Ressources sur Perséphone

Je rassemblerai ici toutes les ressources, les pistes de recherches et autres, que je trouve concernant Artémis. Ici sont quelques premières bribes.

– Une très bonne traduction d’Eilean d’un excellent texte anglais sur Perséphone. Une approche intuitive de son mythe, de sa « symbolique »…

– Un court fragment du livre « Femme et Déesse » (review disponible sur le blog) :

(c) Christine Champougny-Oddoux

L’archétype de Coré-Perséphone prédispose la personnalité d’une femme à être floue, sans contours précis, et à ne pas se laisser définir aisément. Les autres autant qu’elle-même rencontrent des difficultés pour savoir qui elle est vraiment. De par son apparence, elle semble ne pas avoir d’âge et il se dégage d’elle une impression d’insaisissable. Effacée bien que souriante, d’allure jeune et cherchant à plaire, elle a un certain charme, mais elle peut très bien aussi passer inaperçue.

Dès l’enfance, Coré se trouve être en apparence comblée par une mère dont le sens de la vie est limité à la satisfaction de son enfant. Gentille à l’excès, c’est une enfant soumise, suradaptée à son entourage, qui ne fait pas de vague, ne s’oppose jamais, et offre un visage souriant. Derrière cette façade de docilité et de soumission, la jeune Coré puis la femme Coré-Perséphone abrite un conflit intérieur extrêmement dommageable, entre des attentes parentales de conformité et ses aspirations et inclinaisons profondes.
Le défi pour la femme Coré sera de sortir de son rôle d’éternelle jeune fille confondant son désir avec le désir de sa mère.

Pour une enfant Perséphone, qui porte en son sein une vie intérieure foisonnante, intense et plutôt secrète, s’adapter à ce monde est d’emblée une épreuve plutôt difficile, dont elle se protège par la solitude et le repli. Elle écrit son journal intime, passe de longues heures dans ses rêveries, ou encore donne libre court à son imagination et à ses images mentales. La jeune Coré-Perséphone se trouve fréquemment confrontée à la perplexité voire à l’embarras et au malaise de ses parents, de ses professeurs et de ses amis. En effet, elle n’a ni l’attitude, ni les demandes ou les réactions d’une enfant, puis d’une adolescente standard. Elle ne regarde pas la télévision, a peu d’amies, n’est pas tellement intéressée par les garçons. Par son comportement décalé et hors norme, elle inquiète sa famille ! Malheureusement, plus elle se renferme pour se protéger d’une incompréhension ou d’une exigence d’adaptation, plus elle aggrave sa situation : il se peut même qu’elle devienne “l’enfant à problème”, moquée ou harcelée par ses frères et soeurs.

Cependant, l’adolescence lui donne l’occasion de vivre des situations qui peuvent provoquer son initiation et amener sa transformation. Elle rencontre d’autres personnes de son espèce, certes jugées bizarres ou mystérieuses, et développe son attrait spontané pour le surnaturel, l’occultisme et la mystique.
En fait ce qui pose problème à une jeune Perséphone est la difficulté qu’elle rencontre dans les deux mondes, les deux réalités auxquelles elle se trouve confrontée, et entre lesquelles elle navigue avec plus ou moins de fluidité, mais dont elle a conscience avec sans aucun doute plus de lucidité et de finesse que d’autres.
Cette difficulté est encore renforcée par le fait qu’au début de sa vie, avant que sa conscience ne soit suffisamment développée et qu’elle ait été initiée aux Mystères de la descente souterraine, une enfant marquée par cet archétype vit ces deux mondes comme hostiles et dangereux. Chacun à sa manière la rend confuse, perdue, et la laisse dans une troublante équivoque. Le monde de la réalité tangible est inhospitalier, la confrontation à la matérialité lui est souffrance. Coupée de ses sensations corporelles, elle n’est pas en contact avec les informations précieuses qui pourraient la guider. On pourrait peut-être même dire qu’elle est en lutte contre cette incarnation qui semble enfermer son essence dans ce corps qu’elle vit comme une armure, et ce, malgré son apparence fréquemment évanescente.

Son second univers, celui dans lequel elle se plonge avec délice – et par lequel elle est appelée -, le monde souterrain de la mythologie, celui de l’inconscient personnel et collectif, est tout aussi effrayant, froid et imprévisible. Il n’est pas seulement le lieu de visions positives, rassurantes ou lumineuses. Il contient aussi la face sombre des choses, à laquelle elle a accès sans savoir toujours comment décoder ses images et ses impressions. Elle reste alors seule avec des expériences qu’elle ne peut confier. A l’image d’une pellicule photo surexposée, elle risque la brûlure et la blessure, à défaut de repères et de guides.

Ainsi l’incidence de cet archétype dans la structuration de la personnalité induit-elle un double mouvement. Sous un masque d’adaptation extérieure, une “persona” acceptable par son environnement, la jeune fille et plus tard la femme Perséphone vit une seconde existence, riche et intense, souvent effrayante, et presque toujours dénuée de sens. Une existence à laquelle bien peu de personnes de son entourage ont accès et dont la signification ne lui apparaîtra qu’après l’avoir déchiffrée et comprise. C’est ainsi, au prix d’un travail intérieur profond et suivi, qu’elle pourra se libérer de ce qu’elle vit le plus souvent comme un fardeau.
Ultimement, cette coupure, ce clivage sur lequel de nombreuses recherches ont porté, trouverait son origine dans le manque de lien entre la mère et la fille, dont on peut retracer les prémices au moment de la naissance, voire au cours de la vie intra-utérine et qui, paradoxalement, ne se donne pas à voir tant la relation entre elles deux est fusionnelle. Coré est une fille dont la mère ne reconnaît pas l’altérité, et qui, devenue Perséphone, reconnaît que sa vie véritable est ailleurs. Aussi longtemps qu’une femme Perséphone n’a pas pleinement compris et accepté cette séparation dans toute sas complexité mortifère et transformatrice, elle ne peut développer la mère interne protectrice. Elle reste prisonnière de son état de jeune fille sans nom ( Coré ), jouet de ses propres enfers, qui lui restent tout à la fois ténébreux et hermétiques.

Un aperçu plus complet ici

– Une page sur Perséphone d’un excellent site sur la mythologie grecque (mais vraiment excellent, avec des sources etc, de la vraie recherche)

– Un article avec la vision Orphique de Perséphone, mère de Dionysos

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