persuasion),
secret, favouring queen, illustrious born, apparent and unseen;
spousal Lukaina, and to men inclined, prolific, most-desired,
life-giving, kind. Great sceptre-bearer of the Gods, ‘tis thine
mortals in necessary bands to join; and every tribe of savage monsters
dire in magic chains to bind through mad desire. Come, Kyprogenes
(Cyprus-Born), and to my prayer incline, whether exalted in the
heavens you shine, or pleased in odorous Syria to preside, or over the
Aigyptian plains they care to guide, fashioned of gold; and near its
sacred flood, fertile and famed, to fix they blest abode; or if
rejoicing in the azure shores, near where the sea with foaming billows
roars, the circling choirs of mortals thy delight, or beauteous
Nymphai with eyes cerulean bright, pleased by the sandy banks renowned
of old, to drive thy rapid two-yoked car of gold; or if in Kypros thy
famed mother fair, where Nymphai unmarried praise thee every year, the
loveliest Nymphai, who in the chorus join, Adonis pure to sing, and
thee divine. Come, all-attractive, to my prayer inclined, for thee I
call, with holy, reverent mind. »