Deuxième semaine, souvenir d’enfance

Et bien cette semaine c’est allé très vite, alors que je pensais pouvoir m’octroyer du temps ! Voici donc le nouveau thème, et mon dessin :

Technique : Rien d’original. Je continue ma série au crayon de papier pour l’instant, j’ai l’impression que ça me fait du bien… Ce crissement sur le papier, la texture du carbone qui s’estompe, tout ça, ça fait partie de moi. Alors j’ai l’impression qu’en m’y remettant ça me fait littéralement « du bien ». Comme je le sens, je continue avec cette technique. On verra plus tard pour le reste. (Mais l’idée me vient de mêler des crayons de couleurs)

Dessin : Surprise moi-même de la rapidité. J’ai eu le thème de la semaine, mais je devais d’abord faire le précédent. Autant le chemin était PARFAITEMENT en accord avec mes réflexions du moment, autant « souvenir d’enfance » me paraissait très lointain. Je ne visualisais rien. Et puis tout d’un coup, en me demandant : « quel souvenir je pourrais évoquer » ? Ben j’ai vu une scène. Ici je ne me suis pas représentée dedans, car j’ai choisi surtout d’immortaliser le lieu : c’est un endroit clé de mon jardin où j’ai passé la majeure partie de mon enfance. Sur et autour de la balançoire, ce côté à l’Ombre de la maison, avec des arbres, de l’herbe, et le tas de bois (à gauche). Il y a un réel petit chemin en pierre, grossier, et je l’ai mis en me disant que ça ferait un clin d’oeil à la première semaine. C’était étrange de me rendre compte à quel point je connais bien cet endroit : je me rappelle qu’avec les années certains arbres ont été coupés, d’autres plantés, la balançoire a changé d’orientation etc. Chaque élément a sa place et compte. Alors en traçant, en remplissant ma feuille, je songeais à tout ce qu’il fallait mettre : le prunier du premier plan, le prunier sauvage en face, les bouleaux, les buissons, l’allée, l’escalier de pierre au fond à droite, la palissage de bois… Et en même temps ça rend un drôle d’effet vu que je ne sais pas respecter les perspectives etc. Mais c’est un endroit que j’aime, j’y ai passé des heures, alors il possède une sorte de « truc » en plus.

Notion : Rien à dire cette fois-ci… Simplement, je me demandais si j’allais conceptualiser l’idée du souvenir d’enfance ou bien raconter un souvenir. Finalement c’est la deuxième solution, et c’est un peu différent puisque c’est un lieu de souvenir et pas un souvenir précis. D’ailleurs, j’ai remarqué plusieurs choses. 1) c’est un (des) souvenirs solitaires qui me sont venus en premier. Mes jeux imaginaires, ma balançoire, mon jardin… 2) effectivement le souvenir qui m’est venu est une scène extérieure. Toute mon enfance est marquée par la nature, les jardins, je passais mon temps dehors, même en hiver. 3) c’est un lieu de mémoire heureux, vraiment, et plein de paix.

=> Les dessins d’Aegiale, Sofiah, Nolwenn, Camille, Bluetansy ….

Projet créatif, première semaine

Comme quoi ce blog peut encore servir…

Me voici donc lancée dans un nouveau projet « public ». Nolwenn est à l’origine de l’initiative qui nous permet de nous grouper pour mettre en place des journaux créatifs et de les partager. Chaque semaine un thème à mettre en œuvre de façon libre. Ensuite on s’envoie le tout, et on le poste chacune sur sa page. L’idée m’a plu justement parce que je souhaite me remettre au dessin, à la peinture et la calligraphie, dépasser mes blocages et parvenir à lâcher prise. Comme en ce moment en plus je traverse (toujours en fait, ça n’arrête pas) des moments très difficiles, c’est une bonne chose, ça m’aidera.

Voici donc le commencement ! La première semaine était en réalité « guérison », mais je n’étais pas là pour son lancement, du coup mon commencement sera avec « chemin ». Et je trouve ça très bien finalement, même si je vais reprendre le thème précédent dès que possible.

Technique : Pour le support, bêtement, j’ai pris mon carnet à dessin canson, format A5. Parce que la texture du papier me plaît, et que c’est le seul carnet à dessin dans lequel je parviens à revenir dessiner régulièrement (et qui supporte la peinture). Pour les matériaux, au départ je pensais faire une peinture, seulement voilà ça m’a fait tout de suite un peu stresser. Et comme je suis une inconditionnelle du crayon de papier pour écrire, et que j’aime le dessin « pur », les teintes noir&blanc, ben ça s’est imposé. Et finalement je trouve ça logique pour un commencement : on prend ce qu’on connaît, ce avec quoi on se sent à l’aise. Le résultat est naïf, mais parlant (au moins pour moi).

Le dessin : effectivement, ça m’a permis de me sentir tout de suite dedans, je n’ai pas eu à stresser sur ce que j’allais dessiner ni comment. J’ai juste saisi mon crayon, et après ça glisse tout seul sur le papier. Je me suis dit simplement : essaie de reproduire l’ambiance, notamment la luminosité, mais pour les traits, tu sais très bien que tu ne sais pas dessiner, donc tu feras symbolique. Et effectivement quand je regarde le dessin TOUT peut être soumis à l’analyse, c’est vraiment étrange. D’ailleurs c’est drôle, car au départ j’ai voulu visualiser une image, et puis mettre en image certaines idées, mais une fois que j’ai eu commencer le dessin, je me suis laissée emporter par le trait au lieu de le guider. Ca n’est donc pas l’image que j’avais en tête, mais ça me semble bien correspondre à l’idée pourtant.

Pour ce qu’on y voit, le « chemin » ça m’inspire toujours cette métaphore du vrai chemin. Et je le visualise toujours dans la nature, dans une forêt. Mais une forêt sans fin, grande, profonde, impénétrable. Et quelque part, j’ai l’impression que ça rejoint en partie les mythes du chaperon rouge et de la Belle au Bois. Au centre on voit donc une étendue de terre qui est censée être imprécise, au centre de cet espace seulement se trouve le chemin. Des lignes inexactes, imprécises, parce que le chemin est hésitant malgré le fait que je le trace au fur et à mesure. Il est large au début, parce que j’ai pris le temps de faire mes choix, mais le doute subsiste, donc il reste imprécis. Plus on avance et plus il rétrécit voire disparaît, car je ne le perçois pas moi-même. J’avance continuellement, mais plutôt dans l’ombre, je ne sais pas où est le chemin sous mes pieds. Autour de moi est la forêt où je suppose que se trouvent des obstacles à mon chemin, mes peurs, mes plus gros doutes… Et au bord du chemin peuvent se trouver des choses qui soit m’encouragent, soit me freinent etc. A gauche on voit une pierre, la traditionnelle pierre pour s’arrêter, faire une pause, réfléchir. A droite on voit un tronc d’arbre couché, même si je ne sais pas vraiment ce qu’il représente. Peut-être un juste milieu ? Un entre deux, justement parce qu’il est neutre, ni bon ni mauvais ? Je note que dans ma tête il est creux, donc c’est un peu comme une forme vide, mais à remplir, un choix à faire. Les arbres tout autour sont très nombreux, de variétés et de tailles différentes. On ne voit pas les sous-bois, sauf au premier plan, parce que dans l’idée on ne peut pas percer la forêt, ni physiquement, ni même du regard. Je me suis délibérément représentée seule aussi sur ce chemin, parce que c’est comme cela que je le perçois : personne à écouter (justement ça fait partie des peurs cachées dans la forêt), seule pour se trouver, faire des choix, sa seule force pour avancer, trouver son courage etc. En avant (donc au fond) le chemin devient donc de plus en plus petit, et la bande de terre tourne vers la droite : c’était pour accentuer le fait que je ne vois pas devant moi, je ne vois pas où je vais même si je sais que j’y vais. Soit parce que ça reste à définir, soit parce que les choix sont faits mais que je ne vois pas (au sens propre) le résultat. J’ai placé des buissons de chaque côté, qui sont voulus épineux, comme des ronces (mythe de la Belle au Bois). Ils montrent des dangers, des obstacles, et la difficulté d’aller de l’avant. Les pointillés du chemin soulignent encore plus les doutes, le fait de ne pas voir etc (conjointement au rétrécissement), et j’ai même ajouté des trais horizontaux. Ceux là sont vraiment symboliques, et correspondent à la vision que j’ai eue : le chemin continuait tout droit, sans obstacle ni rien, mais j’étais incapable de voir quoi que ce soit, comme s’il y avait un blanc. Je trouvais que ça posait problème au niveau du dessin de laisser blanc, ça faisait inachevé, du coup j’ai trouvé autre chose : les traits horizontaux. Qu’est-ce que c’est ? Ben au choix, quelque chose dans l’air qui cache la vue : de la poussière, ou de la brume. Et le « ciel » au-dessus a été simplement balayé de gris parce que je n’en voyais pas dans ma vision. Je suis simplement plongée au cœur de la vision, en mouvement sur un chemin en cours de traçage.

Sur la notion : Elle m’a bien plu il faut le dire. En tant que tel, je la perçois comme étant à la fois quelque chose de personnel et de spirituel, donc c’est vraiment parfait. Complet. Le chemin, c’est tous les choix qu’ont fait qui définissent notre personne, notre éthique, notre âme, ce que l’on répand autour de soi… Et puis il y avait aussi cette distinction que j’ai faite récemment, dans le domaine spirituel, entre la Voie et le Chemin. Ca reste approximatif, une distinction pratique, mais j’ai senti une certaine utilité. Le chemin, c’est un peu l’ensemble des pratiques, le corpus de pensées ou de traditions dans lequel on souhaite s’inscrire (celtisme etc). Donc ici, ça correspond bien, la difficulté de trouver SON chemin, ce qui NOUS correspond le mieux, à la personne unique que nous sommes : l’appartenance à un groupe de croyants ? (communauté païenne) l’appartenance à 100% à un mouvement (celtisme) ? est-ce qu’on accepte tout ou est-ce qu’on choisit des éléments au sein des pensées et des traditions etc ? Et contrairement à tout ce qui se pensent ouvertement en ligne, je rejette désormais les étiquettes. Ma complexité est ma force, je n’ai pas besoin de me définir aux yeux des autres, c’est ce que je ressens qui compte. Donc plus nécessairement païenne en fait, voire plus du tout. Pas une seule tradition de référence, mais des pensées et des systèmes croisés (qui sont compatibles). Et à côté du chemin il y a la voie, mais c’est quelque chose qui touche à l’âme, qui est beaucoup plus intérieur, et beaucoup moins partageable. C’est la charge que l’on se donne, une sorte de but. Mais je ne souhaite pas en parler sur le net pour l’instant, et comme ici il s’agissait du « chemin »…

Voilà quelques pistes de réflexions. Un beau commencement je trouve, car c’est vraiment ce que je vis en ce moment : du trouble, des doutes, des peurs, des problèmes… et au milieu je dois me trouver, pour assumer qui je suis et définir des choix. Bref, tracer mon chemin.

=> Voir les dessins de Sofiah, Aegiale, Nolwenn et les autres (j’ai mis la page de Nolwenn pour les voir tous).