Bipolarité et Pratique

Valiel Elentári:

Un magnifique article qui illustre bien les difficultés toutes personnelles que peut avoir une personne pour construire sa spiritualité et son être. A noter que la bipolarité n’est pour moi qu’un exemple, il existe de nombreux profils atypiques.

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Petit rappel :
Les troubles bipolaires entraînent des dérèglements de l’humeur se manifestant par des phases de dépression et d’excitation (manies), qui apparaissent soit en réaction au stress, soit sans raison apparente et qui peuvent être d’intensité variable et s’entrecouper de périodes de stabilité.
"Down" (phase dépressive)
Humeur dépressive toute la journée, tous les jours, pendant au moins 2 semaines
Perte d’énergie et fatigue
Perte de l’intérêt et du plaisir
Sentiment de culpabilité
Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie)
Troubles de l’appétit avec perte ou gain de poids
Baisse de concentration ou de l’aptitude à penser
Soudain retrait social ou comportements agressifs subits
Pensées de mort récurrentes (60 % des cas)
Migraines
"High" (phase de manie)
Énergie débordante et bonheur intense
Irritabilité excessive
Réduction du besoin de sommeil
Débit de la parole accéléré ou besoin de parler sans arrêt
Pensées rapides ou sensation d’un trop plein d’idées
Incapacité à fixer…

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Un tirage post-équinoxe de printemps

Je procède parfois à des tirages très méticuleux concernant mon chemin, pour voir où j’en suis. Cependant, on peut tous remarquer qu’aux grandes charnières de l’année spirituelle / sacrée, autour de nous les gens traversent des étapes similaires. Dans cette optique, j’aime bien réaliser des tirages plus "génériques", pas dans le thème mais dans la perspective. Voir où tous nous en sommes sur le chemin, où je me place dans ce flux. Sur cette idée, j’ai voulu effectuer un tirage post "Ostara" très rapide :

Light Grey Tarot (review et infos ici)

  • 1, au centre : émotionnellement où nous nous situons
  • 2, en haut : physiquement où nous nous situons
  • 3, en bas : spirituellement où nous nous trouvons
  • 4, à gauche : ce que nous quittons
  • 5, à droite : ce vers quoi nous allons

Quelques brèves idées pour cette série : 

 

1. XVIII, the Moon. La carte de la lune peut représenter par excellence les émotions dans les traditions modernes. Nous avons été malmenés jusqu’ici, et nous en sommes marqués. La lune n’est pas vraiment un calme, c’est plutôt l’eau encore perturbée après la tempête. Il nous reste des sensations d’étrangeté, d’avoir plané, d’avoir quitté ce monde pour un autre, et d’être entre deux. Un sentiment d’être inadapté ou pas au bon endroit. La sensation d’avoir essuyé des tempêtes et d’en être encore essoufflé. Je ressens une certaine désorientation ; avec cette carte, nous cherchons nos marques.

2. Knight of Swords. Délicate cette carte aussi, elle marque très clairement la bataille. Sur le plan physique, peut-être qu’à la sortie de l’hiver, malgré sa douceur, le corps a pris un coup. Des allergies, les changements de température, d’humidité, un essoufflement. Nous sommes en position de foncer dans une mêlée sans réfléchir, mais est-ce bien judicieux ? Ma propre expérience est peut-être trop présente ici, mais je ressens ce besoin de tout stopper net et de faire un bilan sur le plan physique. Réévaluer notre endurance, notre sommeil, notre souplesse, notre musculature… Pour se remettre en forme, c’est le moment.

3. Nine of Pentacles (or cups?). Une carte qui m’a fait rire jaune. Serions-nous des gloutons spirituels ? Ma foi c’est fort possible… A force de chercher des réponses, de lire, des livres, des blogs, ou simplement de méditer dans son coin, de toujours chercher, par un tirage ou autre… cela revient à ce qui est représenté sur cette lame. On boit à toutes les coupes, on mange à tous les rateliers. Mais quand est-ce qu’on souffle ? Quand est-ce qu’on fait une pause ? Comme pour le corps dans la carte précédente, j’ai l’impression qu’on est au sortir d’une grande course, d’un marathon. Si on veut retrouver sa "santé spirituelle", comme pour la santé physique, il serait peut-être bon de faire une pause. Méditer, et revenir à plus d’épure. Se retrouver un peu seul, sans repère, pour  se recentrer.

4. Ace of Pentacles. L’étape que nous quittons… J’ai l’impression que le printemps 2014 nous fait sortir de la sécurité. Dans ce jeu, l’as de pentacles m’évoque le confort du foyer et des liens familiaux (ou tribaux). Ces racines qui relient toutes les petites maisons. D’ailleurs je pourrais presque voir l’Arbre de Yule avec son étoile…. Dans tous les cas, nous nous sommes repliés en nous-mêmes et sur nos assises, nous avons fait le dos rond jusqu’ici pour encaisser les épreuves, mais c’est terminé. Avec le printemps, il va falloir se donner un coup de pieds aux fesses, s’il n’a pas déjà été reçu (!), et reprendre le travail sur soi. Pour ma part, ça m’est tombé violemment dessus, pour me montrer qu’il était temps dans tel, tel et tel domaines de s’y remettre très sérieusement…

5. VII, the Chariot. Ce vers quoi nous allons. J’aime beaucoup cette carte. Etrangement "statique" pour un chariot, on a presque l’impression d’être dans une tente impériale et pas sur un moyen de transport. Elle peut presque se confondre avec la force d’ailleurs, étant donné le rapport de la femme et du félin sombre sur la gauche. Tout dans cette carte, la posture, la couronne, etc, me parle de royauté et de souveraineté. Il est temps de faire preuve de dignité et de force. Les doubles félins, sombre et clair, m’évoquent aussi toujours le "travail sombre" (shadow work) de type jungien. On va vers ce que les gens appellent "la période claire", mais il n’empêche qu’au sortir de l’hiver on a besoin de travailler sur soi pour devenir meilleur, et pour chasser les fantômes du passé. Traquer et chasser nos Ombres. Sans quoi, elles seront des entraves à notre cheminement et à notre souveraineté personnelle.

Leurs murmures

Valiel Elentári:

Je me permets de rebloger cet excellent article qui évoque le rapport direct avec les Esprits (ça peut s’appliquer aussi aux Dieux). Ca permet d’agrandir le champ des possibles dans la série du MEME polythéiste et animiste sur la présence des Dieux et Esprits dans notre vie.

Originally posted on L e    C a i r n:

River Spirit by Dan Jones

Ce sont leurs murmures qui viennent à moi, dans les situations les plus diverses.

Cette voix qui répète en boucle que je dois être à 15h à la mairie pour déposer un dossier. Et moi qui ait la flemme. Son énervement, palpable, tangible. L’heure qui tourne en boucle. Je renonce à comprendre, je me précipite. Arrivée à la mairie, à l’heure dite, on me dit que ce n’est que sur rendez-vous. Avant d’ajouter avec un sourire que j’ai beaucoup de chance, parce que justement la personne de 15h a annulé, et que je peux prendre sa place

C’est souvent.

Dans les situations sociales, où Ils prennent le relais de mon skill social quasi nul. Me demandant de me taire "NON, TA GUEULE, PAS CA". Ou me soufflant des réponses.
Je ne sais jamais quoi faire de toutes façons, alors souvent, je les écoute.

C’est une…

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Review du Light Grey Tarot

Auteur : Aucun, le livret a été conçu à partir de Biddy Tarot si je me souviens bien.
Illustrateurs : le "Light Grey Lab", une liste de 78 artistes ! Voir cette page.
Editeur : auto-publié par le studio.
Année : Août 2012 ?
Structure : tarot classique avec 78 lames, calqué sur le Rider Waite (mais pas toujours)
Prix : 25 dollars (sans les frais de port)
Où le trouver ? Sur le site du studio ! Le jeu était épuisé il y a peu, mais un nouveau tirage vient de paraître.

L’article de blog qui annonçait le jeu à sa sortie, et dont j’ai tirée les photos ci-dessus. Il y avait normalement une page avec l’intégralité des 78 lames sur le site du studio, mais je n’arrive pas à remettre la main dessus. T_T°

Mon avis en bref  : 

Je suis désolée, j’ai pas eu le courage d’extraire tout ce que je dis dans la review vidéo, donc je recommande de l’écouter / regarder.

Nota : je n’ai pas encore utilisé ce jeu en tirage, donc je ne peux pas parler de son "langage". C’est plus une review factuelle sur sa réalisation.

  • La qualité du jeu n’est franchement pas top, heureusement que ça ne se vendait pas trop cher. Ma boîte s’est dépliée et pliée, et les cartes ne sont pas top top. Mais on fait avec, c’est un jeu qui se prête quand même à l’utilisation.
  • Le livret est un faux livret, pour faire vrai jeu : il est typique du petit livret blanc qui sert à rien, SAUF la liste des artistes. Mais sinon, c’est un paragraphe rikiki pour chaque carte, les mots clés empruntés chez biddytarot.com. Bon, quelques rappels de tirages rapides aussi, sympas pour la mémoire.
  • Un dos original mais qui n’a rien à voir graphiquement avec le jeu… Surprenant, pas très réussi, mais bizarrement j’ai aimé XD Sûrement car cela peut ressembler à une police d’écriture.
  • Un truc TRES chouette : les noms des artistes est inscrit en bas de chaque lame !
  • Lames pas brillantes mais laminées. Elles sont très fines. Relous, car elles sont très fragiles.
  • Evidemment, pas d’unité graphique. De l’autre côté, c’est varié, et c’est pour ça qu’on prend. Des inspirations et thématiques variées, du moderne et du fantastique…
  • Malheureusement, les noms de lames sont mal indiqués : des chiffres romains partout, mais pas les noms des suites. On ne peut pas différencier les mineures des majeures du coup,et comme parfois les suites sont remaniées, ou qu’on ne peut pas bien voir les symboles des suites sur les lames… compliqué.

Donc il faudra voir ce qu’il donne en tirage… Il me parle pour certains clients masculins, et pour des ambiances citadines ou modernes. Une review à compléter avec le temps !

Mon avis en vidéo : Une vidéo enregistrée il y a 3 mois. Courte, 11 minutes.


EDIT :
Après un premier essai :

Il va falloir que je revienne ici, et que j’arrive à dérouler  le fils de mes pensées. Alors même que pour moi je suis dans une phase à vide, où les énergies sont trop changeantes et spéciales pour trouver une expression visuelle, j’ai procédé à un tirage pour une amie, et voilà que contre toute attente j’ai sorti ce jeu du placard. C’est celui-là qu’il fallait, et pas un autre.

Ce jeu m’a évoqué le voyage. Un voyage culturel, un voyage de pays en pays, d’univers en univers, et puis de mondes en mondes. C’est un jeu moderne et composite, à l’image de ce que nous sommes aujourd’hui : des mélanges. Un grand vent de liberté souffle sur ce jeu pour cette raison, car d’une carte à l’autre, tous les codes volent en éclat. L’artiste a fait ce qu’il voulait, peu importe si ça tranche avec tout le reste.

Il y a des tableaux pastels, et d’autres très forts en couleurs. Je ne m’y attendais pas après le déballage il y a des mois… J’ai pris un plaisir fou à le tirer. Malgré la finesse et la fragilité des lames, un plaisir à le mélanger, à étaler son dos truffé de petits symboles d’écriture réguliers, à piocher et découvrir le style, les couleurs, le message, différent lame après lame.

Les messages, malgré la modernité, l’épur parfois, le loufoque… Les messages peuvent prendre corps et être absolument limpides. Est-ce que c’est parce que j’ai suivi la piste qu’on m’a tracée, et que j’étais réceptive ce jour là ? Ou est-ce que je peux réussir à trouver vraiment des signes clairs dans ce jeu ? La suite le dira.

Quand j’aurais terminé ce long tirage commande, j’aimerais bien entamer un cycle de travail perso avec ce jeu pour voir où il peut me mener.

Meme polythéiste, question 1

Pour rappel : voici la liste des questions créée par Galina Krasskova, et mon index pour le MEME. Et notre première piste de réflexion :

"What wealth have the divinities brought into your life?"

Autrement dit,
quelle richesse/abondance ont apporté les Dieux dans votre vie ?

Pour répondre à ce genre de question, la première difficulté (pour moi tout est difficile lol, de me creuser les méninges sur un tel sujet, aussi vaste, aussi personnel, c’est délicat) c’est de définir le terme "wealth". S’agit-il d’une richesse uniquement matérielle, ou bien est-ce que cela va au-delà ? C’est tout la complexité de Feoh… Je vais avoir du mal à structurer mon post, ça sera plutôt un enchaînement d’idées qui me sont venues à partir d’exemples, et pas proprement chaque versant de la définition.

[Nota : cet article, même s'il n'est pas très fouillé, englobe des problématiques particulièrement vastes. Je mets donc ici une série de mots clés, vu que le titre et même la question posée ne sont pas assez explicites :

donner-recevoir, don, offrande, travail sur soi, travail sombre, rapport à l'argent, rapport à la consommation, accepter sa valeur, savoir dire non, avoir la foi, lâcher prise,  ...  

Attention pavé ! (Et je suis navrée, mais c'était tellement ardu que je ne me suis pas relue du coup)]

La  chose qui m’apparaît en premier à l’esprit quand je réfléchis à cette question, c’est le cycle du donner-recevoir, que l’on appelle parfois entre "nordisants" le cycle de gebo. C’est quelque chose que j’ai toujours eu du mal à faire, pour des raisons tellement nombreuses que ça serait ardu de l’expliquer ici. C’est familial, puis personnel, le développement au cours de mon enfance : comment donner de la valeur à une chose, qu’elle soit chiffrée ou non, l’importance qu’on lui donne ; quelle valeur s’accorder-t-on à soi-même, et donc comment mesure-t-on le temps et l’énergie qu’on donne aux autres ; pourquoi toujours donner, se mettre en dernière position, et ne jamais recevoir  ; etc. C’est un domaine bien vaste, qui comprend à la fois un travail que j’ai fait sur moi-même, pour savoir dire non, pour savoir ne pas encourager certaines personnes à devenir dépendantes de moi quand ça va mal, savoir dire non pour les tirages, accepter de passer en semi-professionnel dans ce milieu, reconnaître que c’est un art que je pratique et qu’il vaut quelque chose, apprécier la beauté du monde, les créations artisanes et encourager les gens qui souhaitent en faire leur métier. Acheter des tableaux, des originaux, des bijoux, des huiles magiques, acheter un service magique, etc. Il s’agit à la fois d’encourager ces gens, de leur montrer la valeur de leur travail, de reconnaître aussi la valeur professionnel de ces gens qui ont dévoué leur vie à leur art, et qui font ça beaucoup mieux que moi, etc. Accepter de donner plus parce  qu’il y a une grande valeur dans ces créations. Accepter de recevoir des remerciements aussi, et surtout, un gros travail sur l’acceptation des compliments qu’on me fait, de ce que certaines personnes veulent me donner en échange de mes services, ou pour montrer leur satisfaction… Donner-recevoir, être dans un cycle juste d’équilibre, c’est quelque chose qui était extrêmement difficile pour moi, que je n’arrivais vraiment pas à concevoir et qui m’angoissait. La présence des Dieux (et les Esprits), le travail régulier avec eux, je te donne quelque chose si tu me fais une offrande, je te donne quelque chose si tu arrives à avoir juste confiance et à laisser faire, tout cela progressivement a réussi à m’aider à me transformer. Cela m’a donné des exemples concrets, j’ai appris sur moi-même et j’ai pu dépasser certaines incompréhensions et certains blocages. Et rien que sur ce cycle, que je relie à l’abondance, il y aurait beaucoup plus à dire. C’est le fait d’avoir une place dans le flux, et d’entretenir ce flux en continue, en laissant circuler la matière, la richesse, l’énergie, pour qu’elle puisse ensuite revenir.

Or justement, cela est aussi vrai sur le plan matériel. Ca serait assez fastidieux d’expliquer en quoi les Esprits et les Dieux à un certain moment ont envahi tous les domaines de notre vie pratiquement, et donc en quoi ils jouent sur le quotidien, y compris des choses très triviales. Mais cette histoire de donner-recevoir, je l’expérimente aussi dans mon travail, qui comporte une part d’aléatoire. Je suis temporairement un professeur à domicile, qui navigue justement sur un flux de demandes ou d’absence de demandes. Je suis soumise à énormément d’aléas : les vacances, les maladies, les jours fériés… si bien que je n’ai jamais un revenu fixe, et que chaque session peut être déplacée ou annulée. C’est quelque chose de réellement "fluide" et organique, qui se ressent presque physiquement. J’apprends à naviguer avec l’imprévu, quelque chose qui m’aurait été insupportable avant, mais qui est très formateur. Et les Dieux se sont emparés de ce cadre comme d’un terrain d’apprentissage.

Chaque nouvelle configuration est l’occasion d’une nouvelle expérimentation : vas-tu accepter cette nouvelle proposition qui te demande de te réadapter et de ne pas dormir sur tes lauriers ? Vas-tu accepter de refuser telle famille pour te faire respecter car ils se sont mal comportés avec toi ? As-tu assez confiance pour la refuser, et attendre qu’une autre arrive ? Et quand j’écoute, quand je suis les pistes, j’obtiens quelque chose au bout. C’est ce système de lâcher prise, ce saut dans le vide sans parachute, qui montre la confiance que j’ai, et qui finit par me faire rebondir. Tiens, ma supérieure m’appelle pour me proposer 2 nouveaux cours alors qu’on est en pleine période creuse / de crise. Tiens, j’ai une ancienne élève qui n’avait pas repris de cours depuis un an qui a soudainement appelé et qui m’a demandé spécifiquement de lui redonner des cours. Tiens, une mère d’élève me demande si je ne pourrais pas donner ponctuellement des cours de méthodes au grand frère pour consolider son français. etc. Des choses qui statistiquement sont peu probables, qui étaient en dehors du radar. Comme c’est une situation d’apprentissage, quand je fais ce qu’Ils veulent, j’obtiens quelque chose pour me montrer que c’était la bonne chose à faire.

L’autre versant de cet apport matériel direct des Dieux entre dans le cadre du cycle de circulation donner-recevoir. Bien que cela ne soit peut-être pas toujours vrai, Ils m’ont appris cette année quelque chose de "magiquement" capital : si tu souhaites créer de la richesse, tu dois verser un premier apport. Cela c’est vérifié pour moi-même, mais aussi pour une amie pour qui j’ai effectué un rituel. Du coup, bien que je n’ai pas encore gagné mes repères sur ce terrain, je suis à la recherche d’un équilibre pour redistribuer ce que je gagne. C’est très important, pourtant c’est aussi très perturbant pour moi. Cette histoire de cours en plus à obtenir, ou pour être sûre que les parents reportent un cours au lieu de tout simplement l’annuler (ce ne sont que des exemples)… je dois faire en sorte d’avoir été généreuse, et en plus de cela travailler la confiance et la foi. J’ai été élevée dans la peur de manquer malgré notre situation confortable, et donc j’ai en moi une constante culpabilité quand je dépense (ce qu’on me donne, et même ce que je gagne). Je suis toujours partagée entre ne rien dépenser du tout, viittteeee tout épargner sur mon livret, et le fait de me faire plaisir (sans excès). Je possède aussi la peur inverse : celle de faire achats compulsifs. Il y a des astuces comme se donner des délais, laisser du temps passer pour être sûr qu’on veut quelque chose, dresser une liste de priorités, dresser une liste des utilités des choses que l’on désire, etc. Mais ça ne suffit pas toujours, quand on a hérité d’un schéma qui nous traîne toujours dans la tête, et qui pollue notre pensée de façon irrationnelle.Une de mes peurs est d’être attirée par ce qui brille et d’amasser, amasser, comme un nain avide, ou comme les dragons tolkienniens. Parce que la société aussi a tendance à projeter ça sur nous, le paradoxe du nous faire consommer des choses inutiles, et en même temps de nous faire culpabiliser de nos achats.

Seulement voilà, j’essaie d’être indulgente avec moi-même et de me dire que ça s’apprend. Surtout que j’ai hérité de la peur de manquer ET de la folie dépensière. Ce que j’apprends aussi, c’est à écouter les Dieux (et les Esprits), et eux me disent ce qui juste. Or justement, on m’a montré que je ne devais pas tout économiser mais que je devais faire circuler mon argent, pour ne pas étouffer et qu’il puisse revenir. Apprendre que je ne suis pas aux commandes, que je dois lâcher complètement. Redistribuer sans cesse, chaque acte étant comme une preuve de fois renouvelée (et qui peut-être m’apportera un retour). Il est important de noter qu’il y a une logique d’ailleurs ; il ne s’agit pas du tout d’acheter tout et n’importe quoi. Il s’agit de redistribuer à ceux qui manquent, à des artistes en difficulté, à des artistes tout court (la vie d’artiste/créateur EST difficile professionnellement), encourager les amis qui se lancent dans la création, … et surtout, acheter des choses pour les Dieux et les Esprits, pour la pratique. Et ça, on ne s’en rend pas compte parce que cela s’installe très progressivement dans notre vie, et du coup on ne le voit pas venir. Mais en fait, toutes les dépenses peuvent être passées en revue par les Dieux/Esprits, et une bonne partie peut être demandée. Le problème c’est de savoir où est la limite… Mais récemment je me suis rendue compte de plusieurs choses fondamentales :

A) Ce que je dépense est majoritairement spirituel, et ça m’a même étonnée de ne pas m’en être rendue compte jusqu’ici. Des huiles, des choses pour pratiquer, encourager des artisans spirituels, des bijoux, … En fait, la majeure partie de ce que j’achète a été demandé par les Dieux, et se retrouve être dédiée à eux sur mes autels et dans ma pratique. Les objets "neutres" du quotidien disparaissent progressivement. Même une tasse thé récemment a été en fait achetée dans cette optique. J’ai juste su qu’il fallait que je l’achète, et que ça n’était pas qu’une tasse à thé.

B) Il y a donc une énorme peur d’être une dépensière finie qui ne sait pas faire des économies, une cigale en règle qui cherche à justifier ses achats par des fausses causes spirituelles. Mais en fait, quand j’ai essayé d’y réfléchir et d’établir une typologie, je me suis rendue compte qu’un schéma se répétait : les envies ne sont pas exactement de la même nature quand il s’agit de moi, et d’eux. Le problème, c’est que l’envie qui vient d’eux semble irrationnelle car elle est extérieure à moi, je ne l’exprime pas, et elle est tellement pressante que c’est douloureux, c’est obsédant jusqu’à ce que l’objet en question ait été acheté. Mais justement, quand il s’agit d’une envie personnelle, je peux lutter. Je n’y pense pas toute la journée, je n’ai pas l’image de l’objet imprimé sur ma rétine comme avec trop de soleil, pendant 24h. Contrairement aux clichés parfois répandus, ou aux impressions données par les blogs, Ils ne nous parlent pas constamment; du coup pour ma part, jusqu’ici je ne m’étais pas rendue compte que c’était quelque chose qu’Ils demandaient, car je n’avais pas fait le lien entre ces envies tombées de nulle part, et eux. Et avec le temps qui passe, quand j’observe certaines choses qui me faisaient envie autrefois (comme des cartes), la folie-obsessionnelle est vraiment derrière moi. A l’intérieur plus rien ne résonne, rien n’est attisé, je ne ressens rien, aucune envie. Comme si j’étais une autre personne.

C) La dernière chose qui m’a énormément surpris lorsque je l’ai comprise, c’est la valeur intrinsèque de ces achats spéciaux. Contrairement à ce que me faisait penser ma peur, ils sont très précieux. D’une part parce que les Dieux (et les Esprits) méritent qu’une partie de ce que je gagne soit distribuée en leur nom, ou utiliser pour leur acheter des objets, mais d’autre part, surtout parce qu’ils ont la valeur du sacrifice. Et ça, c’est une notion toute nouvelle pour moi. La pratique polythéiste reconnaît donc les Dieux comme réels et distincts, dignes des honneurs et du culte. Pour ce faire, il est nécessaire de pratiquer des offrandes et des sacrifice, qui traditionnellement sont composés de denrées périssables : des liquides et de la nourriture. Pour ma part, j’offre de l’eau et du lait régulièrement (et de temps en temps de l’alcool précieux à mes yeux), toutes les semaines pour l’instant, car je n’arrive pas à "tenir" tous les jours (problème de discipline mais surtout de "fonctionnement personnel", que je voudrais aborder dans un autre article à venir) et qu’offrir de la nourriture ne me parle pas (même si à certains repas typiques, j’offre une part de mon assiette, ou un fruit ; en fait ça dépend, notamment quand je vais sacrifier en extérieur c’est plus facile d’emporter des graines ou de la nourriture ; j’offre aussi parfois du miel ; c’est complexe). Mais en fait, j’ai été rappelée à la base : comme dans toute pratique spirituelle, il n’y a pas de modèle unique, chacun a ses propres codes. Et les Dieux viennent de me montrer le mien. La définition du don, de l’offrande, et du sacrifice (les trois devant être différencier, ça mériterait un article entier), est bien de donner quelque chose de valeur, qui nous coûte. Or précisément, ces achats étranges me coûtent énormément. Ils sont toujours une énorme phase de doute, de montée d’irrationnel qui me fait peur, un problème de culpabilité, une réflexion familiale… En fait, ils me font toujours souffrir. Or précisément, se confronter à chaque fois à mes peurs profondes et à mes doutes, c’est un sacrifice. C’est quelque chose qui a donc beaucoup plus de valeur que de sacrifier de la nourriture que j’aurais faite.

Je reviens un tout petit peu en arrière pour préciser que déjà, étant donné le repli intérieur dans lequel je me trouvais il y a quelques années, être allée travailler de façon légale et non à mon compte, c’était un grand pas. Les Dieux m’ont fait passer ce cap matériel : passer mes blocages, mes peurs, et m’assumer. C’était assez peu important en proportion au départ, de façon à me faire travailler d’abord sur moi. Et dès que les choses ont commencé à bouger pour moi, en terme de confiance, j’ai pu augmenter le rythme et le volume, et donc gagner plus. J’ai pu oser accepter des opportunités qui demandaient plus de compétence, oser dire "oui" au téléphone quand dans ma tête mon ombre était terrifiée et criait "non", criait que je n’étais pas capable, qu’elle avait peur. C’est une richesse qui est à la fois personnelle, pour tout ce que cela m’a permis de débloquer émotionnellement, pour tout ce que cela m’apprend sur l’humain et sur l’enseignement, et aussi une richesse matérielle. On m’a demandé de m’assumer progressivement. Et aussi, cela m’a donc appris à comprendre mieux le cycle de donner-recevoir, la valeur de mon temps passé à donner les cours, et la valeur à accorder à toutes les connaissances que j’ai acquises et que je remets à jour. Que pour gagner sa vie, il faut y passer du temps. Attention, je veux dire, c’est entièrement logique hein, mais l’idée c’est plus de le ressentir à l’intérieur de soi, travailler, toucher son argent à la fin du mois, de l’intérieur. Ca peut paraître bizarre, mais depuis que je suis petite il y a des choses que, même si elles sont logiques, je n’arrive pas à concevoir, parce que c’est trop abstrait pour moi et que ça ne me touche pas. J’ai besoin d’en faire l’expérience, et de façon vraiment répétée pour pouvoir l’intégrer (l’argent c’était virtuel, je ne comprenais pas, parce qu’on ne le touche jamais dans sa main, parce que c’est différé dans le temps, c’est difficile à expliquer). Or justement, avec les barrières émotionnelles que j’avais (notamment, les exemples clichés que je n’avais aucune valeur et que je n’étais bonne à rien, parce qu’on m’a répété ça beaucoup dans mon enfance), je n’avais pas pu me lancer dans le monde du travail. Il a vraiment fallu trouver une discipline où je savais que je pouvais donner quelque chose, et vraiment longuement travailler sur moi (les Dieux l’ont fait) pour que je sorte de mon carcan et que je guérisse sur certains points.

De plus, après m’avoir appris ce qu’était l’argent et le travail, et m’avoir fait accepter ma valeur, et que tout travail mérite salaire, les Dieux ont travaillé à me faire comprendre qu’on peut travailler dans un domaine qui nous plaît, qu’on peut avoir des rêves et des projets. Les portes de l’indépendance financière ont été dessinées petit à petit : tu peux cumuler plusieurs travails pour gagner ta vie, être un peu prof, faire tes tirages, concevoir doucement tes travaux d’écriture. Tu peux avoir un emploi du temps et des activités qui ne ressemblent à personne d’autres, qui sont très souples et déplaçables, qui ne sont pas "typiques", qui ne sont pas "courantes". Tu peux considérer qu’écrire est un métier. Tu peux considérer que ta voyance est rigoureuse et que c’est un art, et que tu as le droit d’être payée pour ça. Tu peux avoir plusieurs casquettes, pourquoi ça poserait un problème ? etc. Suis-tes penchants naturels… puisqu’ils sont naturels, pourquoi lutter contre ? Pourquoi seraient-ils "anormaux" ?

***

En conclusion, si l’on se demande de façon plus générale ce que les Dieux m’ont apporté et donné tout court, la liste ne se termine pas. Je suis désolée de me répéter, mais vous aurez vu que c’est complexe. C’est un travail humain : Emotionnellement, humainement parlant, socialement parlant, et professionnellement ; ils ont donné des tonnes d’opportunités, des expériences à faire, avec les élèves, avec le monde professionnel. Mais en fait, c’est beaucoup plus vaste : s’ils m’ont ouvert des portes dans le monde du travail, et aussi pour mes projets spirituels et personnels en cours, ils m’ont aussi apporté des amis pour former mon clan, des relations diverses, des groupes de pratique.

Une autre note conceptuelle très importante : Dans ma façon de voir, j’honore les Dieux d’abord parce qu’ils sont des Dieux et qu’ils le méritent, ensuite pour répondre à cette façon naturelle que j’ai de voir le monde (et d’expérimenter l’Invisible, donc de l’intégrer dans ma vie). Cependant, la réalité est qu’Ils nous le rendent, et qu’ils nous rendent "meilleurs". Je ne fais pas des offrandes pour obtenir quelque chose, je fais des offrandes parce qu’ils le demandent, et la clé est de ne rien attendre en retour. Car c’est la définition de la foi, et c’est seulement (dans mon expérience) quand on a établi ce rapport de foi que les Dieux s’investissent dans notre vie et offrent les bénédictions. Seulement après ça, oui, Ils m’ont aidé à devenir moi. C’est comme un "effet collatéral", et non pas une recherche de développement personnel. Je n’ai pas cherché à devenir quelqu’un d’autre, mais seulement à devenir plus forte, pour dépasser mes "problèmes", m’assumer, et aller de l’avant. Faire éclore la personne que je suis et la faire rayonner. Et même si l’expression fera échos à d’autres domaines et à une autre religion, sonnant comme un cliché : c’est d’avoir la foi qui m’a procuré tout ceci.

 

Meme polythéiste, parler de notre vie dévotionnelle

Voici une série de questions créée et lancée par Galina Krasskova sur son blog. Une fois de plus, c’est très intéressant à lire chez les autres, mais se lancer pour en parler c’est bien, surtout chez nous les français. Etant donné que je m’attache presque essentiellement aux cartes ici, je me suis dit que ça serait rafraîchissant de suivre cette piste. Cela m’aidera à cadrer mes réponses là où jusqu’ici je ne peux plus écrire d’article sur ma pratique. Alors on va y aller très doucement, mais on va essayer ça.

1. What wealth have the divinities brought into your life?

2. What does your tradition do to increase the power and flow of blessings?

3. How have the divinities helped you in times of adversity and violent upheaval?

4. What are some of the ways that you communicate with the divinities?

5. If you could travel anywhere on pilgrimage where would it be and what would you do?

6. What does it feel like when one receives inspiration from the divinities?

7. What offerings do you make in your tradition and why?

8. What methods of inducing altered states of conscious does your tradition have?

9. How does your tradition handle wrathful, savage and destructive divinities?

10. Have you encountered any obstacles as a result of your religion?

11. What blocks to devotion have you had to overcome?

12. What sort of festivals, memorials or seasonal observances do you keep throughout the year?

13. Have you ever found it difficult to uphold your end of a bargain with the divinities?

14. What role does mystery play in your tradition?

15. What methods does your tradition employ for protection and the warding off of malign influences?

16. What devotional goals have you set for yourself?

17. What qualities should a leader in your tradition possess?

18. What does fertility mean to you?

19. How do you incorporate movement into your worship?

20. Does your religion help you to be a better human being?

21. Have you ever had dreams or visions sent by the divinities?

22. What customs are associated with the home and family in your tradition?

23. When did it first dawn on you that the divinities are real?

24. What have you inherited from your ancestors?

Review de l’Oracle Cristal

Photo de l’auteur je suppose, tirée de la page Facebook.

Auteurs : Delphine Thiercelin et Bruno Anxionnat
Photographe : Mylène Bressan
Editeur : Editions Exergue
Année : Juillet 2011
Coffret : boîte rigide, 33 cartes, petit livre broché
Structure : aucune, oracle
Prix : autour de 22 euros
Nota : possibilité de tester ce jeu en ligne sur le site de Delphine.
EDIT : je viens de découvrir qu’il y a aussi un site du même non pour le jeu ! Une page pour tirer, une page info ici.


Avec ce tag, vous pourrez trouver des exemples de lames et de textes sur mon blog.

On a commencé à en parler cet été, j’en parlais dans l’article (linké) au-dessus, et comme toujours cela ne fait qu’une traînée de poudre sur l’internet, si bien que plusieurs personnes se sont mises à en parler. Ainsi vous pourrez cumuler les points de vue :

J’espère bien que le délicieux Aelthan, qui nous a fait tomber dans la marmite, se lancera à son tour pour nous parler de ses expériences avec ce jeu histoire qu’on apporte de l’eau au moulin tous ensemble. Et encore merci pour ce cadeau ;)

Présentation écrite synthétique : 

Côté matériel 

  • Une super boîte TRES compacte (si bien qu’on a du mal à l’ouvrir…) et bien rigide. Pratique à ranger parmi une collection, et très facile à emporter avec soi.
  • Un livre assez petit finalement, mais malgré tout un vrai livre, et pas un "petit livret blanc". La spécificité de ce jeu est double : non seulement un vrai travail sur l’image, mais un énorme travail de conception et d’écriture.
  • Des tranches argentées ! Une énorme surprise (je l’avais vu ici et là, mais je parle à tester en mains), car la grande mode est au doré, et comme je n’avais jamais utilisé un jeu avec de l’argenté, c’est bête, mais cette nouveauté m’a énormément plu.
  • Le pendant négatif des tranches "en dorure" par contre, toujours le même : les cartes sont extrêmement collées au déballage. Je ne sais pas si c’était une particularité du mien, ou si c’est toujours le cas avec ce jeu là, mais c’est un des pires que j’ai eu. XD Il a vraiment fallu que je vérifie une à une les cartes, parfois c’était deux collées.
  • Des cartes mates, et a priori non "laminées". Y a même pas de pellicule protectrice… c’est assez sympa pour profiter des illustrations, et en même temps, c’est la première fois que ça me manque. Etant donné que ce jeu est composé de photographies, j’aurais apprécié un glaçage (ce qui est super rare).
  • Aussi, je m’interroge à la qualité du papier et le rapport à l’absence de "lamination" (wtf, je sais plus comment on dit…) : j’ai l’impression que comme dans certains bouquins, les cartes absorbent l’humidité et la sueur des doigts. Aussi, elles sont HYPER sensibles aux traces, ce que je ne supporte pas personnellement ^^’ Faut se laver les mains tout le temps pour pas les salir, et une fois les taches faites… S’il n’y a pas de protection glacée, c’est plus chiant à nettoyer sans abîmer la carte. Puriste ? hemmm…
  • Le dos : une représentation un peu plus floue que dans mon souvenir, mais j’adore ce dos abstrait et ses teintes bleu-vert. C’est ultra apaisant et reposant pour l’oeil. Ca ne dégage bizarrement pas quelque chose de froid aussi je trouve.
  • La taille des lames, déjà mentionnée je crois, est extrêmement grande. Quand on a la boîte en main, ben on a les cartes en mains. Ce qui donne à peu près 9,5 x 13,9 cm. C’est génial à prendre en main, et génial surtout pour profiter de la beauté des photos et de la qualité du jeu. Excellent pour contempler, méditer et laisser sur un autel.

Côté contenu

  • Un jeu comme je les aime, parce qu’approfondi. Je l’ai déjà mentionné plus haut, alors je vais éviter les répétitions trop lourdes, mais pour moi, un jeu ça se conçoit. On y passe du temps, pour choisir les lames (les thèmes, les noms), choisir l’utilisation du jeu (son domaine d’application, ici l’émotionnel), et ensuite on travaille bien à chaque lame, etc. Ici c’est le cas. Deux auteurs, pour un vrai travail d’écriture en miroir, qui nous proposent à la fois quelque chose de féminin et de masculin, afin d’être complet. Un travail sur la rhétorique, où chaque lame s’adresse à nous directement, parfois par un neutre pronom "on", dans la première partie du livret, puis le plus souvent directement par un "tu". La carte "nous parle" aussi par un système de discours à la première personne. C’est très en vogue chez les américains, ça se voit moins souvent chez nous. Ici ça n’est vraiment pas du tout ridicule ou superflu. C’est toute la philosophie du jeu qui veut ça, pour servir un but très précis, délivrer les messages profonds (et parfois douloureux) avec finesse.
  • Son domaine d’application : la psychologie et l’émotionnel, mais pas de bas étage. Oui, je suis difficile, je l’assume. Aussi, ceux qui me connaissent sauront que c’est quelque chose que j’ai tendance à abhorrer dans les cartes, car je n’aime pas mélanger les disciplines. Si on veut travailler dans le domaine psychologique, on va chez un thérapeute, ou on lit les ouvrages de base sur le sujet. La tendance psychothérapie solitaire de comptoir à la maison via les cartes m’énerve énormément, car je la trouve dangereuse. Elle minimise certaines choses, ne procure pas de soutien dans les étapes trop douloureuses, et surtout mélange tout, voire déforme les notions psychologiques de base. Je préfère faire soit l’un, soit l’autre, mais pas du gloubiboulga. D’ailleurs, mon point de vue sur la question n’est pas vraiment arrêté, car malgré ce que je viens d’écrire, j’ai encore du mal à identifier ce qui me gêne et à mettre des mots dessus. Pourquoi ici j’ai été conquise ? Car le travail qui a été fait est clair et intelligent. On a décidé de s’aventurer dans un seul domaine, les blessures émotionnelles, et rien d’autres. De la sorte, on peut se concentrer sur une autre sans tout mélanger, sans perdre en qualité et en saveur. C’est un jeu simple, qui affiche la couleur, et qui ne prétend pas être plus que ce qu’il est : un miroir de notre inconscient, de nos difficultés actuelles que souvent nous ne voulons pas voir. C’est une base, une première étape de travail. Et c’est prodigieusement réussi. Maintenant, pour l’avenir, je ne sais pas à quelle fréquence et dans quel cas je vais utiliser ce jeu du coup. Car il ne s’agit ni d’un jeu prédictif, ni d’un jeu intuitif, etc. C’est une miroir de soi, un outil de développement personnel et pas de divination.
  • Les photos... mazette, les photos ! Sublimes. Un travail sur l’ouverture du champ, la profondeur de l’image, les zones nettes et floues. Je suis archi fan de l’écriture de la lumière de cette photographe. C’est beau et pur, lumineux et inspirant. La tendance esthétique est très douce, et possède aussi ce côté zen que j’adore. Pas trop d’éléments, mais une puissance pour raconter des choses. Efficacité maximale dans la mise en scène, qui permet d’identifier tout de suite l’idée (mot) clé, et pourtant, on ne perd pas non la possibilité de s’ouvrir à plus, un côté énigmatique qui se prête incroyablement bien à la contemplation et à la méditation.
  • La thématique des pierres. C’est surtout ça qui m’avait extrêmement marquée à la découverte du jeu avec Aelthan. Enfin un jeu qui sort des sentiers battus et qui utilise VRAIMENT les pierres en sort pour dire quelque chose. Alors, c’est parti pour un autre râlage en bonne et due forme parce que comme dit, je suis difficile : je n’ai jamais, mais alors jamais compris l’intérieur des autres jeux de cartes sur les cristaux que j’ai trouvé jusqu’ici. Les photos sont moches ou au mieux intéressantes, avec juste un cristal dessus, aucun travail, aucune mise en scène, rien pour donner envie. Et le message qui va avec est court, très court, pas toujours en accord avec les auteurs clés sur les minéraux, et parfois complètement New Age à souhait. Je ne vois juste pas l’intérieur de tirer une carte comme ça, pour obtenir une image de pierre sans saveur, et un message foireux…. ^^’ Si j’ai envie de travailler avec des pierres, je le fais directement avec ceux que j’ai, ou je balaye le net pour trouver de nouvelles choses. Je ne sais pas pourquoi, mais vraiment ça me bloque. Les cartes sur les animaux peuvent m’intéresser, même les deux jeux de cartes français sur les fleurs (de Bach, etc), mais les pierres… jamais trouvé un intérêt (peut-être encore une fois une erreur d’écriture, un manque d’approfondissement, que je n’ai pas trouvé dans les jeux français sur les plantes). Peut-être que ça changera ? Bref. Du coup, quand j’ai vu ce jeu-là débarquer dans mon univers, j’étais surprise, intriguée, puis heureuse. Il y a un réel travail symbolique pour délivrer un message (mise en scène), et doublé d’un vrai texte dans le bouquin c’est extra. Pas besoin d’aller chercher des minéraux rares et de couleur, on a juste pris des quartz, et on a bossé pour donner à tout ça un sens, et ça suffit. C’est beau et plein de sens. Et voilà.
  • Côté délivrement du message… A prendre avec des grosses pincettes. Ce qui est contenu dans ce jeu, bien que cela soit rédigé avec douceur et finesse, est délicat. Cela parle de mécanismes de défense et de nos blessures émotionnelles. Tirer une carte comme ça à l’arrachée n’est pas nécessairement recommandé contrairement à un autre oracle. Je veux dire, chacun fait ce qu’il veut, on est d’accord ;) C’est plus que ce jeu-ci aura tendance à appuyer là où ça fait mal. Et même si ça n’est pas du tout traumatique, le fait de vous montrer le miroir de ce qui était complètement inconscient, ça surprend / choque un peu.

Une remarque intéressante à l’utilisation 

Quelque chose qui ne me serait pas venu à l’esprit, n’ayant projeté aucun préjugé sur son utilisation. L’autre jour, en voulant tester enfin le jeu en mains propres, j’ai été attirée non pas par une mais deux cartes. J’ai hésité un petit coup, et puis j’ai suivi le mouvement car j’y suis habituée. Dans mon esprit, l’idée était bêtement de regarder les cartes l’une après l’autre. Le message faisait du sens, mais je sentais que je ratais quelque chose. C’est à la fin de la journée, quand j’ai reçu une autre synchronicité, que j’ai compris : mes deux cartes étaient non pas des messages distincts, mais une séquence. "Peur" et "parole" étaient à comprendre comme "une peur de prendre la parole". J’ai trouvé cela rudement intéressant, car je retrouve une profondeur d’association des cartes que l’on utilise dans certaines techniques cartomantiques (comme le Lenormand).

Review en vidéo :