
Litha 2009
9 juillet 2009Voici mon récit ! J’ai un peu tardé, mais l’écrit paraît tellement décalé face à la réalité, j’avais envie de profiter de la Fête de Litha plutôt que de venir faire mon “rapport”. Mais finalement voici. ^^
- Samedi : Une journée tranquille, dommage que le temps n’est pas été génial. J’avais peur qu’il fasse le même temps le lendemain d’ailleurs. C’était une journée passée auprès des proches, très agréable. J’ai pu aller à une réunion artistique de fin d’année, ça m’a fait beaucoup de bien de voir tout le monde, de discuter, d’être là comme si rien n’avait changé et que j’avais passé toute l’année à leur côté. Tout en simplicité, avec de beaux échanges. Et puis le soir j’ai invité mon meilleur ami pour discuter, puis à rentrer, puis manger… et on a passé la soirée tous ensemble avec mes parents. Ça nous a fait un bien fou sans que je comprenne tout à fait pourquoi. On s’est changé les idées, on a bien discuté… Oui c’était vraiment une bonne journée.
- Dimanche : Quelle grosse journée ! C’était très différent de la journée de Samedi, mais tellement agréable aussi ! La matinée est passée vite car je m’étais couchée tard, donc levée tôt, et que j’ai joué en ligne. Mais j’avais en tête tous mes projets. En début d’après-midi, je suis sortie dans le jardin avec ma mère pour une cueillette de fruits saisons : des groseilles bien rouges et bien grosses. ^^ La pauvre, comme je suis partie après, elle a fait les confitures et les gâteaux toute seule. Mais bon, mon projet me tenait tellement à cœur, hors de question de le décaler ! Quel était-il ? Et bien j’avais décidé de renouer avec mon bosquet sacré pour Litha et de célébrer là-bas. Je trouvais que le moment était parfait, fête de l’Eté à passer dehors, et puis redécouverte de mon lieu sacré le jour d’une fête sacrée… Le voile entre les Mondes un peu plus fin que les autres jours… Les préparatifs ont été longs ! J’ai fait une liste avec tout ce qu’il fallait emporter : le lait, le jus d’orange, le chaudron, le papier, le crayon, le briquet, les bougies, les cartes, le grimoire, l’appareil photo…. Et hop, en route ! à 17h de l’après midi seulement, mais par une journée si chaude ça valait mieux !
Du coup me voilà sur la piste goudronnée près de la maison qui longe les champs pour relier à la ville… Ah ces céréales dorées c’est vrai que c’est incroyable chargé de puissance et d’émotion ! Je regarde intensément vers le bois à flanc de colline en me demandant comment il va être après tout ce temps… Attente plutôt impatiente. Je sors l’appareil et je prends des photos en me disant “ah oui, j’ai parlé partout de ce projet, j’ai intérêt à montrer des photos pour le compte-rendu”. Ah bah j’ai mis du temps hein, je sais, mais voici mon récit et mes photos. ^^
Ce que j’ai trouvé très fort, c’est de devoir grimper littéralement la colline. On ressent très fort (surtout pour une asthmatique comme moi) la pente, l’essoufflement, ça m’a fait drôle que l’ascension soit aussi spirituelle. Il faut grimper, mériter d’arriver en haut pour célébrer. Je pense que ça a facilité ma transe ensuite. Une fois arrivée devant l’entrée je suis toute bouleversée : on croirait que le lieu est fermé naturellement, parce qu’il y a des herbes hautes jusqu’aux hanches partout. Alors qu’avant le sentier était bien tracé au milieu de plantes à ras. Mes souvenirs remontent : je connaissais le bosquet par cœur, tous les chemins, tous les raccourcis pour couper à travers bois… la végétation a complètement envahi l’espace ! Le chemin ne se voir presque plus, et il est quasiment impossible de l’emprunter tellement il y a des branches et de buissons d’épines ! J’ai un regret, et pourtant je me dis que la protection naturelle est la meilleure. Si je veux installer un autel en plein air, peut-être que c’est mieux comme ça. Je me suis promenée une heure à travers le bosquet, pour prendre mes marques, reconnaître les lieux, retrouver les sentiers, voir ce qui avait changé… un vrai labyrinthe de verdure, c’était très étrange comme moment. Envahi de plantes folles, d’araignées, de lapins, de papillons, de fleurs sauvages, de merisiers aussi (miam), pour peu je me serais perdue, tellement les repères ont été effacés.
A force de vouloir reconnaître, m’éloigner revenir, j’ai été envahie par une transe légère, je courais partout, je sautais sur les mottes de terre, j’évitais les trous, je me faufilais entre les branches… Il s’est passé ce truc extraordinaire : j’ai reçu le signe que j’attendais depuis des mois, je me suis “transformée” en biche. C’est une sensation qu’il est impossible de décrire, mais c’est une pure expérience chamanique. J’ai fusionné avec ce totem que j’avais rencontré de longs mois auparavant, et dont j’attendais le retour pour être sûre. Je m’en suis rendue compte à un moment alors que je courais depuis longtemps, cette sensation “non humaine”, je faisais presque attention à tous les bruits de la nature, et aux bruits d’éventuels chasseurs, aux odeurs… et cette conscience exacerbée du terrain difficile, renforcée par la connaissance que j’ai en tant qu’homme, mais par celle très brute que s’en fait un animal. Ne pas se tordre un pied dans un terrier de lapin, attention aux bosses et aux trous… l’extase pure quand je suis revenue à moi. Je n’ai jamais eu aucun contact avec un guide chamanique animal, et là, tout d’un coup ça m’est tombé dessus de façon tellement intense ! Incroyable. Un magnifique cadeau de Litha.
Ensuite j’avais très chaud et j’ai cherché un, coin à l’ombre. Pas facile ! Le bosquet n’a pas beaucoup d’arbres à proprement parler : ce sont beaucoup d’arbustes, de jeunes arbres. J’ai dû me poster un instant pour reprendre mon souffle avant de continuer. La deuxième difficulté a été de trouver un endroit avec un sol plat, ce qui est très difficile à trouver à flanc de colline ! Un détail auquel je n’avais pas pensé, et qui me posera des soucis pour installer un autel fixe et un sanctuaire. Contre toute attention, j’ai choisi un endroit pas vraiment “magique”. Plus loin dans le bois le sentier est emprunté par des marcheurs et des vélos et donc est bien implanté, je l’ai suivi et je me suis arrêtée au bord pour célébrer. Ça peut paraître un peu fou, mais j’ai retrouvé mon coin à bouleaux, alors j’ai décidé de me mettre là, entourée d’arbres, dont 4 bouleaux. Peu importe que ça soit au bord du sentier, je me suis mise au pied du grand bouleau. Et c’est là que j’ai posé mes affaires, tout sorti, et commencer à mettre en œuvre mon rituel.
C’était très simple d’ailleurs. Je sortis l’offrande de lait destinée au bosquet et à ses habitants, que j’ai répandu au pied du bouleau. Ensuite j’ai laissé l’esprit de Litha se répandre, puis j’ai allumé l’encens de patchouli et posé par terre (le pot hein), avant de disposer sur mon grimoire 13 Lunes, les deux bougies, les cartes, le briquet, et sortir le chaudron. Les cartes correspondent aux cartes de méditation sur les Dieux que j’avais créé il y a quelques mois, car j’avais décidé de prendre les deux cartes des Dieux que je voulais honorer pour ce jour : Belenos et Lugos. Je les ai mises au milieu entre les deux bougies que j’ai allumées une fois posées sur mon grimoire, de peur d’enflammer l’herbe (arf). Ensuite j’ai entrepris de faire le rituel de purification par le feu. Comme je n’avais pas trouvé l’endroit adéquat pour faire un vrai feu, je l’ai allumé comme prévu dans mon chaudron. J’ai écrit mes soucis sur un papier (de Cerrydwen^^) à rouler et à enflammer. Je l’ai déposé au fond du chaudron après l’avoir allumé, et ensuite j’ai enflammé des petites branches fines que j’avais ramassées pour constituer un feu digne de ce nom dans mon chaudron. Je ne sais pas combien de temps ça a pris. Je regardais le feu brûler, je l’alimentais légèrement, je déplaçais les branches pour qu’elles brûlent complètement… L’odeur si caractéristique du feu, l’odeur de l’encens, les bougies allumées pour Lugos et Belenos. Quand ça a été fini, je me suis sentie vidée, vidée de toute négativité ! C’était l’équivalent d’une méditation si complète qu’elle vous donne envie de dormir. Je me serais bien allongée dans l’herbe pour dormir ! Incroyable. A ce moment j’ai décidé de rentrer étant donné l’heure, alors j’ai rangé tranquillement, et puis j’ai versé l’offrande de jus de pomme au pied du bouleau pour les dieux. En rentrant, j’ai pris un chemin différent, le supérieur qui domine la colline, et j’ai agité mes hochets chamaniques du tout long… en purification, en remerciement, je ne saurais pas dire.
Ça m’a laissée différente, complètement autre, à cause de la transe, de la rencontre avec la biche, du renouement avec le bois, de la purification…. j’étais tellement bien, zen, détendue, contente…. avec si peu de choses ! Et cette satisfaction de célébrer dehors comme les Anciens, en pleine nature, avec un bouleau et le ciel au dessus de la tête, les pieds dans l’herbe, la chaleur, le vent… Génial, tout simplement génial.
- Lundi : Rien de bien particulier, mais j’étais impregnée de l’esprit de Litha. J’ai refait une ballade au soleil. Un temps assez étrange, car peu de vent, et du vent chaud… J’étais comme complètement enveloppée dans la chaleur. En fait, j’étais quand même assez fébrile à cause de la veille, et de l’énergie de la Lune Noire. Je ne sais pas si je suis la seule à l’avoir ressenti comme ça? Sinon un petit regret, les conditions auraient été excellente avec la nouvelle lune pour effectuer mon rituel de Premier Sang, mais finalement je n’ai pas pu car ma chambre est pleine de mauvaises ondes. Tant pis.
Hop hop, pour la route, une photo du feu bien allumé ^^









Je me suis permis de copier un extrait de votre “Litha 2009″ pour faire connaître votre démarche à mes lecteurs. Je ne vous cacherais pas que je me sens très très éloigné de vos recherches, mais il me semble quand même y avoir là quelque chose qui mérite d’être connu. Quoique ne partageant pas votre quête, je vous souhaite très sincèrement qu’elle vous apporte ce que vous y recherchez. ♣